Au vu du succès rencontré depuis plusieurs années par les BMW X6 et Mercedes GLE, on se demande comment Porsche n’a pas songé plus tôt à se lancer sur le segment. C’est désormais chose faite, avec le Cayenne Coupé.

Depuis quelques années, le SUV grappille des parts de marché conséquentes sur la plupart des segments. Le haut de gamme n’y échappe pas, et se spécialise même dans la vente de SUV “Coupés”, tentant d’allier la praticité d’un véhicule utilitaire à la sportivité d’une berline. Toutefois, cette formule s’avère être complexe à mettre en place, surtout avec une poignée de modèles disponibles sur le segment. Le Cayenne Coupé sera donc-t-il à la hauteur de ses cousins ?

Il aura fallu attendre trois générations de Cayenne pour voir une variante Coupé pointer le bout de son nez. Porsche a d’ailleurs misé beaucoup sur cette nouvelle déclinaison, qui devrait, selon les prévisions, rapidement atteindre le cap de la moitié des Cayenne écoulés à l’international.

Reposant naturellement sur la même base que le Cayenne classique, le SUV haut de gamme fait la part belle aux technologies de pointe, tout en conservant un design collant à la perfection avec les codes des mythiques coupés 911. Tout en se montrant moins imposant (d’apparence) que le Cayenne classique, il se montre plus “racé” et nettement plus dynamique. Pour le différencier, Porsche a développé plusieurs pièces sur mesure. Nous notons l’apparition d’une ligne de toit plus abrupte et surplombée par un spoiler. Le pare-brise, ainsi que le montant A sont également plus inclinés et le bord de toit a été réduit d’une vingtaine de millimètres. Un élargissement des ailes arrière de 18 millimètres a également été opéré. Enfin, l’emplacement de la plaque d’immatriculation a été changé, et est situé désormais dans le pare-chocs, afin de lui donner un air moins “haut sur patte”.

Niveau dimensions, le Cayenne Coupé gagne deux centimètres en longueur et les perd en hauteur. Sans surprise, la ligne coupée fait perdre quelques points d’habitabilité au niveau des places arrière et du coffre. Ce dernier passe en effet de 770 litres à 625 litres. A l’arrière, si la garde au toit est légèrement plus faible, les longs déplacements restent faisables dans un confort quasi royal pour votre serviteur, du mètre quatre-vingt. Porsche a en effet descendu de quelques centimètres l’assise des sièges pour compenser la chute du toit.

A l’avant, pas de réel changement à constater, en dehors de la sensation d’être dans un véhicule plus “compact” que dans le Cayenne. Il ne s’agit cependant que d’une impression. En dehors de cela, le niveau de finition correspond sans surprise aux standards de la marque. La qualité d’assemblage et les matériaux respirent la qualité. La nouvelle console centrale, ornée de sélecteurs tactiles, remplaçant les boutons, est très simple d’utilisation, mais nous semble malgré tout un poil trop distrayante lors d’une utilisation en cours de route. La section multimédia est gérée par un grand écran tactile de 12,3 pouces. Le conducteur peut également déporter certaines informations, telles que l’ordinateur de bord ou la navigation dans son cockpit semi virtuel. Ce dernier fait d’ailleurs un joli mix entre le numérique et l’analogique, conservé pour le compte tour, entre autres. Un affichage tête haute est aussi proposé pour permettre de garder les yeux sur la route en tout temps.

A l’heure actuelle, Porsche décline son SUV coupé en cinq motorisations distinctes. La gamme débute avec un V6 3.0l délivrant 340 chevaux. Vient ensuite la variante S, quant à elle mue par le V6 2,9l qui équipe une certaine Audi RS 4. Il développe pour sa part 440 chevaux et dispose d’un couple plus conséquent, obtenu grâce à l’installation d’un second turbo. En haut de la gamme 100% thermique trône le Cayenne Turbo. Il reçoit le V8 4.0l VAG, délivrant 550 équidés. Viennent ensuite les versions hybrides. Le modèle le plus vendu sera le Cayenne E-Hybrid, avec sa puissance cumulée de 462 chevaux. La version ultime visera la performance, avec une cavalerie poussée à 680 unités, lui permettant d’abattre le 0 à 100 km/h en seulement 3,8 secondes.

Pour cet essai, nous allons nous attarder sur la motorisation d’entrée de gamme, qui nous est proposée avec une configuration plutôt sympathique. Affiché sous sa robe “Orange Fusion”, notre modèle d’essai embarque un bel échantillon des options proposées par Porsche. Nous y retrouvons par exemple le Pack Sport, la suspension pneumatique, l’essieu arrière directionnel, l’échappement sport, …

Les présentations étant faites, nous tournons la clé et nous mettons en route pour rejoindre les bureaux de la rédaction. Dans la circulation bruxelloise, la conduite de ce beau bébé requiert une certaine concentration. Loin de jouer dans la catégorie poids plume, il faut en effet jouer du regard constamment pour éviter les bordures (surtout avec les jolies jantes de 22 pouces de diamètre), tout en se frayant un chemin dans des passages étroits. Il faut de plus composer avec une visibilité légèrement diminuée, en raison de l’abattement du toit à l’arrière. En quittant la métropole et en rejoignant l’autoroute, le Cayenne se montre directement plus à l’aise, et dans son élément. A 120 km/h, le V6 somnole et ne laisse transparaître le moindre son, le tout avec un régime moteur inférieur à 2000 tours/minute. La boîte Tiptronic à huit rapports se montre merveilleuse et parfaitement étagée, tout en ayant une faculté incroyable de reconversion en cas de sollicitation brutale du pied droit. Au bout d’une bonne heure de route, nous arrivons dans notre patelin avec une consommation avoisinant les 10 litres au 100 kilomètres… soit à peine plus que lors de notre retour avec le Macan 2.0l ! Plutôt pas mal compte tenu de la taille de l’engin et du peu d’avantages jouant en sa faveur à ce niveau.

Avec une météo typiquement automnale , et une durée d’essai de 24 heures, il est assez difficile de pouvoir dresser un bilan complet du SUV en terme d’efficacité. Néanmoins, du peu que nous avons pu en voir, le Cayenne Coupé bénéficie, comme toutes les autres Porsche, d’un châssis taillé à la perfection par les ingénieurs. Grâce à la suspension pneumatique à hauteur variable, au système d’anti-roulis actif et à l’essieu arrière directionnel, Porsche nous propose l’arme fatale contre les BMW X6 et Mercedes GLE, tout en conservant une polyvalence propre aux fondamentaux de la marque.

Sur routes sinueuses, le Cayenne Coupé impressionne avec une direction ultra précise et un train avant collé à la route. On en oublierait ses presque 2,2 tonnes sur la balance ! L’arrière, qui reçoit nativement plus de puissance que l’essieu avant, suit le rythme en permanence, et offre au SUV un tempérament propulsif, fortement apprécié. En voyant les performances du modèle de série, nous n’osons à peine imaginer celles des versions supérieures. Bien sur, malgré les assistances mises en place, il serait faux d’assimiler le plaisir pris à son volant en comparaison à celui d’une 911 ou encore d’un Cayman. Mais compte tenu de son gabarit, ses prestations sont tout à fait honorables, sur tous les fronts.

Pour s’offrir le SUV coupé du moment, il faudra néanmoins faire chauffer la carte de crédit. Proposé à partir de 87.000€ dans nos contrées, il sera nécessaire de passer à la caisse pour profiter de certaines options élémentaires et de quelques gadgets de personnalisation, bien connus des habitués de la marque. Notre modèle d’essai affiche donc une note finale de 134.890 €.

Et si…

Il n’avait fallu à Porsche qu’un seul essai pour venir voler la vedette aux stars du segment que sont les BMW X6 et Mercedes GLE, qui ne peuvent désormais plus que se défendre par un argument tarifaire avantageux ?