Avec la BMW i8, Munich nous propose un avant-goût de la voiture de sport du futur. Cette voiture aux allures de soucoupe volante est pourtant bien réelle, et peut aisément revendiquer le titre de la voiture la plus intrigante de la production actuelle. Dans son cahier des charges figuraient « écologie » et « sportivité ». Inconciliable ?

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Commençons par les présentations techniques pour mieux répondre. Ça commence mal, l’i8 est une 4 roues motrices. Pas de xDrive mais bien un moteur électrique de 131ch qui opère sur les roues avant tandis que les roues arrière sont entrainées par un bloc thermique. Et quel bloc ! Il s’agit du moteur à la plus grande puissance au litre jamais produit par BMW. 154ch/l pour ce trois pattes 1,5l TwinPower Turbo que l’on retrouve, dégonflé, sous les capots Mini entre-autre.

Le moteur électrique est alimenté par une batterie de 3,7kWh logée dans le tunnel de transmission et le plancher de la voiture. Le moteur thermique lui, s’abreuve dans un réservoir de 30l de super98. Ce dernier peut gonfler à 42l en cochant l’option adéquate sur le bon de commande. « Notre » i8 en est équipée, et ce n’est pas de refus, même si la soucoupe volante est sensée consommer 2,1l au 100km selon le cycle d’homologation européen.

Tout ne s’arrête pas à la mécanique, la carrosserie et le berceau de l’habitacle sont en plastique renforcé à la fibre de carbone pour limiter le poids, mais le châssis s’en tient à du classique aluminium. Les matériaux sont choisis et assemblés tout en faisant attention au bilan carbone final de la voiture. C’est ainsi que les cuirs de l’habitacle sont choisis et préparés à proximité de l’usine, qui utilise d’ailleurs uniquement de l’énergie renouvelable. Les tissus sont issus de plastique recyclé, et le reste des matériaux est choisi pour préserver au mieux les sources naturelles.

Enfin bref, la voiture a beau être tout aussi belle qu’impressionnante à regarder, il nous tarde d’en prendre le volant. Et vu qu’elle n’est à nous que 26h, on ne veut pas perdre de temps ! Le moment est venu d’ouvrir la portière en élytre, comme sur le concept-car BMW Vision EfficientDynamic dont elle ne s’est pas trop écartée. L’accès à bord n’est pas vraiment aisé, et les matériaux des passages de portes et du bas du tableau de bord semblent beaucoup souffrir des passages de chaussures. Une fois installé par contre, on est vraiment bien même si les sièges manquent un poil de maintien latéral.

Vous vouliez rentrer incognito à la maison après avoir fait vos courses ? Raté ! Tout le monde a les yeux rivés sur la BMW i8. Alors, quand vous levez la porte pour prendre place à bord, l’effet est garanti et l’indiscrétion assurée. On ne peut pas dire que la BMW i8 passe inaperçue sur nos routes. À son passage les têtes se dévissent, certains visages paraissent même choqués par ce qu’ils sont en train de voir. D’autre au contraire apprécient le spectacle et font signe. Elle attire la sympathie de par son design et sa technologie hybride.

Démarrage tranquille en mode électrique. Faute de moteur thermique c’est un petit dispositif sonore qui signale la présence de la voiture aux piétons. Tout en douceur et en silence la BMW i8 se met en route, traverse le centre-ville embouteillé avec une aisance déconcertante si ce n’est la visibilité ¾ arrière. Direction ? Les petites routes de campagnes pardi ! On ne roule pas avec une berlinette à moteur central arrière de 362ch et 570Nm de couple pour arpenter les centres urbains uniquement.

Premiers virages à l’horizon, on bascule le levier en mode sport. Immédiatement le 3 cylindres de 231ch se tient éveillé et sa jolie bande son, certes très travaillée, envahit l’habitacle. On tire sur la palette de gauche pour tomber un rapport et la boite nous gratifie d’un joli coup de gaz. On recommence juste pour mieux écouter. C’est qu’elle est très plaisante la sonorité de ce 3 cylindres !

En entrée de virage il faut placer l’avant correctement sur les freins. Et puis attendre avant de reprendre les gaz car sinon, avec le moteur électrique qui entraine les roues avant et les pneus étroits, c’est sous-virage assuré. Une BMW qui sous-vire ? C’est léger rassurez-vous, et il faut le chercher. Dans le petit bout de ligne droite qui suit on écrase l’accélérateur et là le sifflement du moteur électrique se joint au concert du petit 3 cylindres essence. C’est la fonction « boost » du moteur électrique lorsque la voiture est en mode sport. Et ça pousse ! Les vitesses atteintes en toute aisance sont presque affolantes. Mais le pire c’est sans doute que la BMW i8 reste confortable sur ces routes ardennaises mal surfacées. Tant par sont amortissement que par son aérodynamique particulièrement soigné. Ce n’est pas une super-sportive, mais bien une GT au sens large du terme.

Oui, elle a même 4 places. Enfin non, disons plutôt qu’il y a deux petites assises à l’arrière de l’habitacle. Ces dernières sont peu logeables pour des adultes, et restent difficilement accessibles pour des enfants. On les préfèrera comme supplément au petit coffre qui se trouve juste derrière le compartiment moteur.

Elle est aussi plus GT que sportive dans son freinage, pas du genre surdimensionné. Sans doute est-il suffisant lorsqu’il est en bonne santé, mais après 20.000km d’affres journalistiques celui de « notre » BMW i8 semblait mal en point. Les décélérations manquent de vigueur. Et même en se mettant debout sur la pédale, l’ABS ne se déclenche pas. Pourtant les plaquettes et les disques ne semblaient pas en fin de vie … BMW et ses éternels problèmes de freinage. La réponse des intéressés ? « Il ne fallait pas mettre un trop gros système de freinage pour limiter le poids ». Oui mais bon, il faut que ça freine quand même !

Bon, on peut quand même cocher la case « sportivité », en ajoutant une mention « plaisir » à côté, malgré le problème de freins. Mais pour l’écologie, au volant ça donne quoi ? Et bien en ayant essoré la voiture sur des petites routes ardennaises, une moyenne de 12,8l/100km paraitrait presque irréelle au vu des performances. Et pourtant si, c’est bien ce que nous avons relevé ! Alors oui, c’est 6 fois plus que le cycle d’homologation européen, mais les conditions sont très différentes. Et puis surtout on a pris énormément de plaisir au volant.

Et si…

…c’était juste une démonstration du savoir-faire BMW ? Et que la véritable voiture de sport du futur serait la descendante de l’i8 ? Pour nous ça sera avec un peu plus de train avant, deux places et surtout des gros freins. Pour le reste on prend comme elle est !