Considérée comme la supercar la plus abordable par beaucoup, la nouvelle Nissan GT-R tente désormais de s’afficher également comme une voiture utilisable au quotidien. Une meilleure finition et un confort amélioré en attestent. C’est parti pour le récit d’un week-end en compagnie de “Godzilla”.

Lorsque l’on pense à la Nissan GT-R, c’est avant tout pour ses performances hors du commun, reconnues depuis plus de dix ans. En effet, avec son V6 bi-turbo développant dorénavant quelques 570 chevaux répartis sur les quatre roues, la GT-R se veut ultra efficace et “facile” à prendre en main. Les nombreux avis de pilotes le confirment, il s’agit d’une voiture radicale capable de laisser sur place la plupart de ses concurrentes, le tout avec une facilité de prise en main déconcertante. Avec un 0 à 100 km/h abattu en à peine 2,8 secondes, il vous faudra en effet vous diriger vers les Porsche 911 Turbo S, Ferrari 488 GTB et autres pour tenter de rivaliser avec la japonaise en terme de performance pure. Pas si mal compte tenu d’un prix divisé par deux, voire presque par trois par rapport aux deux autres sportives citées plus haut.

Maintenant, la perf ne fait pas tout et Nissan l’a bien compris. Afin de rendre sa sportive plus polyvalente, le constructeur nippon a relevé d’un cran la finition intérieure. Bien qu’appréciée, elle reste cependant rudimentaire sur certains aspects, notamment au niveau des plastiques et des cuirs de la planche de bord. A l’extérieur, il vous faudra avoir un oeil exercé pour la différencier de la R35 phase 1. Néanmoins, sur le papier, les changements sont bien présents ! On remarquera principalement des pare-chocs avant/arrière revisités ainsi qu’une nouvelle signature lumineuse pour les phares. En revenant à son bord, ce qui est finalement le plus dépaysant, c’est la disparition d’une grosse partie des boutons qui étaient disséminés un peu partout dans l’habitacle. La plupart des fonctions sont en effet dorénavant pilotables depuis l’écran du système multimédia.

Pour les autres nouveautés, plus subtiles, mais qui contribuent pourtant à l’amélioration de ses prestations; on notera une meilleure rigidification de la carrosserie, une boîte de vitesses automatique à double embrayage retravaillée et l’apparition de quelques éléments aérodynamiques ayant pour but d’amoindrir les turbulences à grande vitesse, puisque rappelons le, la GT-R dépasse, de série, les 300 Km/h !

Nissan confie l’assemblage de ses moteurs à cinq artisans mécaniciens, appelés Takumi. Ils sont en effet entièrement alloués à l’assemblage de blocs moteurs pour la GT-R. Une marque de fabrique qu’il est important de souligner !

Maintenant que les présentations sont faites, il est temps de partir faire un petit tour avec la bête. Fièrement garée devant les locaux de Nissan Belgique, “notre” GT-R du week-end ne joue pas la carte de la discrétion avec sa couleur orange. Mais bon, on ne roule pas en GT-R pour passer inaperçu, pas vrai ? On attrape la poignée soigneusement intégrée dans la carrosserie et on s’installe facilement à son bord. Contrairement à certains coupés, la visibilité est ici très bonne. Les sièges en cuir proposés dans cette version surprennent directement de par leur confort et le maintien qu’ils offrent. Une fois les réglages faits, on démarre la bête. A l’allumage, le son du V6 3.8l nous laisse quelque peu perplexe, car presque inaudible. Il faudra en effet attendre de se lancer sur l’autoroute et de pouvoir monter dans les tours afin d’entendre ses vocalises, tout de suite plus impressionnantes ! En dehors de quelques bruits de roulements perceptibles à basse vitesse, dans les embouteillages par exemple, la GT-R bénéficie d’une insonorisation correcte, malgré les roues de grande taille. Les longs déplacements sont donc facilement envisageables, sans pour autant devoir se munir boules quies.

La boîte automatique à six rapports complètement repensée se montre au même titre que la voiture, très efficace. Les rapports se passent quasi instantanément et elle s’adapte généralement bien à tous les styles de conduite. Il reste bien entendu possible de la passer en manuel pour exploiter les palettes au volant ou le levier.

Il ne nous aura pas fallu longtemps pour tester ce qui fait sa réputation : son accélération. Avec un 0 à 100 km/h assuré en à peine 2,8 secondes, la GT-R procure des sensations n’étant à la base accessibles qu’à des véhicules bien plus onéreux. En activant le mode sport, le coupé autorise même quelques “petites” dérives de son train arrière, sans pour autant entraver outre mesure son comportement plutôt axé efficacité. Sa transmission intégrale va en effet dévier en permanence la puissance sur les roues arrière, et se chargera de renvoyer du couple sur l’essieu avant en cas de perte d’adhérence.

Il est temps de quitter l’autoroute et de s’enfoncer dans les petites routes wallonnes, histoire de tester le bolide. Avec un poids porté à un peu moins d’1,8 tonne, on peut dire que la GT-R ne joue pas dans la catégorie poids plume; toutefois, grâce aux quelques améliorations apportées au châssis par rapport à sa devancière, nous sommes positivement surpris par son agilité en courbe et par son équilibre, même à haute vitesse. Le V6 3,8l ne manque pas de puissance et se montre plus que généreux dans toutes les plages de régime. Notre seul petit regret : la pédale de frein, trop molle à notre goût. On regrette au même titre l’absence de freins carbone/céramique au catalogue des options, qui auraient pu se montrer très appréciés par les propriétaires ne souhaitant utiliser cette voiture que sur piste, ou du moins pour des sorties à rythme soutenu.

Et si…

Cette GT-R ne se trouve pas sur notre podium des sportives pour ce qui est du plaisir pris derrière son volant ou encore sur le plan technologique, elle a le mérite de nous rappeler une philosophie plus “old school”, qui est bien loin de nous déplaire – le tout à un budget moindre face à ses concurrentes.