L’an dernier, nous avions la chance de pouvoir découvrir, le temps d’un week-end, la tueuse de supercars, nommée Nissan GT-R. Cet été, nous renouvelons l’expérience, mais avec une version un peu plus… radicale.

Les Nissan GT-R ne courant déjà pas les rues, imaginez notre tête, à la rédaction, quand Nissan nous a proposé de passer deux journées à bord d’une version encore plus rare…

Lancée il y a maintenant plus de onze années, la Nissan GT-R R35 a été maintenue au goût du jour jusqu’en 2016, où elle a reçu son ultime facelift. Et on peut le dire, si les années passent, le look de cette GT-R reste indémodable, et traverse les années sans prendre la moindre ride.

Nous attendant fièrement sur le parking de l’importateur, avec juste un bout d’aileron visible depuis la chaussée, le dernier feu rouge nous a semblé interminable. Nous nous garons et nous empressons d’échanger les clés de la Leaf (lire notre essai ici) contre celles de “la bête”. On peut dire que ce jour là, le choc a été violent. Passer d’une compacte 100% électrique et écologique à une supercar de 600 chevaux avalant son plein d’essence en seulement 250 kilomètres, on peut dire que c’est assez inhabituel.

Si le look et le caractère de la voiture change drastiquement par rapport à la Leaf, nous retrouvons toutefois le même système multimédia, ainsi que quelques détails, mais passons. Nous profitons de notre petite pause de route, après plus de deux heures de conduite, pour faire le tour du propriétaire. Concrètement, la GT-R Nismo se distingue d’une version “standard” par son énorme aileron arrière, ainsi que par la présence de fibre de carbone sur toute sa partie inférieure. Des jantes estampillés Nismo viennent également renforcer son caractère ultra-sportif.

A son bord, l’ambiance est du même acabit. Fibre de carbone, alcantara sur le ciel de toit et le volant, ainsi que de magnifiques sièges baquets rouges, rappelant les liserets rouges présents à l’extérieur. En dehors de ces détails, la qualité de finition est équivalente à celle d’une autre GT-R. Mieux finie que la phase précédente, certains plastiques de médiocre qualité persistent, mais bon, la GT-R met d’autres arguments en avant pour séduire.

La présentation étant faite, il ne reste plus qu’à appuyer sur le bouton rouge. Connaissant désormais Godzilla, nous ne nous attendions pas à une sonorité grandiose au démarrage. Le V6, confié à la division Nismo, grimpe de 30 chevaux, pour un total de 600 équidés. Le 0 à 100 km/h, en procédure de launch control, peut-être abattu en quelques 2,7 secondes… Pour rappel, la nouvelle Porsche 911 GT2 RS devra se contenter d’un “petit” 2,8 secondes au même exercice.

Nous quittons maintenant les locaux de l’importateur Nissan pour nous lancer sur l’autoroute. L’occasion de tenter une première accélération. La sonorité, peu envoûtante à l’arrêt, devient tout de suite plus impressionnante passé les 4000 tours/minute. Nous repassons en mode “confort” pour le reste du trajet. A l’instar de la version standard, il est tout à fait possible de rouler tous les jours dans cette GT-R Nismo. Il faudra toutefois s’accommoder d’un amortissement extrêmement dur, couplé à des sièges l’étant également.

En utilisant le mode automatique, les accélérations sont franches, mais pas à couper le souffle. Il faudra enclencher le mode sport et la boîte manuelle pour se rendre compte du potentiel incroyable de la nipponne. Malgré son poids, 1675kg, le V6 envoie sur tous les régimes. Une sensation presque indescriptible, tant elle est peu courante, même sur des véhicules plus puissants. Comme d’habitude sur la GT-R, la transmission intégrale veille au grain à la tenue de route, tout en conservant un léger tempérament propulsif, qui est loin de nous déplaire. Sur routes sinueuses, son poids est presque oublié, tant le châssis colle à la route. Les accélérations trop franches en sortie de virage sont pardonnées grâce à la transmission. Néanmoins, piloter un tel bolide, sur route ouverte, demandera à son conducteur de garder la tête sur les épaules.

Si la GT-R Nismo est peu courante sur nos routes, son tarif y est peut-être pour quelque chose. Là où une GT-R classique est facturée aux alentours des 100.000 euros, il faudra débourser quelques 184.900 €. A ce tarif, certains acheteurs préfèreront se tourner vers l’entrée de gamme et opter pour des préparations encore plus lourdes (parfois plus de 1000 chevaux) chez des experts indépendants. 

Et si…

Nous avons un peu de mal à envisager l’achat d’une GT-R Nismo pour un usage quotidien ou même occasionnel, nous serions curieux de la mettre sur un circuit avec des concurrentes vendues le double ou le triple de son prix…