Chez Mini, l’appellation John Cooper Works marque l’appartenance à la frange « hautes performances » du constructeur britannique. Et tous les modèles de la gamme y ont droit, même le Cabrio. Une version « Open » des plaisirs badgés JCW que nous avons testée dans les frimas du mois de décembre. Un joli jouet, performant certes, mais un jouet avant tout !

La Mini JCW Cabrio est ce qui se fait de mieux en termes de Mini découvrables, et donc de plus cher. Mais encore ? À  35.000€ de base, on gravite bien dans des tarifs premium. Et qui dit premium dit mesquineries sur l’équipement de série. Dans l’absolu l’essentiel est bien présent mais devoir mettre la main au portefeuille pour l’allumage automatique des phares et le détecteur de pluie, le rétroviseur intérieur anti-éblouissement ou le filet anti-remous, ça fait un peu tache. Notre exemplaire était doté de quelques options dont les packs Chili (jantes JCW 17‘’, tapis de sol en velours, pack rangement, Mini Excitement package et détecteur de pluie et allumage automatique des phares) et Wired (Système de navigation Professional, connexion Bluetooth et USB, Mini Connected XL) facturés respectivement 2820 et 2000€. Au final, la note s’élève à 43.790€ en ce compris les sièges chauffants et la caméra de recul. Mais dépasser les 50.000€ n’est pas utopique.

Ce joujou extra vous réclamera un budget raisonnable en carburant au vu des capacités du moteur si vous ne titillez pas trop l’accélérateur. Notre essai incluant autoroute, routes sinueuses et vallonnées et conduite urbaine, le tout saupoudré de quelques embouteillages, s’est soldé par une consommation moyenne de 8,4l. Sur autoroute vous pourrez envisager les 7l/100km. En conduite réellement sportive, la barre des 12l sera dépassée sans difficultés, mais le plaisir sera au rendez-vous.

Quand on achète une Mini, c’est souvent pour son look, tant dehors que dedans. Bardée de badges John Cooper Works, la carrosserie présente également des boucliers spécifiques plutôt agressifs. Si nous n’avons pas été séduits au premier regard – les gouts et les couleurs… – force est de constater qu’avec le temps, nous avons appris à l’apprécier et même à lui trouver un certain charisme. La JCW Cabrio ne laissera pas indifférent et c’est bien là ce qu’on lui demande.

Une fois installé à bord, le premier motif de satisfaction tient à la finition. Si l’on n’atteint pas encore des sommets, la présence de plastiques – plus ou moins – moussés sur la planche de bord, la console centrale et les panneaux de portières atteste des progrès de Mini en deux générations. Fini le plastoc en stock ! Pour autant, à ce tarif, on pourrait espérer encore mieux. Ici aussi les détails « JCW » apparaissent sur le volant, les sièges, de vrais baquets au maintien sans reproche et aisément réglables pour une position de conduite parfaite. Pour qui n’est pas rompu aux habitudes de la maison, s’habituer à l’ergonomie de la voiture ne pose aucun problème.

Si la Mini JCW Cabrio est bien fournie avec quatre sièges et autant de ceintures de sécurité, il ne faut pas se leurrer. Au mieux on parlera d’une 2+2 permettant d’emmener des enfants ou des personnes de petite taille à l’arrière, au pire – le plus souvent donc – la banquette fera office de coffre complémentaire. Un espace de rangement qui se révèle bien utile au vu de la contenance logiquement réduite du coffre. Une fois la capote fermée, atteindre un objet placé sur les sièges arrière ne sera pas une sinécure non plus.

Sous le capot se trouve LE facteur smile de cette JCW Cabrio : son moteur ! On retrouve ici le 4 en ligne turbo 2l d’origine BMW fort de 231ch et – surtout – d’un couple de 320Nm disponible dès 1250tr/min. Excusez du peu ! Et cette dernière valeur détermine toute l’ambivalence de ce bolide. Associé à une boite manuelle à 6 vitesses dont les trois premiers rapports sont plutôt courts, il permet à la Mini décapsulée de faire sauter le bouchon que l’on roule au pas ou que l’on allonge la foulée allègrement. Reprendre en sixième à 60km/h, alors que le moteur tourne à moins de 1500tr/min, ne pose aucun souci. Certes, pas de dos plaqué au siège, mais la relance est suffisante pour s’intégrer au trafic sans soucis. Les montées en régime sont très linéaires et vigoureuses, sans jamais s’essouffler.

Performant à la demande, relativement sobre au quotidien, le moteur de la Mini JCW Cabrio peut compter sur une boite au levier bien positionné, agrémenté de débattements courts et fermes qui n’entravent nullement les passages à la volée en conduite sportive. Enfin, pour fluidifier la conduite autant que pour épater la galerie, un double débrayage automatique équipe la petite sportive, permettant de profiter de la sonorité ronflante et somme toute très agréable de l’échappement.

Prenez un cabriolet à la bouille sympa, avec un moteur plein à tous les étages et un beau soleil et vous obtenez la recette idéale pour une balade sur les routes de nos beaux cantons de l’Est même avec un thermomètre oscillant entre 1,5 et 9°C. Problème effacé d’une pichenette sur le bouton de réglage des sièges chauffants. Associé à une climatisation bi-zone efficace, cet artifice autorise la conduite à ciel ouvert pour autant qu’il fasse sec. Testé et approuvé ! Nous avons même poussé le bouchon jusqu’à croiser à 130km/h sans filet anti-remous ni bonnet sur l’autoroute. Pas de quoi givrer un esquimau.

Par contre, oubliez l’idée de profiter du gadget qui consiste à n’ouvrir que l’avant du toit, à la manière d’un toit ouvrant classique, si les températures ne sont pas estivales. Les remous – glacés – qui viendront vous frapper le front rendront rapidement cette option désagréable. Mais nul doute que par météo plus clémente cette possibilité sera appréciée.

Cela dit, la balade c’est bien, mais une Mini estampillée John Cooper Works se doit d’être digne de l’image sportive liée à ce label. Et c’est là que ça se gâte un peu. Mini se plait à rappeler l’esprit « karting » hérité du modèle originel et l’on est donc en droit d’en attendre la quintessence dans le chef de notre JCW Cabrio. Mission à moitié remplie. Si les performances sont détonantes, le châssis et la motricité n’ont pas toujours répondu aux attentes. La John Cooper Works profite de réglages de suspensions spécifiques, caractérisées par un confort ferme mais jamais cassant, seuls les joints de surface et autres déformations sèches se répercutent dans les fesses sans pour autant vous briser les vertèbres. En contrepartie, la tenue de la caisse dans les grandes courbes et virages moyens est excellente – une fois le petit déhanché lié aux pneus hiver assimilé – et permet de profiter au mieux de l’allonge du moteur. Revers de la médaille, la suspension semble un peu figée à basse vitesse et tend à se désunir sur nos routes wallonnes généralement mal pavées.

Trains roulants figés et pneus hiver d’un côté, couple camionesque de l’autre, le mariage ne pouvait pas fonctionner. En accélération pure, le train avant est rapidement débordé par l’allant du moteur, au point de patiner jusqu’en troisième. Pas idéal pour tenter un 0 à 100 ou ressortir comme une balle d’une épingle. En conduite sportive, les petites routes des abords du circuit de Spa-Francorchamps seront source de frustration, la motricité et la rigidité manquant. Seule parade, sacrifier un peu de peps en sortie de virage en restant en troisième et enrouler la courbe avant de pousser sur le champignon. On profite alors d’un comportement enjoué et vif, rythmé par les grondements et jappements de l’échappement. On retrouve enfin le comportement de gros kart si typique de la marque et le sourire vous barre à nouveau le visage au fur et à mesure que l’horizon s’ouvre à vous. Du moins sur le billard de la piste du karting de Francorchamps.

Il serait intéressant de reprendre la bête en main en été avec des pneumatiques plus en adéquation avec la cavalerie disponible. Car profiter des vocalises et de la poussée de ce 2l turbo est une source de plaisir inépuisable… sauf à régime stabilisé sous 2500tr/min, il impose alors un bourdonnement désagréable. Peut-être ce défaut est-il corrigé avec l’échappement actif optionnel.

Et si…

La JCW Cabrio n’est pas la plus réussie des Mini badgées John Cooper Works, ni la plus légitime, mais elle vaut le détour. Elle vous laisse le choix entre balade sur un filet de gaz, les cheveux au vent et le sourire pepsodent ou chevauchée endiablée, le pied au plancher et les dents dans le volant. Dans un cas comme dans l’autre, le plaisir sort gagnant, largement.

Photos : Quentin Hendrick

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