Plus de quatre mètres de long, comment peut-on encore appeler ça une Mini ? Sa taille et son look ne font pas l’unanimité, mais est-ce que la Mini Clubman Cooper est toujours bien une Mini dans l’âme ?

Sceptique lors de la première rencontre avec ce véritable break, il ne faut pourtant pas plus de 500m à son volant pour se rendre compte qu’on a bien affaire à une vraie voiture. La Mini classique et son confort relatif sont loin. De même que la finition intérieure fait un léger bond vers un mieux. Certes le plastique reste de mise, mais il est mieux découpé, assemblé avec moins de fantaisies et plus de soin. On est au niveau de la concurrence. Mais quelle concurrence ? Golf Variant ? Pas vraiment la même gamme de prix. Disons plutôt une Mercedes CLA Shooting Brake.

Les portes arrière sont bien grandes, et l’espace qu’offre la Mini Clubman à ses passagers est tout à fait décent. Voire même presque indécent pour une Mini. Il faut dire que la Mini Clubman s’est sacrément agrandie sur cette dernière génération. Plus 27cm en longueur, 9 en largeur, rien que ça ! Et pardonnez l’expression, mais le coffre a lui aussi pris du coffre.

Mis à part ça, à l’intérieur les habitués de Mini se retrouve tout de suite à leurs aise. Les commandes sont les mêmes, la visibilité de tank aussi. En fait ce qui surprend c’est d’avoir autant d’espace en garde au toit et en largeur. On ne se rappelle de la longueur de la voiture que lorsqu’on regarde dans le rétroviseur. On est vite agréablement surpris du confort de la Mini Clubman. Le moelleux des excellents sièges sport en cuir matelassé y est surement pour quelque chose, au même titre que la suspension plus conciliante.

Très polyvalente, la Mini Clubman Cooper saura sans problème accueillir trois enfants sur la banquette arrière. Deux adultes pourront également y trouver leurs aises, mais pas plus. Le coffre, quant à lui, avalera plus facilement les bagages des occupants. Mais il ne faut pas espérer y charger 5 grosses valises, c’est une Mini et pas une Skoda Rapide. Et il ne faut pas oublier non plus que pour décharger confortablement, il est nécessaire de ne pas coller l’arrière au mur du parking, ou à la voiture de derrière, sous peine de ne pas savoir ouvrir les deux battants de porte. Ça fait le style et l’originalité de la Clubman, mais ce n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus pratique. La visibilité arrière en pâtit vraiment. Heureusement que la caméra de recul est là pour assister les manœuvres. Quel comble pour une Mini !

Sous le capot de cette Mini Clubman Cooper on a droit à un petit bloc 3 cylindres essence, qu’on connait déjà plus ou moins depuis l’essai de la BMW i8. Si dans la navette spatiale allemande il développe 231ch, il est ici plus calme avec « seulement » 136ch. Ceci dit, la puissance est tout à fait suffisante pour mouvoir sans peine la Mini. Son silence à faible charge et sa souplesse se marient à merveille au confort de la Clubman. Et quand on a envie de hausser le rythme, il répond présent par son allonge et son chant caractéristique. La boite manuelle propose le « rev match », parfait pour apporter encore plus de confort. Mais on aurait bien vu cette Mini Clubman Cooper avec une des excellentes boites auto signée ZF disponibles en option.

Mais une boite manuelle ça veut dire plus léger, et une conduite plus impliquée. Comme on n’en peut plus d’attendre de savoir si cette Mini devenue mature distille toujours des saveurs de Mini, on passe en mode Sport. L’écran central affiche toujours le même petit dessin de fusée que sur la Mini JCW, et la réponse à l’accélérateur se fait plus franche. Le feeling de direction est toujours du même registre que dans les Mini normales, mais la Mini Clubman Cooper accuse un surpoids conséquent, qui se traduit dans une moindre vivacité sur les changements de cap. On sent quand même toujours qu’on est au volant d’une Mini. Ouf !

Et plus réjouissant encore, pour ne pas dire étonnant, le train arrière de la Clubman s’autorise quelque déhanchés alors que la Mini John Cooper Works s’avérait scotchée au sol. Sans doute grâce aux pneus neige malheureusement. Mais en attendant, le fun est là, et on s’amuse dans cette Mini Clubman Cooper comme dans une Mini classique. Juste un rien de précision et de vivacité en moins dans les virages. Alors quand on va se garer après quelques kilomètres de virages avalés, il faut faire attention à bien se rappeler qu’on est au volant d’une Clubman, plus large et plus longue que la Mini classique dont on croyait être au volant. Jolie réussite ! Elle réussit à offrir les sensations « Mini » mieux que le fait un Paceman JCW par exemple, tout en étant devenue plus pratique. Non exempte de défaut pour autant à ce niveau elle tient la comparaison face à une Mercedes CLA Shooting Brake. Il lui reste un défaut : son prix pas si mini que ça.

Et si…

… si la Mini Clubman Cooper était la Mini des familles qui veulent que leur Mini grandisse en même temps que leur famille ? À condition d’avoir les moyens.