Quand BMW décide de mettre les doigts dans la prise, il ne fait pas les choses à moitié. Après avoir démarré par une grosse décharge de courant dans les i3 et i8, c’était au tour des voitures plus « normales » de se faire électrocuter. 330e et 225xe sont arrivées au printemps de cette année, la 740e vient tout juste de débarquer.

Dans cette histoire, la 225xe reprend un semblant de base mécanique de l’i8 : un moteur thermique trois cylindres essence 1,5l sur un essieu, et un groupe propulseur électrique sur l’autre. Sœurs jumelles ? Pas vraiment… Pour ne pas dire pas du tout. Déjà, on inverse l’architecture de l’i8. Dans la 225xe, l’essence entraine les roues avant et l’électricité les roues arrières. Ensuite, le moteur à essence est sacrément dégonflé : -95ch. Le groupe électrique aussi perds une petite cinquantaine de chevaux. Pas de matériaux composites, donc le poids est plus élevé que sur la sportive. Mais ici il n’est pas question de sport.

Au fait, la 225xe est une Active Tourer. Vous savez, cette BMW au moteur placé transversalement et non plus longitudinalement ? La première traction de l’hélice de Munich, qui plus est un petit mono-volume. Les inconditionnels du six-en-ligne, du long capot et de la propulsion ont risqué l’accident cardiaque à sa sortie. Pas grand-chose ici ne fleure bon le plaisir de conduite d’une BMW, mais pas de panique la batterie électrique de 7,7kWh n’aura de peine à alimenter un défibrillateur.

Même sur un petit monospace, la patte bavaroise se reconnait. Que ce soit dans le style, autant que dans la qualité de présentation. À bord la position de conduite haute est parfaitement ajustable, et les matériaux utilisés ne prêtent guère à sourire. Le plastique est utilisé à bon escient. L’ergonomie est à l’image du reste de la production BMW. En un mot : exemplaire. Le nouveau positionnement du moteur sous le capot avant n’est pas sans bénéfices sur l’habitabilité puisque la 225xe Active Tourer n’accuse que quelques centimètres de plus qu’une Série 1, mais son habitacle se montre beaucoup plus spacieux. La banquette arrière accueillera sans broncher deux adultes, mais au-delà du mètre nonante, ils auront la tête dans le plafond.

C’est qu’il fallait bien cacher les batteries quelque part. L’assise de la banquette arrière remonte de trois centimètres et le réservoir est amputé de 15 litres. Grâce à un dossier de la banquette plus fin, le volume de coffre ne diminuerait pas de trop, avec 400 litres contre 468 pour une Active Tourer normale. Tout le dispositif électrique alourdit la 225xe de 300kg par rapport à une 218i équipée du même ensemble moteur-boite. Mais comme sa puissance et ses performances se rapprochent de celles de la 225i Active Tourer (231ch) et qu’elle a quatre roues motrices, BMW l’a nommé 225xe. Il fut un temps ou un modèle « 25 » avait le double de cylindres.

Dès les premiers tours de roue, et comme avec chaque véhicule électrique ou hybride, c’est le silence et la douceur de fonctionnement qui ravissent. Aucun à-coup de transmission en ville, pas de diesel grondant et cliquetant, et moins besoin d’utiliser les freins à disques puisque le frein moteur du bloc électrique est plus puissant. En ville c’est un régal. Et les 2,1l/100km annoncés en moyenne sont tout à fait réalistes tant qu’on roule normalement. Mais les 41km d’autonomie électrique promis fondent comme neige au soleil, et il ne sera pas possible d’en effectuer plus de 29, jusqu’à 125km/h. Le tout pour 2h15 de recharge au minimum. C’est là que l’on s’aperçoit le travail effectué, et celui encore à fournir. Les stations de recharges sont légions dans le centre du pays, mais à la campagne ce n’est pas encore le cas. Et puis, rester 2h15 sur une aire d’autoroute pour recharger sa voiture, c’est un luxe que peu d’utilisateurs peuvent s’offrir.

Batterie pleine, en avant pour 150km d’une traite. Histoire de mettre à mal la 225xe. Côté consommation d’abord, puisque l’ordinateur de bord avoue 5,1l/100km en conduite éco. Ensuite c’est le petit tri-cylindre de 136ch qui trinque, une fois évaporé les 88ch et 165Nm électriques. 1735kg à tirer, il a déjà eu la vie plus facile. Il chante beaucoup mais la poussée n’a rien de fulgurant. Normal, on est dans une BMW avant tout destinée à la vie de famille plutôt qu’au plaisir de conduite.

Le comportement rappelle aussi le poids : c’est pataud dans les placements. Pourtant le mode Sport existe. Il raffermit la direction, et surtout fait fonctionner les deux blocs de concerts. Ah mais, la batterie est plate ? Pas de problème, au lieu des 165Nm de couple, ce ne seront que 150 qui viendront s’ajouter aux 220Nm du moteur thermique. Pratique dans les dépassements. Mais elle n’a toujours rien d’une sportive, comme le rappellent les sièges au maintien latéral loin d’être exemplaire.

Et si …
… on imagine cette 225xe comme une BMW à utiliser de tous les jours, et uniquement pour se déplacer, en la rechargeant tous les soirs ? Certainement une très bonne voiture, mais une BMW ?