Vingt années après son lancement, l’Audi TT, troisième du nom, s’est offerte une mise à jour de mi-carrière. Peut-être l’ultime version avant son arrêt ?

Sur la sellette depuis de nombreux mois, en raison d’un marché défavorable et d’un besoin du constructeur de conserver du cash-flow pour le développement de ses modèles hybrides, l’Audi TT s’est malgré tout refaite une beauté en milieu d’année 2018. Au milieu de sa carrière, la troisième génération du coupé se montre plus agressive et personnalisable que jamais.

Pour ce facelift, Audi a mis un point d’honneur sur la sportivité. Les lignes de la TT sont nettement plus affûtées, à un tel point qu’une TT Pack Sport face-lift pourrait faire passer une TT RS phase 1 pour une petite joueuse.

Parmi les modifications esthétiques notables, nous retrouvons une nouvelle calandre single-frame en nid d’abeilles. Dans sa version de base, la face avant bénéficie désormais de grandes entrées d’air, renforçant ainsi terriblement son côté agressif. A l’arrière, quelques lignes par-ci par là font leur apparition, de façon à rendre le tout plus sportif et abouti. Petite nouveauté ; la trappe du réservoir de carburant n’est plus équipée d’un bouchon !

Le pack extérieur S Line viendra encore affirmer son caractère avec l’apparition de nombreux inserts, une lame de pare-chocs avant, des bas de caisse élargis et des sorties d’air intégrées sous les feux arrière.

 

Côté dimensions, pas de changement : l’Audi TT de troisième génération mesure toujours 4,19 mètres de long, et offre un empattement de 2,51 mètres. En version Coupé ou Roadster, elle sortira d’usine avec des jantes au diamètre minimum de 17 pouces. En option, il est toujours possible d’opter pour du 18, 19, voire même 20 pouces.

Enfin, pour conclure sur l’extérieur, trois nouvelles teintes font leur apparition au nuancier : le Cosmos Blue, le Pulse Orange et le Turbo Blue.

A son bord, quelques changements sont constatés. Nous retrouvons toujours une architecture axée sur le conducteur. Entendez par là que vous ne trouverez pas de système multimédia, en dehors du virtual cockpit. La planche de bord est également très épurée, et n’embarque que le strict minimum, de façon à permettre au conducteur de se concentrer sur la route. Chose très pratique, démontrant une fois de plus le talent du constructeur dans la conception d’habitacles, les ouïes d’aération intègrent directement la molette de température numérique, et même la température des sièges chauffants ! Malgré la réduction maximale de “divertissement”, cette TT n’est pas en reste en matière de technologie embarquée. La voiture est fournie de série avec une connexion LTE, lui permettant de se connecter à une multitude de services en ligne. Les amateurs de musique pourront satisfaire leurs tympans avec l’excellent système audio Bang & Olufsen, alimentant 12 haut-parleurs, avec une puissance totale de 680 Watts.

Côté assistances à la conduite, elles ont été développées de façon à tendre un filet de sécurité, sans pour autant empiéter sur un rythme de conduite soutenu. Toujours dans la dotation de série, nous notons la présence de l’assistant au changement de voie, l’Audi side assist, le park assist, la caméra de recul, ou encore le système de reconnaissance des panneaux de signalisation.

“Notre” TT Roadster de la semaine est équipée d’une capote en toile noire, ou grise, en passant par la case option. Cette dernière offre une très bonne insonorisation et ne plombe le roadster que de 39 kg, sans encombrer les 305 litres du coffre proposés sur le Coupé. L’ouverture/fermeture peut-être effectuée en dix bonnes secondes, jusqu’à une vitesse de 50 km/h.

Les présentations sont faites ! Il est temps de décapoter et d’aller découvrir cette TT ! Au démarrage, le 2.0l de 245 chevaux de la version 45 TFSI se montre plutôt discret, et rappelle que l’Audi TT est avant tout une voiture faite pour se déplacer tous les jours. Chaussée des jantes 18 pouces, profitant du Pack Sport, de sa suspension raffermie et surbaissée de 10 millimètres, elle offre malgré tout un excellent niveau de confort. Testée initialement dans le centre de Bruxelles, elle profite de plus d’une bonne visibilité périphérique et garantit une prise en main rapide. Sa petite taille lui permet de plus de se faufiler facilement. En quittant la capitale, nous refermons la capote, en remarquant que Audi n’a pas menti. Cette dernière insonorise presque aussi bien l’habitacle que le toit en dur.

Régulateur de vitesse en marche, la TT se montre à l’aise sur autoroute. Les assistances veillent au grain et le confort demeure bluffant, à condition de se plaire dans une voiture relativement basse. Le 2.0l se montre naturellement coupleux, et permet de se lancer “dynamiquement” sur les grands axes, tout en profitant de relances plus que correctes. En mode confort, une légère sonorité nous parvient dans l’habitacle, juste pour rappeler que nous sommes à bord d’une petite voiture axée plaisir. Au final, la seule chose frappante, pour l’instant, est l’absence d’un écran central pour le système de navigation/multimédia. Il faudra prendre l’habitude de tout piloter par le virtual cockpit.

En quittant l’autoroute, au profit de nos jolies routes du Namurois, nous décapotons, allumons le chauffage de la nuque, et profitons de la promenade. Mode sport activé, la TT change radicalement. La direction et la suspension se durcissent, et permettent d’évoluer avec un comportement presque digne d’un karting. Le quatre cylindres n’est pas avare et fournit des accélérations très linéaires, et gérées à la perfection par le boîte S Tronic. De son côté, l’échappement laisse échapper quelques décibels supplémentaires, mais rien de folichon tout de même. A notre humble avis, l’installation d’un système d’échappement plus libéré pourra contenter les personnes à la recherche d’une sonorité plus sportive.

Dynamique, ne vous attendez toutefois pas à retrouver le côté incisif d’une Porsche Boxster. Son système Quattro garantit une excellente efficacité, mais a également tendance à gommer les sensations. Mais, au final, il est difficile de lui en tenir rigueur, car sa vocation n’a jamais été de chasser de l’Alpine A110 ou du Porsche Cayman… sauf en version RS !

Niveau tarif, la TT MK3 Roadster est proposée à partir de 41.980 €, pour la version 40 TFSI (200cv) S Tronic. En optant pour la version 45 TFSI Quattro S Tronic, le ticket d’entrée grimpe à 49.890 €. En y ajoutant le pack S Line, la peinture métallisée, le soundsystem Bang&Olufsen, et encore quelques gadgets, “notre” TT affiche un prix hors remises de 69.990 € ! A titre de comparaison, Porsche propose son Boxster à partir de 60.500 €.

Et si…

Cette nouvelle TT parvenait avec brio à conserver les traits de la première version, tout en s’adaptant à son temps ? Espérons que cette version ne sera pas la dernière !