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La Classe C on ne la présente plus, best-seller de la marque à l’étoile ce sont plus de 8.000.000 de voitures qui ont étés écoulées, toutes déclinaisons confondues. On la connait, même déjà personnellement après l’essai de la C220 CDI en novembre dernier. Mais ici nous avons affaire à une Mercedes C300 h. Oui, « h » comme Hybride.

Certainement pas la partie la plus facile, mais impossible à contourner sur une voiture de ce type, commençons par les présentations mécaniques. Le 4 cylindres diesel est une très bonne connaissance car il s’agit du 2,2l diesel que l’on connait depuis la A200 4Matic, le GLA 200 4Matic, la C 220 et dernièrement la CLA 220. Bref, on peut vous dire qu’il fait bien son boulot, sans boire de trop quand il n’a pas de transmission intégrale à faire tourner. Et sous le capot de cette Mercedes C300 h il n’est pas seul. Un moteur électrique de 27ch tient compagnie à notre bon ami, ici en configuration 204ch (150kW). Si le moteur est sous le capot, les 100kg de batterie prennent place sous le plancher du coffre, sans empiéter sur ce dernier. Oubliez par contre l’espace de rangement dans le double fond du coffre et la roue de secours, même de type galette.

Là où ça se complique c’est dans le dernier changement de nom opéré par le constructeur de Stuttgart. Mi-novembre dernier l’étoile a décidé de revoir sa nomenclature, et la C300 qui nous occupe était déjà en service à ce moment, ce qui explique son badge « BlueTech Hybrid » sur le hayon, et non un simple « h » comme sur le site officiel de la marque. Ce n’est donc pas une Plug-In Hybrid (désormais il faut dire « e »). Il n’y a pas moyen de la charger sur secteur, ni de lui dire de n’utiliser que l’électrique ou d’en recharger les batteries, comme sur les sœurs « e », plus évoluées. Depuis janvier 2015 il existe une C350 e qui, avec son 2.0l turbo essence de 155kW et ses 60kW du moteur électrique, annonce 49g de CO2 par kilomètre quand la Mercedes C300 h  en réclame le double, soit 99g. Ce qui ne lui a pas empêché de briguer le titre de « clean car of the year » dans la catégorie des routières.

Assoiffée de bitume

Son titre de routière n’est absolument pas usurpé. Une fois lové dans le cocon qu’est son habitacle bardé d’options, on n’a qu’une envie c’est de rouler. Premières centaines de mètres et on remarque de suite qu’on n’a pas affaire au même tapis volant qu’avec la C220 d (ne dites plus CDI) à l’automne dernier. La raison ? La Mercedes C300 h fait ici l’impasse sur la suspension Airmatic pour cocher la case « suspension sport surbaissée ». Que tout le monde se rassure, il est toujours question de confort moelleux. Certes avec 70.000 € la note est déjà salée, mais ne dis-t-on pas que le sel est un exhausteur de goût ? Alors si vous avez encore de quoi saler pour 1.400 €, n’omettez surtout pas la suspension pneumatique Airmatic, qui apportera les saveurs d’une Classe S « tapis volant ».

Grâce à l’hybridation la Mercedes C300 h n’est pas exempte de saveurs. Démarrer, rouler en silence dans le trafic et se laisser filer grâce à la fée électricité dès qu’on lâche l’accélérateur est, comme avec chaque hybride, un réel plaisir. Le silence et la douceur de la mobilité électrique participent au confort. Mais il est ici entaché par quelques à-coups de la boite auto 7G-Tronic et une puissance trop faible du module électrique, qui oblige à adopter un train de sénateur et à veiller constamment à ne pas exagérer avec l’accélérateur pour ne pas que le ronronnement du diesel vienne rompre le silence.

Outre ce simple fait relatif au confort, avec plus de puissance le module électrique permettrait une baisse de consommation plus importante. La Mercedes C300 h, équipée comme telle, approche facilement les 1.800kg. Alors on comprend vite que 20kW de puissance électrique ça fait vite court. La C350 e, trois fois plus puissante, poussera sans doute plus longtemps et plus fort en électrique. Cependant la Mercedes C 300 h ne manque pas de puissance, déjà simplement par son moteur thermique de 204ch et 500Nm de couple. En plus, l’électrique aide lors des grosses accélérations, alors imaginez le résultat en mode « sport » aux feux rouges avec 750Nm combinés. Les pneus crient au secours. D’ailleurs ce sont des modèles hiver, oui en plein mois de juillet… Par conséquent l’avant décroche beaucoup trop vite. Mais de toute façon il est impossible de faire bouger l’arrière tellement l’électronique veille. On repassera pour juger du comportement dynamique de la voiture. On note tout de même que le poids se ressent, aussi bien dans les virages que sur les freinages.

Vraiment plus soif ? 

Reprenons notre train de sénateur et la file de voiture impatientes qui s’allonge dans nos rétros, mais pas de quoi se laisser faire, on veut voir si la Mercedes C300 h peut se transformer en chameau. Résultat après une vingtaine de kilomètres d’autoroute, une dizaine en campagne et une autre dizaine en ville : 4,5l/100km et de nombreux impatients qui collent au pare-chocs. Sur autoroute à 120km/h la consommation est de 5,0l/100km. C’est en ville que l’hybridation peut faire la différence. À condition d’adopter un style de conduite économique. Il n’empêche que les 4l/100km annoncés par Mercedes paraissent hors de portée dans la vie de tous les jours. Pas de quoi engloutir tout le lac de la Plate Taille pour autant.

Est-ce que la Mercedes C 300 h a encore une véritable raison d’être depuis que la C 350 e est sortie en janvier dernier ? C’est la question qu’on se pose, car la dernière arrivée dispose d’une technologie électrique plus puissante et plus évoluée techniquement. Mais son moteur est un essence, et certains clients préféreraient sans doute, par habitude, continuer à rouler au diesel avec la C 300 h. Encore que, avec le récent « tax shift » …

Et si … 

… la Mercedes C300 h c’était pour rouler en hybride facilement, sans trop gagner grâce à l’électrique, mais sans devoir s’adapter aux bornes de recharges encore peu répandues.