Toute nouvelle compétition belge, la C1 Racing Cup a pour maître-mot l'accessibilité, aussi bien pour l'équipe qui achète et prépare la voiture, que pour les pilotes. Utilisant des C1 de série équipées d'un kit compétition, l'objectif premier est de combiner une voiture fun à conduire avec un prix réduit au maximum.

Il y a quelques jours, nous publiions l’essai de la 2CV Racing Cup (à retrouver ici). Formule la plus accessible du sport automobile belge jusqu’alors, le plaisir pris au volant de cette « deuch' » de course était surprenant. Cependant, dès lors que la 2CV est engagée dans la catégorie reine, dite « Hybride », les coûts ont malgré tout tendance à s’envoler. C’est suite à cette constatation que les dirigeants du 2CV Racing Teams ont décidé d’aller encore plus loin dans le concept de sport auto accessible en donnant naissance à la C1 Racing Cup.

© Xavier Maes

Ce sont nos amis anglais, en débarquant lors des 24H 2CV avec des Citroën C1 de course, qui ont donné l’idée. Robert Van Gysegem, avec les autres responsables de l’ASBL C1 Racing Teams, a ensuite défini le « kit C1 Racing Cup » qui équipera les petites voitures françaises: le moteur de 998cm³ se voit libéré par une ligne d’échappement en inox, une admission d’air de course, une reprogrammation du boîtier électronique qui est ensuite « plombé », alors que le comportement est amélioré grâce à des suspensions réglables, des disques de frein ventilés et perforés, des plaquettes et patins de course, une barre anti-rapprochement et des pneus semi-course. En plus des équipements de sécurité aux normes FIA, l’intérieur se voit également « coursifié »: en plus d’être totalement vidé du poids inutile, il reçoit un baquet, un volant de course et un harnais 6 points.

Ce kit permet à la cacahuète de 800kg d’atteindre les 80 chevaux, le tout dans une sécurité maximale et à un prix réduit au minimum. En plus de l’achat de la voiture, qui se trouve pour peu de choses sur le marché de l’occasion, le kit complet est proposé au tarif de 6500€ (HTVA), ce qui est imbattable en Belgique. De plus, contrairement à une 2CV, qui demande une attention continue avant et après la course, la française ne nécessitera qu’un entretien réduit entre deux manches.

Évidemment, 80 chevaux est un chiffre qui fait sourire pour une voiture de course. Mais je fus, au même titre que tous ceux qui l’ont essayée, surpris du fun que cette petite C1 peut distiller, même sur le circuit de Spa-Francorchamps où les grandes lignes droites en montée mettent en avant les déficits de puissance. La voiture que j’ai pilotée une heure durant à l’occasion du Trophée des Fagnes est la première entièrement équipée du kit, appartenant au Team Beaufort, l’équipe de Van Gysegem.

Le première grosse différence avec une 2CV, qui se remarque avant même de s’élancer sur la piste, est l’impression de confort: la petite citadine a une position de conduite tout à fait conventionnelle. Le siège n’est pas à la même hauteur que les pédales mais logiquement plus haut, ce qui donne une position assise conventionnelle contrairement à l’ancêtre, le volant est proche du corps ce qui permet de conduire bras fléchis et non tendus comme dans la « deuch' », et surtout, la boite de vitesses a un débattement beaucoup plus court, la grille est correctement orientée et les vitesses se passent sans devoir les chercher. Elle garde en sus la direction assistée, et la seconde voiture du Team Beaufort se paie même le luxe d’avoir gardé les vitres électriques et le chauffage!

Sur la piste au contraire, le comportement est beaucoup plus similaire, avec un moteur poussif, un train avant soudé et un arrière très mobile. Les trois choses qui différencient la C1 de son ancêtre « hybride » sont la boite typée très longue, qui pénalise fortement les reprises, l’empattement beaucoup plus court, qui la rend plus vive dans ses réactions, et les pneus semi-racing, beaucoup plus adhérents que les gommes standards des 2CV. Il faut donc faire attention qu’à froid les pneus arrières décrochent assez brusquement. Et comme la voiture est courte, un contre-braquage trop tardif ou pas assez grand ne permettra pas de rattraper la petite Citroën. Je l’apprendrai à mes dépends sous la pluie lors du départ, qui a provoqué de nombreuses pirouettes parmi les concurrents.

© FD Racing Photography

Bien sûr, les suspensions réglables permettent de modifier le comportement, et de la rendre beaucoup plus stable, voire sous-vireuse selon les volontés des pilotes. La seconde voiture était ainsi impossible à faire décrocher, seul l’avant tirait tout droit en cas de freinage trop optimiste. Cela permet donc aux apprentis-pilotes de se faire la main: les faibles vitesses atteintes limitent les risques en cas d’accident – bien qu’une C1 anglaise ait réussi à finir sur le toit dans le double gauche -, et le comportement ajustable apprend à régler, certes sommairement, la voiture.

Une dernière qualité est la faible consommation de l’auto associé à un réservoir de taille correcte. Nous avons largement tenu les 2 heures avec un seul plein, et il serait même envisageable de tenir jusqu’à 3 heures. Sur une course de 24 heures, cela pourrait être un atout non négligeable, permettant d’éviter quelques passages à la pompe coûteux en temps.

Daniel Grimberieux

Si pour cette première année les courses de la C1 Racing Cup font cause commune avec les 2CV, avec en point d’orgue les 24 heures se déroulant mi-octobre, l’objectif est à terme d’en faire un championnat indépendant avec ses propres courses. L’enthousiasme unanime de toutes les personnes qui l’ont essayée permet d’espérer un grand nombre d’engagés dès les prochaines courses et l’année 2 de la compétition. Sur un circuit plus adapté à son petit moteur, avec plus d’une dizaine de petites C1 enragées et toutes identiques, cela promet énormément de plaisir, le tout à un prix plus que raisonnable…

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