Rien de neuf à priori, la Série 3 chez BMW a été produite à dix millions d’exemplaires sur sa carrière de 40 ans déjà. Sauf qu’il est inscrit BMW 330e sur la malle de coffre. Cette « 330 » a beau n’avoir que quatre cylindres (c’est tendance…), elle a une botte secrète : elle cache dans le double fond de son coffre des batteries pour un moteur électrique placé sous le capot.

Esthétiquement, rien ne change. Une série 3, même hybride, reste une Série 3 et doit pouvoir se fondre dans la masse. Les observateurs attentifs pourront tout de même repérer les badges « eDrive » sur les montants de toit, et le « e » accolé au « 330 ». Même topo à l’intérieur : quelques inscriptions « eDrive » en plus, mais aussi un bouton qui permet de gérer les modes d’utilisation de la puissance électrique.

Mis à part ce bouton au bas du sélecteur de vitesse, le cocon de la BMW 330e reste celui d’une Série 3 classique. L’ergonomie est toujours excellente, mais il ne faut pas lésiner sur les options pour que l’habitacle offre un sentiment de luxe. La 330e a beau bénéficier de quelques équipements de série supplémentaires, elle n’échappe pas aux traditions allemandes des listes d’options à rallonges. Heureusement le surcoût de l’hybridation n’est que de 610€ par rapport à une 330i de puissance équivalente.

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Car c’est bien là que la BMW 330e fait usage de sa botte secrète pour offrir des performances sportives équivalentes à la 330i, tout en abaissant la consommation. La puissance cumulée des deux blocs propulseurs de l’hybride s’élève à 252ch, soit exactement le même nombre que pour la 330i et son unique bloc essence. Avantage à la 330e en terme de couple avec 420Nm contre 350Nm. Le bloc thermique est directement repris de la 320i. Il s’agit donc d’un quatre cylindres en ligne, équipé de la technologie TwinPower Turbo. Ce dernier développe 184ch et 290Nm de couple. Il est aidé par un bloc électrique de 88ch et 250Nm, qui peut : soit fonctionner entièrement seul jusque 120km/h et pendant 40km selon le cycle NEDC, soit aider le moteur thermique à hauteur de 100Nm en permanence et plus en cas de forte sollicitation. La puissance des deux moteurs est uniquement transmise aux roues arrière. Ouf, c’est bien une vraie BMW !

Par rapport à la version essence, la BMW 330e accuse tout de même 165kg de plus, pour cause de moteur et de batteries. Elles empiètent d’ailleurs sur le coffre et le réservoir à raison de 110l pour le premier et 19l pour le second. Malgré cela, les performances restent proches puisqu’avec 6,1s pour s’envoler de 0 à 100km/h, l’hybride ne réclame que trois dixièmes de plus que la 330i. Et, la répartition des masses idéale pour le plaisir de conduite reste inchangée. Re-ouf !

Commençons raisonnablement par essayer la BMW 330e à allure normale dans la circulation urbaine. La douceur de la poussée électrique est, comme chaque fois, un régal. Surtout quand elle est suffisante que pour balader le véhicule quel que soit l’allure, pas comme sur la Mercedes C300h essayée l’été dernier. Les kilomètres défilent, et il serait temps de penser à regarder l’état de la batterie : 15%, il est temps d’essayer le mode « Save Battery » qui pourra recharger la batterie jusqu’à 50% de sa capacité. Petite astuce, en roulant en mode Sport, la recharge pourra monter à 80%. Mais jamais plus ! Pourquoi cette limitation ? Car la production d’énergie électrique par un moteur thermique offre un rendement moindre que par les sources qui alimentent notre réseau domestique. Une simple question de bon sens donc.

C’est dans ce mode que la BMW 330e se montre la plus agréable à conduire, du moins en conduite sportive. En mode Auto eDrive, les transitions entre électrique et thermique sont encore perfectibles. Lors des fortes accélérations, on sent l’électronique calculer une fraction de seconde avant de finalement se décider du rapport et de si oui ou non il faut réveiller le bloc thermique. En bref, on laissera ce mode aux trajets en ville, et on basculera tout en Sport pour partir sur les petites routes qui s’offrent devant nous.

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Manque de puissance ? Certainement pas, et ce ne sont pas les pneus arrière qui nous contrediront. On ne sent presque pas le surpoids, et la BMW 330e n’a aucun mal à s’arracher du bitume. L’équilibre est intacte, et le plaisir de l’emmener vite aussi. Et la consommation d’essence dans tout ça ? Si le cycle NEDC la donne pour 2,1l/100km, dans la pratique quand on roule sportivement, on oubliera bien vite ce chiffre. Le court essai s’est soldé par une moyenne très correcte de 5,7l/100km. Presque la moitié de ce que devrait consommer la 330i dans le même cas. En en comparaison, le même bloc thermique dans la 220i cabriolet, 35kg plus lourde qu’une 330i berline, nous avait donné une moyenne de 9,2l sur tout l’essai en conduite plutôt souple.

Et si…

… malgré qu’on ne sache pas encore de quelles énergies sera fait le futur de l’automobile, cette 330e était une alternative convaincante ?