Pour beaucoup d’entre nous, BMW est une marque de voitures de luxe. Mais force est de reconnaitre qu’il y a luxe et luxe. Ici, avec la BMW 730d, c’est un luxe d’une catégorie supérieure à la normale qui nous est offert. Et pour ceux qui en voudraient encore plus, la maison bavaroise a racheté la fine fleur du luxe anglais depuis une petite vingtaine d’années.

Avec 5,10m de long et 1,9m de large, la BMW 730d impressionne par ses proportions. Bien que, le passant lambda la confonde aisément avec une petite Série 3, tellement le dessin en est proche, si on fait abstraction des excédents de chrome. Ce n’est qu’en les mettant côte à côte que la vérité saute aux yeux : on a bien ici affaire au vaisseau amiral de Munich. Certes, en version « courte » et avec le plus petit des moteurs.

BMW_730d

Personne ne sera dérouté non plus à l’intérieur. L’habitacle reprend tous les ingrédients qui font la recette de BMW, mais s’exécute dans une finition grand luxe et y ajoute des éléments de confort et innovations qui la hissent au sommet de la gamme munichoise. Boiserie noble, cuir Nappa, moquette et Alcantara jusqu’au plafond. Le cocon est en regard avec le prix affiché. Pas un bouton ne vous fera sentir un plastique un peu cheap, comme on peut parfois trouver dans une 114d d’entrée de gamme par exemple. La seule touche similaire est celle qui permet de régler la vitesse du régulateur : minuscule.

Les sièges avant proposent le chauffage, la ventilation et différents programmes de massage. Tandis que les deux à l’arrière ne sont « que » chauffants. Deux sièges ? Mais attendez, il y en a trois d’après la fiche technique. Oui… On pourrait comparer les deux assises latérales à une première classe dans l’avion, bien que l’espace qu’elles offrent aux passagers ne soit pas exceptionnel, et l’assise centrale aux strapontins des hôtesses de l’air. Autrement dit, on dépliera une fois pour toute l’accoudoir central.

On y découvrira un écran, qui s’avère en fait être une tablette Android que l’on peut sortir de son emplacement. Presque banale, si elle ne permettait pas – à condition d’être connectée à la voiture – de contrôler la majorité des paramètres réglables depuis l’ordinateur de bord. Audio, navigation, ventilation, stores, … Mais aussi de surfer sur internet, et de faire tout ce qu’on peut faire avec une tablette normale. Il ne serait pas difficile de jouer des jours entiers avec toutes les technologies embarquées, à tel point qu’un autre essai de BMW Série 7 y sera consacré, mais voyons ce que vaut la limousine sur la route.

BMW_730dUne pression sur le bouton « Engine Start » en aluminium, et le 6 cylindre 3l turbo s’éveille. Dit comme ça on pourrait rêver d’un râle métallique, typique des six cylindres. Mais ça serait oublier l’insonorisation poussée de l’habitacle et le « d » dans le nom de l’engin. Le moteur est inaudible à faible charge. Ce qu’on n’oublie pas en revanche ce sont ses caractéristiques techniques : 265ch et 620Nm. Et quand on sait que la BMW 730d s’offre un châssis partiellement en carbone pour maintenir son poids à « seulement » 1830kg, et qu’en plus il offre les quatre roues directrices, On se dit qu’il y a de quoi faire.

Jamais on ne se sent à court de puissance, et les performances permettent de laisser sur place la majorité de la production automobile de nos jours, certes dans un grondement de mazoute. En ville, le confort de marche est à la hauteur des concurrentes. La boite automatique signée ZF n’est plus à présenter : elle croule sous les louanges. Si on se balade tout en douceur au volant de la BMW 730d, c’est en partie grâce à elle. À la suspension aussi, et à l’insonorisation de l’habitacle. On est un peu coupé du monde extérieur, d’ailleurs on aimerait quitter la place conducteur pour aller s’allonger derrière. Ou alors, quitter la ville.

BMW_730dBonne idée ! Sur l’autoroute, la tenue de cap est exemplaire et le confort toujours au top. Pas de doute possible, BMW a mis au point sa grande berline pour filer sur les Autobahns à des vitesses impensables ici. Et le tout dans un confort hors de portée du commun des mortels. Mais la concurrence aussi : Audi A8 et Mercedes Classe S ne sont pas en reste à ce niveau. Seulement voilà, BMW reste BMW, et si la « 7 » n’a pas le luxe et l’opulence d’une Classe S, il lui reste un sérieux atout à sortir alors qu’on quitte l’autoroute.

Avec un châssis partiellement en carbone et quatre roues directrices, vous devez certainement avoir une idée d’où on arrive en sortant de l’autoroute. Nos virolos habituels sont effectivement au rendez-vous. 130kg de moins qu’une Classe S, même à ce niveau ça se ressent. La BMW 730d ne rechigne pas à avaler des virages et s’y montre même presque amusante, compte tenu de sa masse bien entendu. Si en ville les quatre roues directrices épargnent des sueurs froides lors des manœuvres, ici elles donnent presque la banane. Et comme le moteur ne manque pas de reprises et que le freinage se montre suffisant, on peut progresser à des vitesses impressionnantes sur les petites routes ardennaises. La Série 7 reste une BMW, ouf ! Et on peut même déconnecter les aides électroniques, mais de là à mettre ce yacht en travers…

Si la BMW 730d constitue le principal des ventes, ce n’est pas pour rien. Les taxes sont passées par là, et une version « fiscale » a fait son apparition. Notre version propose la pleine puissance, ce qui n’est pas pour nous déplaire. La consommation aussi. Donnée pour 4,6l/100km, notre essai s’est soldé par une moyenne de 7,5l, mais il n’a pas été possible de descendre sous les 6,8l. Peut être en partie à cause des pneus neige. Émettons tout de même un regret au sujet du coffre : pas si grand que ça, ses formes sont compliquées.

Et si … 
… il fallait n’occuper qu’une seule place dans la voiture ? Euh … vous n’avez pas plus simple comme question ? Non, sérieusement : joker ! Et chapeau bas messieurs de Munich.