Pour la première fois dans l’histoire, la Seat Leon Cupra se décline dans une version break. Pour marquer le coup, elle tape du poing et flanque un chrono au Nurburgring avec 7 minutes 58 au compteur. Oui, c’est 6 secondes de mieux qu’une Alfa 4C pour le même exercice.

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Clés en main, premier choc et non des moindres ! Que diable ont-ils fait à cette Seat Leon Cupra  ? Je songe d’abord à la plaisanterie mais non, on me confirme qu’il s’agit bien de la bonne voiture. Je vous avais dit, il y a quelques mois, que Seat semblait vouloir se donner une image plus sérieuse avec la Leon X-Perience mais la Cupra nage totalement à contre-courant.

Notre modèle d’essai étrène le pack Energy et le pack Sub ‘8. Dans le premier, la Seat Leon Cupra  se voit décorée de jantes, de rétros et d’un contour de calandre orange flashy. Le second lui apporte des jantes spécifiques, des freins Brembo à 4 pistons et des pneus Michelin Pilot Sport Cup. Cette ibérique ne joue donc pas franchement dans la discrétion, malgré sa teinte grise Pirineos.

A bord, l’ambiance est sérieuse et on retrouve l’ergonomie parfaite des productions allemandes. Certains trouveront l’ambiance trop austère, mais qui recherche l’efficacité y trouvera son compte. Bref petit coup d’œil sur le compteur qui est gradué jusque 300 km/h… Rien que ça ! Coup de bluff ou surprise ? Je ne suis pas de nature sceptique mais j’émets un certain doute sur la question.

Il est temps de mettre le contact, et le 2.0 TFSI se réveille dans un feulement discret à peine perceptible au ralenti. Pas vraiment excitant, mais ça évitera de réveiller vos voisins à l’aube. Notre modèle d’essai est équipé de la boite DSG qu’on ne vous présentera plus, avec ses palettes au volant, toujours aussi efficace et agréable à l’utilisation.

Manque de chance, pour cette première prise en main, une pluie fine nous arrose depuis le matin tôt. Je pense que la notion de dosage va prendre tout son sens. La Cupra se lance « discrètement » sur la route. On sent déjà le 2.0 litres bien rempli et prêt à bondir mais les conditions ne sont pas optimales et je m’abstiens d’écraser la pédale d’accélérateur. Rappelons-le, la Seat Leon Cupra  est une simple traction qui doit encaisser et faire passer au sol 280 chevaux (290ch sur les modèles 2016) avec l’aide d’un différentiel autobloquant électronique XDS.

Sous le capot, le 2 litres turbocompressé possède une double injection. Entendez par là, une indirecte avec quatre injecteurs au niveau de l’admission, et une directe avec les injecteurs dans les têtes de cylindres, ce qui nous donne donc un total de huit injecteurs. Ce quatre cylindres dont la pression de suralimentation atteint 1,1 bar, possède une culasse coiffée d’arbres à cames avec des cames de différents profils. Un profil « large » pour une levée importante des soupapes et un remplissage maximal en pleine charge, et un profil « asymétrique » plus faible qui permet d’avoir un mélange moins important dans la chambre de combustion lors de faibles sollicitations. Cette technologie était à l’origine développée par et pour Audi, mais le groupe VAG a eu la bonne idée d’en faire profiter les marques plus accessibles comme Seat. Cependant, seule la Leon Cupra  en est équipée.

Au fil du trajet, la pluie continue de s’abattre sur les routes namuroises et je décide de mettre le différentiel à l’épreuve. J’enfonce l’accélérateur et la réponse ne se fait pas tarder. La boite tombe 2 rapports et l’aiguille du compte tours s’affole tout autant que le tableau de bord qui prend des airs de guirlande. Le train avant fait patiner les pneus et le différentiel avoue très rapidement ses limites dans ces conditions humides. La frustration prend le dessus, et on peste ce ciel qui ne veut décidément pas virer au bleu. Tant pis pour aujourd’hui, cette Seat Leon Cupra  se montre exigeante et ne permet pas d’utiliser tout son potentiel pour le moment. Espérons que la météo soit plus clémente pour les jours à venir.

Réveil matin, 7 heures, le soleil perce au travers des stores. Après plusieurs jours de pluie incessante nous allons enfin pouvoir en découdre sur le sec. La Seat s’est montrée jusqu’ici très équilibrée et c’est avec une coquille d’œuf sous le pied qui nous l’avons conduite jusqu’ici. Résultat, elle s’en sort avec une moyenne de consommation tout à fait honorable pour le moment, soit environ 9,5 litres. L’amortissement piloté – enfin ! – réglé sur « Cupra », je me lance à l’attaque des quelques routes sinueuses dont nous avons le secret chez Actu Moteurs. Le 2.0 TFSI répond instantanément avec une poussée franche mais linéaire. Les 280 chevaux collent au bitume et propulsent le break en à peine 6 secondes vers la barre des 100 km/h. L’espagnole fonce comme un taureau de combat et voilà qu’arrive le premier virage. J’écrase les freins en entrée de courbe. La stabilité est au rendez-vous et le train arrière ne dérive pas malgré le léger porte-à-faux de la version ST.

Placez l’avant et écrasez l’accélérateur en sortie. Le Différentiel vous extirpe littéralement du virage sans la moindre perte d’adhérence et la Cupra repart de plus belle vers le prochain virage. L’échappement grogne et se fait moins discret grâce à un amplificateur de son situé au bas du pare-brise mais rien de bien transcendant de ce côté-là. Avec une sonorité trop policée et pas assez « Emociòn », un rupteur à 6.500 tr./min qui survient trop tôt et une accélération trop linéaire, cette Seat Leon Cupra  ST possède tout de même quelques ombres au tableau.

Et si…

… cette Cupra ST pouvait, en plus d’être terriblement efficace, offrir un caractère plus bestial ? Pour le reste, elle sait tout faire et à un prix raisonnable !