Quoi de mieux pour tester une Alfa Romeo 4C Spider que des routes de montagnes ? Certainement pas grand-chose ! Par contre, qui dit Alpes dit aussi loin de la Belgique. Des longs trajets en 4C ? On va voir ce que ça donne.

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Fabriquée dans les usines Maserati à Modène, c’est pourtant à Turin que nous prenons possession de « notre » Alfa Romeo 4C Spider. Destination finale de notre périple : Bruxelles. Au programme nous avons donc 1200km en deux jours, quelques cols alpins et surtout beaucoup d’heures de voyage dans une petite sportive pas spécialement reconnue pour son confort. L’aventure s’annonce comme un challenge sportif !

Le premier des challenges est de faire rentrer nos maigres bagages dans le coffre, ainsi que la capote repliée. Au prix d’une partie de Tetris tout est rentré. Enfin presque, puisque le passager est chargé de tenir les deux boitiers photo. On ne peut pas dire qu’on ait embarqué beaucoup d’affaires, mais pour voyager en Alfa Romeo 4C Spider il faut partir très léger, et oublier les valises. Les sacs souples sont vos meilleurs amis.

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Voiture et équipage sont à température, il est temps d’attaquer les choses séreuses : la SS26 qui monte au col du petit Saint Bernard pour entrer en France. On entame l’ascension par des lacets au revêtement parfait. La 4C est donc dans son élément et saute de virages en virages au rythme des claquements de son échappement sport et des « psscchiiiiiii » du turbo. Un réel plaisir, d’autant plus que la direction dépourvue d’assistance donne beaucoup d’informations en retour. Tant que le bitume s’apparente à un billard, on ne peut rien lui reprocher.

En revanche, une fois traversé la frontière, les routes sont moins neuves et secouent plus. Du coup on tient bien fort le petit volant, aux branches un peu trop grosses d’ailleurs. La direction retransmet tellement d’informations qu’elle n’oublie pas non plus de suivre toutes les aspérités de la route. On est bien heureux d’avoir la boite à double embrayage et ses palettes au volant, histoire d’y garder les deux mains. En mode automatique les passages de rapports sont en général assez doux, mais par contre la boite pèche par sa gestion électronique qui ne comprend pas toujours ce qu’on attend d’elle. Sur les petites routes on oublie vite le mode automatique au profit des palettes et du mode manuel. Ici aussi on peut lui reprocher sa gestion électronique, parfois lente à la détente après avoir tiré sur la palette pour changer de vitesse. Un tout petit temps d’acclimatation est nécessaire.

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À l’attaque dans les cols la mécanique ne faiblit jamais. Le couple du 1750 TBI est agréable. Et même si les sensations mécaniques ne sont pas son atout majeur, lorsqu’on passe 3.000tr/min et que le turbo pousse plus fort, le sourire va proportionnel. Mais l’ Alfa Romeo 4C Spider ce n’est pas seulement un moteur, avec son poids plume (comparé à la production actuelle), ses freins n’ont jamais montré de signes de faiblesse. Les étriers avant à 4 pistons signés Brembo font parfaitement leur boulot, tandis que les jantes se colorent de plus en plus de poussière de plaquettes de frein. Heureusement, car avec un train avant si léger il faut le charger pour ne pas sous-virer. Et oubliez le survirage, l’électronique reprendra la main très vite. On aurait aimé un côté plus bouillant sur ce point.

À vrai dire, là où la mécanique faiblit c’est derrière le volant. Le désavantage de la coque en carbone c’est que n’importe quel gravillon y résonne. D’autant qu’il y en a un autre qui se fait un malin plaisir de résonner, c’est l’échappement sport. Parfois on aimerait quand même bien lui dire de la mettre en sourdine. Les sièges « sport » sont correctement rembourrés, mais leur maintien latéral perfectible, et surtout l’absence totale de soutiens lombaire fatiguent.

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Petite pause à Bourg-Saint-Maurice pour se remplir l’estomac. En terrasse s’il vous plait, pour pourvoir admirer les lignes de notre top modèle du jour. Beaucoup de gens nous disent que de l’arrière elle ressemble à une mini-Ferrari. Ils n’ont pas tout à fait tort, et on ne va pas s’en plaindre. Surtout que depuis qu’elle se la joue topless, elle a aussi perdu les pustules qui lui servaient de phares. C’est peu, mais sa ligne en sort tellement épurées qu’on en dirait une voiture différente.

Avant de se remettre en route, on regarde ce que dit l’appétit du top-topless :12l en ayant bien attaqué sur le Col du petit Saint Bernard ? Correct ! Et son petit réservoir contient encore de quoi abreuver le fauve pour une grosse centaine de kilomètres. Cap au nord donc, puisque nous devons atteindre Dijon à la tombée du jour. Les paysages à couper le souffle de la route qui nous fait passer d’abord dans le fond d’une vallée, puis escalader la montagne en lacets avant d’en basculer de l’autre côté et de nous faire découvrir un magnifique lac turquoise, nous fait prendre du retard. Pas de soucis, on poussera un peu plus par la suite. Après tout, on est là pour ça.

Mais avant, il nous faut trouver une station service rapidement. Pas de GPS pour trouver la pompe la plus proche, allons-y à l’ancienne et faisons appel aux habitants pour nous guider. C’est l’occasion de mesurer la côte de popularité de l’ Alfa Romeo 4C Spider, si besoin en était. Sa bouille, sa robe rouge, son blason et le retour aux sources du trèfle qu’elle incarne ne lui attire que des sourires et des discussions passionnées. Gageons qu’il en sera de même avec la nouvelle Giulia.

 

alfa_romeo_4c_spiderQuelques cols plus tard, l’heure avançant nous sommes contraints de monter sur l’autoroute pour progresser plus rapidement vers le nord. Calvaire en vue ? On pourrait dire que l’ Alfa Romeo 4C Spider y est comme un poisson dans l’eau. À condition de préciser que le niveau d’eau baisserait dangereusement à cause d’une sécheresse. Le poisson a connu des jours meilleurs !

Nous aussi dans l’Alfa on a connus des jours meilleurs. Capote en place, les bruits du moteur et de l’échappement résonnent dans l’habitacle. Une 7èmevitesse ne serait pas de refus. Tout comme un régulateur un rien plus précis et intuitif. Qui dit fin de journée, dit aussi fatigue, et le manque de soutient lombaire commence à se faire cruellement sentir. Point positif : on avance, et la délivrance se rapproche. Bientôt nous serons mieux, dans le moelleux des divans de l’hôtel.

Le lendemain matin au réveil on refait le plein et on laisse la mécanique monter en température avant de se mettre de bonne humeur sur la D996 en sortie de Dijon. Par rapport à hier, le paysage est plus plat, plus agricole, la route moins tortueuse mais toujours sinueuse à souhait. On prend énormément de plaisir à lancer l’Alfa de virages en virages, mais la température monte. J’en vois déjà qui se disent « témoin moteur sur une italienne, rien de plus normal ». Et pourtant il n’en est rien, seulement les bras du conducteur qui s’enflamment à force de devoir tenir le petit volant qui a la bougeotte. Cette direction qui copie littéralement la route est certainement le point noir de l’Alfa 4C.

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Pour une fois on ne dira pas non à un passage par l’autoroute. Direction le circuit de Reims, ou du moins ce qu’il en reste. Après avoir croisé les derniers bestiaux de Sant’Agatha (Aventador SV) sur l’autoroute, c’est une concurrente plus directe que nous rencontrons à Reims. Enfin, concurrente est peut être un peu fort pour cette Elise de première génération. Déjà parce qu’elle a fort évoluée depuis, et ensuite parce que le prix est sensiblement différent. À oui, on oubliait presque de préciser que le tarif de la 4C Spider à fait un bon de 10.000€ par rapport au coupé. Gloups ! Sans doute son plus gros défaut, et le carbone n’explique pas tout. On pourrait ajouter à la liste des défauts le manque d’espace de rangement dans l’habitacle. Mais ce serait oublier la vocation de l’ Alfa Romeo 4C Spider : les sensations de pilotage et la passion. Et elle, elle ne l’oublie pas.

Et si … 
… le prix n’avait pas explosé en enlevant le toit, que la direction était plus reposante et que la mécanique impressionnait plus, il ne lui manquerait pas grand-chose pour rendre une copie parfaite.

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