Depuis sa sortie en 1998, la Smart Fortwo n’avait que peu évolué. Il aura fallu patienter jusqu’à l’automne dernier pour voir l’arrivée d’une véritable nouvelle génération. Plus mature que les précédentes, son domaine de prédilection reste inchangé.

Commençons par le physique. Avec ses voies plus large de 100mm, sa calandre agrandie et ses formes plus carrées, la nouvelle Smart Fortwo a de suite plus de présence. Surtout ici dans sa robe blanche et orange réservée aux Édition#1. Indiscrétion assurée !

Pas de changements en longueur, de quoi permettre à la reine du parking de garder son titre. La prouesse de Smart consiste à caser dans ce si petit espace, un moteur, une boite de vitesse, toute la technique nécessaire, un coffre correct au vu de la taille et bien entendu deux occupants. Et puisque nous en venons aux dessous, sachez que la nouvelle génération de Renault Twingo partage la même base, toutes deux avec leur moteur entre les roues arrières.

D’ailleurs le partenariat avec le losange se repère tout de suite, une fois la clé en main. En effet, il se trouve que cette dernière est la même que celles des Dacia par exemple. Ouille, on a connu mieux comme référence … Ce n’est qu’une clé me direz-vous. Une fois dans l’habitacle on retrouve immédiatement le levier de vitesse, également d’origine Renault. Le reste n’est que plastiques noirs et gris, relevés de touches d’orange. Les formes sont originales et l’ensemble présente bien.

Cependant il y a quelques points d’ergonomie plutôt dérangeants. Le support de smartphone par exemple. L’intention est bonne, et l’objet est pratique pour les smartphones, mais c’est oublier qu’il cache la moitié des commandes de la radio. Et c’est plutôt dérangeant. Tiens, on dirait que je suis trop grand pour utiliser le rétroviseur intérieur, ou alors … Non, ce n’est pas moi, il est fixé trop haut sur le pare-brise, et permet uniquement de voir les voitures qui collent presque votre parechoc. Heureusement, comme sur toutes les voitures, il y en a deux autres.

Sport en douceur

Une biplace propulsion à moteur arrière et empattement court (1,87m), ça sonne plutôt doux à nos oreilles d’amateurs de sport. Et bien justement, de douceur il va falloir en faire preuve. La voiture est vive et agile – comment faire autrement avec un tel empattement ? – mais la répartition des masses délaissant l’essieu avant pose quelques problèmes. À chaque accélération on sent l’avant qui se lève, et pas qu’un peu ! Du coup, en courbe, quand on reprend un tout petit peu les gaz, l’avant se déleste rapidement et commence à élargir la trajectoire exagérément. Bref, dans les tournants il faut bien penser à charger l’avant, et à y aller doucement. Ce qui permet malheureusement à la Smart Fortwo de briguer le titre de propulsion la plus sous-vireuse du marché.

Même si on aimerait bien qu’elle soit plus neutre, on n’irait pas jusqu’à demander qu’elle survire. C’est que les Smart Fortwo traînent une réputation de voiture instable, acquise par la première génération. Smart ne s’en cache pas, toutes les Fortwo sont équipées d’un système électronique de stabilisation, entre autre lors de vent latéral. Très efficace et appréciable. De son côté, l’antipatinage coupe vite la puissance avant que le train arrière ne rue, mais c’est mieux ainsi. Cependant, si Smart veut rééditer le Roadster qui avait vu le jour en 2002, la base offre quelques possibilités de créer une voiture fun.

L’autoroute et les longs trajets ce n’est clairement pas son domaine, mais la Smart Fortwo sait s’y faire plus agréable que ses prédécesseurs. Le petit trois cylindres turbo et ses 90ch l’emmènent aisément à haute vitesse. Cependant il vaut mieux bien tenir son volant, car avec 900kg tout mouillés, la petite est sensible au vent, et aux turbulences créées par les autres usagers. Ajoutons que de par sa suspension molle, la Smart n’est pas à son aise sur les gros freinages. Et puis elle n’est pas très insonorisées, et le moteur loge juste derrière votre assise, du coup on l’entend fort, ce qui peut être fatiguant à la longue.

Comme un poisson dans l’eau

Laissons les grands espaces, l’autoroute et ses bretelles curvilignes, et entrons dans l’univers rectiligne et étriqué de la ville. Même si la Fortwo ne rechigne pas à s’aventurer sur l’autoroute, ce n’est pas sa tasse de thé pour autant. En ville par contre elle prend tout son sens. Comme un poisson dans l’eau elle se faufile dans les rues étroites. Il faut faire demi-tour ? Avec son diamètre de braquage de 7,3m entre deux murs, c’est un jeu d’enfant ! La voiture de devant n’arrive pas à rentrer dans la place de parking trop petite pour elle, et abandonne ? En deux secondes la Smart est dedans. Quel plaisir en ville !

Il y a quand même un prix à payer. Le confort s’est amélioré depuis la précédente génération, mais on est quand même fort secoué dans ce petit cube sur roues. Ensuite en le prix, le vrai, celui qu’on paye en Euros. Toujours un peu salée, l’addition de la Smart Fortwo fait réfléchir au vu des concessions faites pour s’adapter au monde de la ville.

Et si …

… vous voulez une voiture pratique pour vous déplacer en ville, ça fait déjà bien longtemps que vous savez où la trouver. Mais cette génération de Smart ajoute une dose d’aisance et de polyvalence dans d’autres environnements où ses sœurs aînées buttaient.