Prenez une classe C, ajoutez lui des freins ventilés, des éléments aérodynamiques, montez lui un V8 sous le capot et vous obtenez une Mercedes-AMG C63s. D’apparence sobre, elle n’en demeure pas moins qu’un monstre de puissance.

Quelques mois après avoir testé la nouvelle CLA 45 AMG Shooting Brake, nous étions impatients à la rédaction de tester une véritable AMG. Une de celles qui sait faire fumer ses gommes arrières, avec un bon gros V8 en bande son. Ticket d’entrée dans ce monde, la Classe C est déclinée en deux versions AMG. La C63 « normale », de 475 chevaux, et notre modèle d’essai, la Mercedes-AMG C63s, qui elle développe 510 chevaux. Rien que ça !

Après avoir signé les papiers nécessaires, la rencontre à lieu dans le parking de Mercedes à Bruxelles. Vêtue du (désormais traditionnel) gris satiné Designo, la Mercedes-AMG C63s essaye de cacher ses muscles derrière une couleur qui ne pique pas la rétine.

Première chose à faire une fois arrivé à la voiture : le sound-check ! Échappement actif ouvert, le V8 se réveille dans un grondement de tonnerre, digne d’une GT3 de course. Que tout le monde se rassure, les ingénieurs du son d’Affalterbach ont bien travaillé et le V8 a toujours de la voix malgré les turbos. C’était là la plus grosse interrogation lorsque le nouveau V8 4,0l bi-turbo a fait son apparition en remplacement du désormais légendaire bloc atmosphérique 6,2l. La magie du V8 opère toujours, et je succombe à son charme en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire.

En attendant que le moteur monte à température, j’en profite pour observer l’intérieur. Tout comme pour les Classe C normales, la finition s’approche de la perfection. Seul point négatif, mais ici propre à presque toute la gamme Mercedes, leur écran gps qui est beaucoup trop intrusif et peu esthétique. En plus d’une interface qui commence tout doucement à se faire vieille quand on la compare au système Professionnel de chez BMW, par exemple.

La console en carbone est quant à elle sublime, et est presque la seule touche « Racing » présente à l’intérieur en dehors des sièges baquet. Ces derniers offrent un excellent maintien latéral, sans sacrifier au confort. Autre avantage : plus fins, ils offrent un rien plus de place aux passagers arrières. Non pas que la Classe C soit radine sur ce point, mais c’est toujours agréable. Un intérieur typé sport mais supportable au quotidien.

Voilà, le moteur est chaud, il est temps de quitter Bruxelles en direction des routes plus intéressantes pour tester ce genre de voiture. Un seul soucis pourtant : la pluie …

Au premier feu rouge, en démarrant sur route humide, je fais patiner sans le vouloir les roues arrière, et ce en mode confort. Cela en dit long sur le moteur du jouet et sur l’expérience en terme de conduite qu’il requiert. On ne va pas jouer les pilotes sur des routes détrempées !

Voilà, on quitte Bruxelles en direction de Namur. Sur autoroute, toujours en mode confort, elle se montre très discrète et l’habitacle ne se laisse pas envahir de bruits du V8. Un léger arrière fond, juste pour se régaler les oreilles ! On peut dire merci au septième rapport de la boite qui permet d’être à 2000 tr./min. à 120 km/h. Niveau consommation, je suis actuellement à 13l/100 km.

Fini l’autoroute, et fini le mode Confort. En Sport+ la Mercedes-AMG C63s peine à rester discrète malgré sa robe grise. Nombreux sont les smartphones à être dégainés. La bande son aurait-elle raison de sa plastique ? Heureusement ! Cette petite accolade urbaine fait monter la consommation à 18l/100km… Peu réjouissant alors qu’on ne s’amuse guère, il est donc temps de fuir la ville.

Je mets maintenant le cap sur la région des barrages de l’eau d’heure. Des routes sinueuses sillonnent le paysage et ne sont que très peu fréquentées à cette période de l’année. Je ne regrette que le mauvais temps qui m’a contraint à en garder sous le pied. Malgré la météo peu clémente, je passe tout de même en mode Race et commence à utiliser les palettes au volant.

On se rend dès lors compte que c’est une vraie sportive dépourvue de toute assistance, et qu’il n’est pas question de partir à l’attaque des virages sans un minimum de notions de pilotage. Le terme conduite se transforme en pilotage dès l’activation de ce fameux mode Race. Une formation en dosage de l’accélérateur est nécessaire, mais une fois assimilé on est heureux d’avoir une vraie voiture avec laquelle il faut se retrousser les manches pour aller vite. Pas question de mettre le pied dedans sans réfléchir comme avec les  A et CLA 45 (Lire l’essai de sa version Shooting Brake ici) et de laisser l’électronique digérer la puissance. Ici la Mercedes-AMG C63s distille de vraies saveurs de conduite, parfois avec un parfum de gommes fumées.

Et si…

… Le prix de la voiture comparé aux concurrentes directes (M3 et RS4) n’est pas un frein pour vous, la C63s a absolument tout pour plaire.