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Essai : Jeep Gladiator

Près de trente années après l’abandon du Comanche, Jeep a décidé de re-proposer un pickup dans sa gamme. Cette fois-ci, il ne repose plus sur une base de Cherokee, mais sur celle d’un Wrangler. De quoi en faire un futur collector ?

Pour la première fois de son histoire, Jeep a décidé d’importer de manière officielle un pick-up en Europe. Baptisé très sobrement Gladiator,  il n’a pas traversé l’Atlantique pour venir figurer. 

Conçu autour du Wrangler JL, ce Gladiator ne fait pas dans la dentelle avec des dimensions peu conventionnelles pour le marché européen : 5,59 mètres de long pour un empattement de 3,45 mètres. De quoi faire passer les pick-up “européanisés” pour de petites pièces. Malgré ses mensurations impressionnantes, force est de constater que la benne ne se montre pas spécialement plus volumineuse que chez la concurrence et que l’espace disponible à bord vient se placer dans la moyenne. Concrètement, on n’y manque pas de place, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, mais le tout manque cruellement d’espaces de rangements. En dehors des filets dans les portières et d’une petite zone de rangement placée sur le tableau de bord, n’espérez pas déposer plus que votre portefeuille et votre smartphone.

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En dehors de ce point noir finalement peu dramatique, l’intérieur déjà bien connu du Wrangler se retrouve au détail près. Sur cette dernière mouture, la finition globale est plutôt bonne. Malgré son look old school, le Gladiator embarque toutes les dernières technologies de la marque en terme d’info-divertissement. Cela se traduit par l’installation d’un grand écran tactile dans la console, pouvant être couplé à Apple CarPlay et Android Auto. Tout spécialement pour le modèle, une application off-road permet d’obtenir des informations en temps réel pour les amateurs. La page affiche notamment l’inclinaison latérale de la voiture, une boussole, un accès rapide aux caméras (équipées au passage d’un système de lavage automatique) et à la température des différents fluides et organes vitaux du pick-up.

En Europe, point de V6 essence, mais bien un V6 diesel emprunté au Grand Cherokee. Fort d’une cylindrée de trois litres et assisté de deux turbocompresseurs, il affiche une sympathique puissance de 264 chevaux pour un couple de 600 Nm, le tout étant géré par une boîte automatique à huit rapports fournie par l’équipementier ZF. 

A côté du levier de transmission, on retrouve le système Selec-Trac, permettant de basculer en 4X4, en propulsion (mode standard) ou en mode automatique, qui se chargera de passer automatiquement en quatre roues motrices selon le niveau d’adhérence de la surface sur laquelle le Gladiator se trouve. Un système de rapports courts a bien entendu été mis en place pour les terrains les plus délicats. 

Sur route, le Gladiator impressionne par le niveau de confort qu’il fournit. Évoluant tout en souplesse, il offre un toucher de route remarquable au vu de ses mensurations. Après s’être habitué à la direction peu directe, on découvre un train avant très sain sur le sec. Sur revêtement humide, il conviendra de bien enrouler les virages afin d’éviter les transferts de masses (en ronds points par exemple), qui déclencheront des glissades, poids oblige. Le moteur offre quant à lui plus de puissance que nécessaire. Les accélérations sont franches et la boîte ZF gère avec brio le passage des rapports, sans le moindre à-coup. Au bout de notre semaine d’essai, la consommation du bestiau s’est figée à 9 litres aux 100 kilomètres. Une moyenne très correcte au vu de son profil aérodynamique semblable à celui d’une brique. 

En s’écartant des routes au profit de chemins accidentés, on retrouve les qualités de franchissement du Wrangler. Certes, les angles d’attaque et de fuite sont revus à la baisse, mais dans l’ensemble, le Gladiator n’a pas volé sa certification “Trail Rated” de Jeep, reçue à la suite de nombreux tests sur la piste d’essai de la marque, située dans le désert de Moab, aux USA. Avec la monte de pneus fournie d’origine (Bridgestone Dueler H/T) et la météo peu clémente durant l’essai, nous n’aurons pu profiter pleinement de ses capacités en off-road.  

Au niveau de la tarification, le Gladiator est proposé en Belgique à un prix de base de 59.200 euros, soit un surcoût d’environ 10.000 euros en comparaison au Wrangler. Malgré ce positionnement tarifaire, le Gladiator devrait rapidement s’emparer des parts de marché au sein de la marque avec son statut d’utilitaire, annulant en grande partie les onéreuses taxes, inévitables sur les Wrangler classiques. 

Pour ce prix, vous partirez sur un Gladiator Sport à toit souple. Dans le cas de notre essai, il s’agit d’une version Overland, qui vient se placer au milieu de l’offre. Avec un prix de base de 65.900 euros, elle embarque une belle partie du catalogue d’options.

Et si…

On repassera sur l’utilité d’un tel engin, finalement pas plus pratique que ses homologues “européanisés” plus abordables, il nous est impossible de nier notre attachement pour cette voiture, rustique et moderne à la fois. Merci Jeep de continuer à mettre sur nos routes des voitures ayant tant de caractère.

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