Suite du tour d'horizon des compétitions automobiles belges "accessibles" sur circuit. Dans une gamme de prix et de performances similaires à la VW Fun Cup, les temps au tour à Spa-Francrochamps étant d'ailleurs très proches, le BMW Clubsport Trophy est également une catégorie où le rapport coût/plaisir/apprentissage est presque imbattable.

Les catégories relativement accessibles, à l’échelle du sport auto s’entend, ne sont pas légion. Après avoir eu la chance de faire une course en 2CV Racing Cup et C1 Racing Cup à Spa-Francorchamps (leurs essais sont à retrouver ici et ici), et en Fun Cup sur le circuit de Mettet, c’est cette fois au tour du BMW Clubsport Trophy, lors du Spa 400.
Comme son nom l’indique, c’était une course de 400 minutes à Spa-Francorchamps, se déroulant dans le cadre du nouveau format lancé par le BGDC (Belgian Gentleman Drivers Club): les Hundred Series.

©BMW Clubsport

Le BMW Clubsport Trophy se déroule dans le cadre des BMW Racing Cup. Utilisant des BMW 325i (et donc pas des modèles M) équipées de moteurs 6 cylindres en ligne de 2,5 litres à boites manuelles, la série accueille différentes version du modèle: la E46 deux ou quatre portes – le modèle sur lequel j’ai couru -, la E90 quatre porte et la E92 deux portes. Si la légèreté des E46 compense la plus grande puissance des E90-92, une équité parfaite est complexe à assurer car les possibilités de trouver de la performance, invisibles au contrôle technique, sont nombreuses.

©Audran Lernoux

Depuis le modèle de série, les allemandes sont transformées en voitures de course grâce à un kit complet alliant un bon ratio prix/performance/fiabilité, en plus d’être totalement vidées du poids inutile. Outre les équipements de sécurité aux normes FIA tels que l’arceau-cage Wiecher, l’intérieur est adapté à la compétition avec des baquets, des harnais et un volant de course. Le moteur se voit libéré par un filtre à air KN et un échappement au son amplifié, alors que le châssis est équipé de suspensions KW réglables, de freins AP Racing à 4 pistons avec des plaquettes renforcées à l’avant – les arrières sont d’origine – et de pneus semi-slicks Dunlop. Au final, le poids minimal des E46 s’élève à 1250kg alors que les E90 et 92 doivent peser 1315kg. Ces dernières compensent avec une puissance supérieure de 220 chevaux et un couple de 270Nm contre 195 chevaux et 245Nm aux E46.

©Audran Lernoux

L’équipe avec laquelle j’ai participé à la course est une fois encore le DZ Compétition. Dans une équipe vice-championne 2015 et notamment associé au champion 2014 Thierry De Zan, le patron, ainsi qu’au vainqueur du volant RACB TCR 2016 Denis Dupont, la qualité de l’environnement est bien présente, mais la peur de mal faire également.

© Audran Lernoux

La découverte de la voiture lors des essais se déroule sur un circuit spadois détrempé. L’expérience de la pluie me faisant encore défaut et le Toboggan des Ardennes comportant quelques virages très piégeux, c’est prudemment que j’ai entamé mes 5 premiers tours à son volant. Je constate une première chose dès les premiers freinages : ne pas encore pratiquer le talon-pointe me sera très préjudiciable au volant de la 325i Clubsport! En effet, lors de chaque grosse décélération, et particulièrement celles où il est nécessaire de repasser la seconde vitesse, le frein moteur sur les roues arrières vient s’ajouter à la force de freinage, ce qui sature tout le train postérieur. Celui-ci se bloque donc, faisant décrocher l’arrière ou saturer également les roues avants. L’attaque de la pédale de freins, assez molle, n’aide pas non plus à trouver la limite d’adhérence. Heureusement, l’ABS est conservé et aide le débutant, principalement sur piste humide.
Seconde constatation, si les roues bloquent assez vite lors des freinages, les pneus pluies adhèrent très bien en virage, ce qui permet de prendre fort appui dessus.

©BMW Clubsport

Heureusement pour moi, la course se déroulera globalement sur le sec, bien que le ciel menaçant ait déversé de temps à autres quelques averses locales, de pluie et même de grêle. La réputation de Spa au niveau météo n’est plus à faire…

Cela m’a permis de chercher les limites de la munichoise avec plus de confiance. Et c’est à celles-ci que le merveilleux équilibre BMW, ayant fait la réputation de la marque, sera flagrant. La voiture est progressive et ses réactions ne surprennent pas, ce qui, associé au moteur atmosphérique souple et linéaire, permet de jouer entre sous-virage – très peu présent grâce au moteur avant – et survirage sans se faire peur, malgré la grosse adhérence des pneus. Les forces encaissées dans les virages sont bien plus impressionnantes que dans les autres catégories « d’accès », Fun Cup incluse. En effet, si les pneus sont certes loin d’un vrai pneu slick, ils collent énormément plus que les pneus de séries des Cox’ de course. Malgré tout, ils ne décrochent jamais violemment, et une glisse du train arrière est très intuitive à rattraper.

Comme tous les moteurs atmosphériques, le 2,5 litres doit être cravaché pour en tirer la quintessence. Le son métallique et envoûtant typique d’un 6 cylindres en ligne BMW viendra vous récompenser de l’amener au plus près du rupteur.
Et c’est de la même façon qu’il faut traiter le châssis pour aller le plus vite possible: c’est en la balançant sans arrière-pensée dans les virages, n’hésitant pas à la mettre en glisse dans certains enchaînements, que les pilotes les plus rapides font la différence à son volant.

©Isabelle Barbier

Outre le problème du blocage du pont arrière en freinage, un autre point aura été complexe pour moi : passer le Raidillon de l’Eau Rouge à fond. Si avec les 2CV et autre C1 cela ne pause aucun souci, le faire avec la BMW est une autre paire de manches et nécessite une paire de …! Cela dit, une fois la bonne trajectoire trouvée, l’enchaînement mythique procure des sensations incroyables, comme d’autres virages nécessitant un gros cœur comme le « Speaker’s Corner » ou le Double Gauche de Pouhon.

©Jacques Letihon

Du coté des résultats, cette première en BMW Clubsport Trophy se clôturera à une incroyable deuxième place, malgré de récurrents problèmes de contrôle de traction qui se réenclenchait, et d’ABS qui au contraire se déconnectait. Je n’aurais jamais imaginé finir sur le podium en compagnie des ténors de la catégorie, mais cela le rend encore plus savoureux! Merci à mes équipiers et à tous les mécanos du DZ Compétition pour l’excellent travail accompli…

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