Comme pour la berline et le break, la C Coupé troque ses lignes anguleuses pour des courbes sensuelles. Entre une carrosserie de coupé, un pack AMG et un quatre cylindres essence turbo de 211ch, la Mercedes C250 Coupé est-elle devenue sportive ?

Sur le plus pur plan esthétique, c’est un indéniable. La Mercedes C250 Coupé offre une ligne simple mais efficace. Tandis que, le pack AMG et la teinte rouge jacinthe apportent au tout frais coupé la touche de piment nécessaire. Qui n’aurait pas envie de prendre le volant de ce très bel objet ? Peu sont ceux qui lui résistent, et certainement pas nous.

D’autant que l’habitacle n’est pas en reste. Tout de noir vêtu, certes, mais la qualité de présentation connue des Classe C est bien au rendez-vous. La console centrale plaquée en frêne noir, et l’alcantara des sièges sport sont là pour réchauffer l’ambiance. C’est déjà pas mal. Même si, parfois, on aimerait un peu plus de fantaisies et de couleurs. La sobriété de l’habitacle, comme son ergonomie rappellent qu’on est dans une production allemande. Tout est à sa place, et on ne cherche pas des heures un bouton ou une fonction comme dans certaines japonaises (au hasard).

Position de conduite réglée et mémorisée, il est temps de se mettre en route. Contact, et le 4 cylindres s’ébroue dans une sonorité de … diesel. La faute à l’injection directe qui claque fort à froid. L’échappement ? Tout aussi raffiné que la ligne de la Mercedes C250 Coupé, mais bien plus discret que son rouge. Autrement dit, on ne l’entend pas. Après l’essai de la CLA 250 Sport équipée du même moteur, on s’attendait plutôt à une bande son un rien endiablée. On en est ici bien loin : un ronronnement à peine audible, et pas une petite once de déflagrations aux passages de rapports. Dommage que le ramage ne soit pas à hauteur du plumage.

Une fois chaud on le pousse plus haut dans les tours, sans beaucoup plus de succès. Une timide note se fait entendre, mais il faut vraiment la chercher. La douceur de la boite auto 7G-Tronic (comme la berline et le break, mais pas comme le GLC) lisse également la poussée, déjà très linéaire. Si sa sonorité le rapproche d’un diesel, son allonge a bon goût de ne pas se la jouer mazout. Mais ses velléités sportives sont grevées par la boite auto. Il pousse bien, mais sans offrir d’émotions particulières.

Une paisible escapade sur autoroute en mode ECO nous emmène, au rythme du régulateur et de la boite qui se met en roue-libre, jusque sur les tortueux rubans d’asphalte des Ardennes. Pendant le trajet on apprécie le filtrage feutré de la suspension Airmatic en mode Confort. Elle donne au C250 Coupé des saveurs de S500 Coupé, le V8 4,7l et sa bande son en moins. Un véritable petit tapis-volant, le grand étant la Classe S Coupé.

Arrivé sur les rubans ardennais, on passe le « Dynamic Select » en Sport. Sans surprise, la suspension se raffermit, et la boite tient les rapports plus longtemps. La prise de roulis est contenue, mais la sportivité n’est toujours pas au rendez-vous. Il reste le mode Sport +, mais à l’amortissement trop cassant pour notre réseau routier loin d’être un billard. On préférera alors le mode Individual, optant pour un ensemble moteur-boite en mode Sport +, mais une suspension en mode Sport. Parfait pour cruiser rapidement.

Si le moteur n’offre aucune émotion particulière, c’est le même bilan côté châssis. Les aides à la conduite sont très castratrices. Il serait presque plus facile de faire décrocher le train avant, que de faire danser l’arrière. Dommage que la firme de Stuttgart ne propose pas de réglages plus permissifs lorsque le « Dynamic Select » est en Sport ou Sport +. Le coupé c’est plus pour la forme que pour le sport.

La Mercedes C250 Coupé se déguste en mode « grand tourisme ». Le coffre avale sans broncher les bagages, le conducteur et son passager sont installés comme des rois, et les deux passagers arrières ne devront courber l’échine que si ils dépassent le mètre quatre-vingt. On a vite fait d’avaler des centaines de kilomètres, presque sans s’en rendre compte. Comme en atteste notre tour des Ardennes en partant de Bruxelles. Direction le Luxembourg d’abord, avant de bifurquer vers Bastogne par le chemin des écoliers. Notre périple nous a amené ensuite vers les Hautes Fagnes, avant de reprendre l’autoroute en direction de la capitale.

Tout allait pour le mieux jusqu’à ce que la voiture se mette à rebondir sur toutes les ondulations de la E40. Pardon ? Et le tapis-volant ? Crevaisons sans doute. Oui, mais pas un pneu. C’était un tuyau de la suspension pneumatique qui s’était défait. Retour en Mercedes toujours, mais en camion plateau. Dommage.

 Et si…
… on décide de la déguster à sa vraie valeur de GT, il n’y a rien à jeter. Mais quitte à se la jouer comme ça, un moteur qui en vaut la peine (un V6 ?) serait le bienvenu.