Les petit clones de coupés que sont les Subaru BRZ, Toyota GT86 ou encore Scion FR-S selon votre position sur le globe et votre choix, ont déjà fait couler beaucoup d’encre. Nous avons voulu voir de quoi le Subaru BRZ se chauffe, par pure conscience professionnelle. Si si, vraiment !

Le Subaru BRZ est le fruit de la collaboration entre deux japonais. L’un est géant de l’automobile mais ses productions ont perdu en saveur pour gagner en écologie au fil des ans, l’autre est un petit irrédentiste aux gênes sportifs et un peu hors du temps. Toyota greffe sa double injection directe et indirecte D-4S sur un flat 4 typiquement Sub’. Le tout est monté dans un châssis préparé aux petits oignons avec le moteur à l’avant, envoyant sa puissance aux roues arrière. Ajoutez encore une bonne dose de simplicité et une certaine légèreté pour obtenir une recette plus qu’alléchante.

Le design est indéniablement japonais mais les traits sont moins torturés qu’à leur habitude. On ne va pas s’en plaindre ici en Europe. La Subaru BRZ que nous avons à l’essai a la bonne idée de troquer le World Rallye Blue, signature de la marque certes, mais très agressif pour les pupilles, pour un Pearl Blue bien plus discret et distingué. Ce n’est toutefois pas la voiture idéale pour passer inaperçu sur la route. Tout le monde se retourne pour regarder passer cet engin bridé que l’on n’a pas encore l’habitude de croiser tous les jours ici en Belgique. Les deux énormes sorties d’échappement de part et d’autre du bouclier arrière n’aident pas non plus à la discrétion.

Comme toujours chez Subaru, la clé est un petit bloc de plastique brut de décoffrage. Pas de recherche artistique en tout genre sur cet objet qui au final ne sert que pour verrouiller ou déverrouiller la voiture. L’intérieur est un peu à l’image de la clé. Parmi tous les plastiques aux assemblages parfois douteux et les boutons qui rappellent que les années nonante ne sont pas encore trop lointaines, les sièges en alcantara (de série en Belgique) relèvent le niveau de la présentation intérieure. Leur assise est confortable et, pour une sportive, ils ont le maintien qui va bien.

Une fois installé et bien positionné, les commandes principales – comprenez celles nécessaires à la conduite – tombent parfaitement sous la main, ou sous le pied puisque le pédalier est également un modèle du genre. On est assis bien bas, et surtout on est bien assis. Le volant suit la philosophie de la voiture : la simplicité. Pas de boutons pour commander la radio et l’ordinateur de bord. Non, un volant c’est fait pour commander les roues directrices. Sur le gros tunnel de transmission on retrouve avec bonheur le petit levier de la boite de vitesse Subaru. Ferme, précise et rapide, elle enchante ! Les candidats aux places arrières en revanche, déchantent. Tête dans le plafond, genoux dans le dossier des sièges avant et surtout pas de place pour les pieds, n’espérez pas transporter souvent des humains sur la banquette arrière. Il faut plutôt y voir une possibilité d’y sangler vos bagages. Et avec une petite propulsion légère et agile comme la Subaru BRZ, ce n’est pas de refus !

Le freinage, bien que léger sur le papier, est tout à fait suffisant et bien dosable. Un peu d’angle dans la direction très précise et surtout très communicative, et le train avant vient s’inscrire dans la courbe tandis que l’arrière enroule au gré de la remise des gaz. La sonorité rauque du flat 4 envahit l’habitacle pendant qu’il pousse le petit coupé jusqu’au virage suivant, avant de répéter l’enchainement. Si on est agile, on peut même pousser le vice jusqu’à lancer un petit appel-contre appel, suivi d’un joli travers à maintenir à l’accélérateur. L’arrière ne demande qu’à danser, mais reste progressif dans ses réactions. Ah, une propulsion équilibrée, avec un différentiel autobloquant, quel bonheur ! Ce que la Subaru BRZ concède en efficacité à la WRX STI, elle le gagne en plaisir.

Dans ces conditions, la déception quant à la présentation de l’habitacle est vite oubliée, et la boite courte fait mouche. Sur des longs trajets autoroutiers par contre on aimerait que la sixième tire plus long, ou qu’il y ait un rapport de plus. À 120km/h le bruit du flat 4 de 2.0l se rajoute aux bruits de vent et de roulement déjà fort présents. Les 1242kg à vide ont dû être obtenus au détriment de l’insonorisation.

Le flat 4 2,0l typique des Subaru, bien que participant à l’agrément par sa sonorité atypique et son allonge, n’impressionne pas par sa force. Jamais on n’est collé au siège d’un coup comme avec son grand frère 2,5l turbo qui équipe la WRX STI. Les 200ch sont obtenus à 7.000tr./min. et le couple offre un pic à 205Nm aux environs de 6.500tr./min. mais sa courbe est assez plate.

Au fil des accélérations on se prend à rêver d’une BRZ avec le moteur de la WRX STI et son coup de pied au cul à 3.000tr./min., et tant qu’à rêver ne nous privons pas. Alors pour nous, vous mettrez bien un système de refroidissement par eau pour les gaz d’échappement, pour baisser la consommation du monstre. Et oubliez les 4 roues motrices, une propulsion donne bien plus de frissons. En tout cas, on risque fort d’être servi dans quelque temps avec une Subaru BRZ STI, déjà confirmée à demi-mots, mais dont la mécanique reste encore incertaine.

Pour la Subaru BRZ il est difficile de faire moins de 8,0l/100 en roulant très calmement. Et quand on se prend dans son jeu et qu’on attaque un peu, la consommation peut facilement atteindre les 12l/100km. Loin de ce que nous avait fait voir le 2,5l turbo de la WRX STI. Et même pas tellement plus que la XV, dont le moteur de la BRZ dérive. La double injection Toyota fait donc bien son travail : plus de puissance et moins de consommation, sans avoir moins de plaisir, que du contraire ! Et dire qu’il va falloir rendre la BRZ à l’importateur … C’est sans doute le plus dur dans ce métier.

Et si…

… les ingénieurs nippons pétaient les plombs avec une Subaru BRZ STI ? On attend ça avec impatience ! Dans l’état actuel des choses, ne partez surtout pas sans l’autobloquant. Vous rateriez quelque chose !