Alors que les grandes villes japonaises séduisent par l’ambivalence modernité-tradition qui y règne, Honda a doté sa dernière génération de Civic d’un double visage. Entre son physique on ne peut plus moderne et un comportement délectable digne de la tradition des Civic d’antan , l’icône nipponne distille des émotions contrastées.

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Bien plus ergonomique qu’auparavant avec désormais deux zones d’information – le tableau de bord et le bloc à instrument derrière le volant – au lieu de trois, la Civic profite d’une finition de très bonne qualité bien que certains plastiques durs persistent en quelques endroits parfois mal choisis. Nous pensons à la partie de la console centrale en contact avec le genou du conducteur par exemple, qui nuit au confort lors de roulages sur longues distances. Globalement très sombre, l’habillage laisse donc un sentiment de qualité. Cela mis à part, le confort est royal, profitant d’une suspension très conciliante et de sièges bien dessinés. En outre, les cotes d’habitabilité sont plutôt généreuses, la moindre des choses eu égard aux dimensions du modèle, parmi les plus encombrantes de la catégorie. On regrettera simplement la disparition des magic seats qui auraient permis d’offrir une modularité de premier plan au sein de ce segment.

Si le coffre reste vaste, l’arrière massif de la Civic implique également une visibilité de ¾ arrière problématique. Certes, la caméra de recul et les radars de parking font leur office mais lorsqu’il s’agit de sortir d’un emplacement de parking en épi ou « perpendiculaire », la prudence sera de rigueur pour ne pas esquinter un passant ou un caddie dans un parking de supermarché, problème que partagent nombre de ses concurrentes.

Très bien équipé, notre exemplaire proposait toutes les aides à la conduite en vogue, surveillance d’angle mort, régulateur/limiteur de vitesse avec contrôle de distance, système de maintien de ligne, etc. Il en va de même pour le confort ou l’infodivertissement, le tout étant paramétrable via l’écran central tactile. Sur ce plan, nous aurions préféré de vrais boutons de commande de la radio et de la climatisation plutôt que devoir systématiquement passer par l’interface tactile.

Mais venons-en au plat de résistance, la conduite. Sur ce point, nous avons bien affaire à une vraie Honda, de celles qui nous ont tant réjoui à la fin des années 90 par leur comportement dynamique efficace, équilibré et agile. Certes la Civic de notre essai n’a plus rien de comparable à son « ancêtre » en termes de dimensions ou de poids, mais elle propose un train avant incisif, tandis que l’arrière suit sans broncher, se callant sur ses appuis et offrant une belle stabilité en virages rapides sans pour autant grever l’agilité sur des routes plus sinueuses, le châssis étant bien aidé par l’amortissement adaptatif qui, une fois réglé sur son mode « sport » permet de virer à plat et de disposer d’une réponse plus directe aux injonctions du volant. Une fois en mode « normal », la suspension assure un confort de premier ordre pour un roulis légèrement plus marqué mais jamais incommodant. S’associe à ce comportement enjoué un petit moteur d’un litre suralimenté. Ce petit tricylindre  VTEC Turbo fait preuve d’une belle élasticité et vous gratifie d’une sonorité typique de cette architecture. Un grondement loin d’être désagréable et principalement lorsque le moteur est en charge, disparaissant lorsque l’on roule à régime stabilisé, sur autoroute par exemple.

Fort de 129 ch et surtout 180 Nm disponibles entre 1 700 et 4 500 tr/min, le petit bouilleur nippon ne manque jamais de ressources et ce même lorsque votre coffre est chargé de 200 kg de marchandises, avec deux adultes à bord – oui oui, nous avons testé et le double plancher du coffre a parfaitement résisté – même s’il ne faut alors pas s’attendre à des performances exceptionnelles. Mais jamais nous n’avons eu l’impression d’être sous-motorisé.

Composante essentielle du plaisir de conduire cher à Honda et qui lui avait valu le surnom de BMW japonais, le poste de conduite permet une position de conduite parfaite grâce aux réglages à l’amplitude suffisante et à des commandes directes, fermes et tombant parfaitement en main, qu’il s’agisse du levier de boite de vitesses ou du volant – merci à la direction à double pignon, inaugurée sur la Type R de 2015 – qui distille des sensations plus qu’agréables et contribuent fortement à l’apparition d’un sourire de contentement au fur et à mesure que les kilomètres défilent.

Plutôt bien finie, richement équipée, habitable, la Civic remplit son contrat de familiale compacte avec brio.  Surtout, elle ajoute à ses qualités celles d’une véritable voiture à conduire, sans qu’il ne soit nécessaire de rouler à tombeau ouvert. Alors, si vous ne faites guère plus de 20.000 km par an et que la sonorité de votre moteur a de l’importance aussi, la Honda Civic 1.0 l VTEC Turbo est un excellent choix… pour autant que son physique vous plaise !

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