L’ancienne classe C commençait à dater face à la concurrence, la nouvelle fera-t-elle date ?

Après la sortie de la nouvelle Classe S en 2013, l’année 2014 de Mercedes a été marquée par une autre sortie très attendue : celle de la Classe C, tant en berline qu’en break. Avec pour apothéose la présentation, en octobre dernier, de la version C63 AMG. Ici pas question d’une véritable AMG, juste d’un diesel avec un pack. Mais quoi qu’il en soit, partons l’essayer !

Aimant blanc

Dès la première rencontre, le break en habits sportifs mais chic, fait mouche. Il a une sacrée présence et, vêtu de blanc et du pack AMG, on le prendrait même pour plus gros qu’il ne l’est. Dans l’ensemble, toutes les lignes se sont arrondies avec cette nouvelle génération. On ne s’en plaindra pas, car le résultat est vraiment meilleur. Le dessin est plus agressif que le pack AMG de l’ancienne génération, tout en étant plus pur. Malgré quelques appendices factices, ce n’est que du bonheur pour les yeux. D’ailleurs, notre modèle d’essai richement équipé, en attire une quantité incroyable, presque désagréable.

Salon à bord

En ouvrant la portière, les mêmes yeux découvrent un habitacle tout aussi soigné, mais dont on sent rapidement qu’il a fallu piocher dans la liste des options pour en arriver là. Siège sport en cuir rouge, toit panoramique vitré, volant sport avec palettes de changement de vitesse, climatisation tri-zone, audio Burmeister… Les occupants sont choyés ! Personne ne manquera d’espace, et l’ergonomie ne souffre d’aucun reproche. Un véritable petit salon roulant.

Ici aussi, exit les formes anguleuses et les boutons partout. La console centrale est quasi exempte de pustules pour mieux faire profiter les occupants de sa finition en frêne noir. À la place on retrouve de jolis commutateurs façon aviation et quelques boutons en noir laqué autour d’une horloge analogique. Pour le reste, tout se trouve dans l’ordinateur de bord qui se commande avec le joystick et le trackpad. La boite automatique à double embrayage et son sélecteur placé derrière le volant permet de dégager encore cette console centrale au profit des espaces de rangements. Tout en haut de la dite console, se trouve l’écran de l’ordinateur de bord/GPS. Si celui de la Classe A nous avait laissé quelques doutes, celui-ci fait tout de suite moins « cheap » et son intégration est soignée. Cette fois on adhère.

Quelques rondeurs

Volant en main, on ressent aussi les rondeurs et le salon roulant. Ou plutôt on ne sentirait presque pas qu’il est roulant. Et il ne s’agit que d’une Classe C ! Certes, elle est équipée de la suspension adaptative et de la boite automatique à simple embrayage, qui donnent un ensemble plutôt typé confort. En mode Sport, la suspension retient déjà mieux les mouvements de caisse. Mais notre modèle d’essai richement équipé doit surement rajouter quelques dizaines de kilos aux 1615kg annoncés. Ce qui explique que la suspension ne produise pas de miracles. De plus, le confort à haute vitesse est impressionnant avec toujours cette impression d’être dans un salon.

Si la poussée de la Mercedes ne laisse pas de souvenirs impérissables, sa motricité par contre, est parfaite. Avantage naturel de la propulsion oblige. La tenue de route aussi est exemplaire, mais parfois la voiture vous rappelle que ce sont les roues arrières qui poussent. Rien de désagréable, au contraire, surtout que l’électronique a vite fait de remettre l’arrière train sur le droit chemin. Et puis surtout, il faut vraiment la chercher avant qu’elle ne se déhanche. La boite 7G-Tronic par contre est moins à son aise en utilisation « sportive ». Elle est moins réactive que la DSG du groupe VW, ou que la ZF des BMW, aux rétrogradages par exemple. Dommage car les palettes derrière le volant sont de bonne taille.

Autre monde

À puissance presque équivalente on est loin de ce que propose la Skoda Octavia RS en terme de sensations mécaniques. Certes le train avant de la tchèque a quelques difficultés dont la Mercedes n’entendra jamais parler – à moins de monter voir jusqu’au numéro « 63 » – mais les sensations sont moins feutrées. Malgré sa tenue de guerrière, ce n’est pas là le terrain de jeu du break C220, il a un homologue C63 qui vient d’arriver pour clouer le bec de l’insolent break bleu du mois précédent. Et plutôt deux fois qu’une sans doute.

Tarif tout en rondeurs

Enfin, comparons ce qui est comparable. La Skoda et ses 14ch de plus, est aussi 200kg plus légère. En contrepartie elle n’allègera pas tant votre portefeuille. Pour le prix de base de la C220 BlueTec break, soit 39.325€, vous pourrez déjà cocher quelques options chez Skoda. Par contre, dans le cas qui nous occupe, la personne qui a configuré la C220  de cet essai n’y a pas été avec le dos de la cuillère : 66.150€. Oui, près de 27.000€ d’option. Ouch ! Heureusement que le papier que j’ai signé, en allant chercher la voiture, n’était pas un bon de commande.

Mais, sérieusement, qu’est-ce qu’on pourrait lui reprocher mis à part son prix, et celui des options « nécessaires » ? Un coffre pas si grand que ça peut être, mais tout de même dans la moyenne de la catégorie. Juste pour pinailler, car même jusqu’au fond du coffre Mercedes a pensé aux déménageurs aux mains pleines : ouverture de hayon en passant un pied sous le parechoc, et boutons pour rabattre les dossiers de la banquette. Pratique ! Côté consommation c’est plutôt bon, avec 5,8l/100km facilement sur autoroute et une moyenne globale de 7,3l pour tout l’essai entre la ville et la campagne. Et sans pour autant s’être privés sur certaines petites routes, bien sales d’ailleurs. Pour un 2,2l de cylindrée qui doit pousser 1.700kg, c’est même franchement bon.

Et si …

… dans notre monde le prix pouvait ne pas être un souci ?  Doux rêve ! Mais pour ceux qui peuvent se le permettre, la Mercedes C220 BlueTec Break se plaira à vous faire voyager confortablement installé entre les courbes voluptueuses de ce petit salon roulant.