Toyota

Essai : Toyota Supra 2.0

Pour la première fois de son histoire, la Toyota Supra embarque un quatre cylindres, visant à rendre plus accessible son coupé. Bonne ou mauvaise idée ?

Un peu plus d’une année après le lancement de sa nouvelle Supra, Toyota a décidé d’ajouter une nouvelle motorisation à son coupé, afin de le rendre plus abordable d’un point de vue financier et environnemental. L’adaptation n’aura finalement pas été trop compliquée, de par l’utilisation de la plateforme de la BMW Z4, proposant des quatre et six cylindres en ligne. 

Si l’apparition d’une telle motorisation pourra s’apparenter à un nouveau coup de marteau sur le clou pour les aficionados du modèle d’antan, il permet à la Supra d’économiser 100 kg sur la balance, avec une amélioration significative de la tenue du train avant. Le moteur, situé en position centrale, a permis aux ingénieurs d’atteindre la répartition de poids idéale de 50/50. Sans grande surprise, c’est dans la palette de moteurs BMW que Toyota a pioché un quatre en ligne 2.0l développant 258 chevaux 400 Nm de couple. La puissance demeure envoyée aux roues arrière via une boîte automatique ZF à huit rapports. Le coupé peut ainsi se targuer d’un 0 à 100 km/h abattu en 5,2 secondes. 

Visuellement, il est presque impossible de la distinguer du modèle 3.0l. Nous apprécions toujours autant son look agressif et “hors du commun”. Chose étonnante pour une si “petite” motorisation, Toyota chausse sa Supra 2.0 de Michelin Pilot Sport de 275/40/18 à l’arrière et de 255/40/18 à l’avant. 

A son bord, même constat. Nous retrouvons de beaux sièges baquet en cuir, offrant un excellent maintien, sans pour autant nuire au confort. La position de conduite très basse est également agréable. Vu du siège conducteur, l’occupant aperçoit un système multimédia BMW offrant une connectivité poussée. Le compteur, pour sa part, mixe des éléments analogiques et numériques, pour un effet plutôt réussi. Globalement, la finition se montre à la hauteur, mais toujours en dessous de ce que propose BMW sur sa Z4. Dans sa catégorie, la Supra marque quelques points avec un habitacle disposant de quelques espaces de rangements bien pratiques. L’accès au coffre est lui aussi facilité par l’absence de panneau entre les deux zones. Pour conclure sur l’intérieur : De la technologie en suffisance, mais une philosophie avant tout axée sur la conduite ! 

Reste à préciser que d’origine, la Supra 2.0l s’équipe de freins moins mordants que sur le 3.0l. L’achat d’un Pack Sport permet toutefois de récupérer les freins Brembo de celle-ci. Elle reçoit également un amortissement plus dur et un différentiel à glissement limité.

Au démarrage, le 2.0l inspire naturellement moins de noblesse que le six en ligne. Toutefois, avec les nouvelles normes de pollution, ne favorisant pas ce dernier, la sonorité du 2.0l semble plus criarde, mais de manière artificielle. Après quelques tours de roue, nous remarquons l’apparition d’une réelle polyvalence en terme d’utilisation. En mode confort, le moulin ne génère presque pas de son et le confort global se montre satisfaisant. Côté consommation, c’est également convaincant, avec moins de 9l/100km sur autoroute. 

En arrivant sur les routes plus sinueuses, l’amputation de deux cylindres s’émancipe de toute critique. On sent une voiture bien plus à l’aise dans les appuis et globalement saine. La direction conserve sa précision et le quatre cylindres n’est pas avare lors des reprises. Les boudins garantissent pour leur part une motricité parfaite… En prenant en compte les 15.500 euros économisés sur les prix, sans compter les diverses taxes inhérentes au 3.0l, Toyota propose incontestablement une alternative qui tient la route (dans tous les sens du terme) ! 

Comme indiqué plus haut, les normes de pollution atmosphérique et sonore contraignent le constructeur à avoir recours à l’utilisation des hauts-parleurs pour compenser le musèlement de l’échappement. L’ensemble est plutôt convainquant, mais on ne peut s’empêcher de se rappeler que c’est en grande partie artificiel. Merci l’Europe. 

Et si… nous partions à la découverte de la Supra 2.0l avec une grosse appréhension quant au quatre cylindres, nous en ressortons avec une note plutôt convaincante. Bien que le six en ligne demeure notre choix de coeur, le quatre pattes rend clairement la Supra utilisable au quotidien, sans pour autant léser trop fortement son caractère sportif… que du contraire.

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