Un crossover, voilà comment Renault qualifie sa nouvelle Espace V. Interdiction de parler de monospace donc, on va avoir du mal à s’y faire. Alors, l’ancienne véranda roulante est-elle réellement devenue un crossover digne de ce nom ? Vérifions !

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Un coup de marketing ? Un changement de style dû au recul grandissant des ventes des grands monospaces ? En tout cas il était temps de remplacer l’ancien modèle. Inspirée des SUV tendances, l’Espace V n’a rien avoir avec l’énorme bétaillère qu’était l’ancien modèle de la marque au losange. On retrouve un véhicule au style beaucoup plus dynamique et racé. Avec une silhouette de TGV parfaitement monocorps et plus profilée que jamais, Renault tente le monospace… euh pardon, le crossover sportif !

Ce qui frappe, c’est la garde au sol assez haute de l’Espace V : 16 centimètres. Soit 4 de plus que son prédécesseur. La voiture compte une longueur de 4,86 m, l’équivalent de la Grande Espace IV, et 1,89 m de large. Il faudra d’autres atouts que ceux-ci pour nous convaincre que ce n’est plus un monospace. Les grandes fenêtres de l’ancien modèle ont laissé place à une ligne de caisse très haute, ce qui accentue encore plus ce style dynamique.

Clef en poche, il suffit d’approcher assez près du véhicule pour que l’univers de l’Espace V (cela ne s’invente pas) s’ouvre à son conducteur ! La voiture vient littéralement à la vie, les rétroviseurs se mettent en place et les lumières LED à l’intérieur de l’habitacle s’allument pour donner une ambiance cosy, voire même boite de nuit. Il y en a pour tous les goûts et surtout pour toutes les couleurs puisque les coloris de lumière sont ajustables selon vos préférences. Les graphismes du tableau de bord sont également modifiables à partir de la tablette centrale.

Justement parlons un peu de ce grand écran de 8,7 pouces qui ne passe pas inaperçu dans l’habitacle de l’ Espace V. Il est doté de la fonction R-link 2, couplant navigation et services connectés. Cette tablette centralise toutes les fonctions, de la radio jusqu’au GPS en passant par les sièges massants, et tout est contrôlé à partir de cet écran. Un peu agaçant quand il faut pousser à cinq endroits différents pour aller de la radio jusqu’aux sièges massants.

On regrette tout de même certains détails de finition, par exemple des éléments plastiques au dos de la tablette qui craquent désagréablement sous les doigts lorsqu’on prend naturellement appui dessus. Point négatif aussi pour l’énorme clef de contact, un bel objet tant qu’on ne le saisit pas à pleine main. Et mieux vaut avoir de très grandes poches.

Une Renault Espace se doit de prendre soin du conducteur mais aussi de ses passagers. Si la place pour les jambes y est royale lorsque l’Espace V est en mode 5 places, elle l’est beaucoup moins quand on redresse les 7 sièges. En parlant des sièges, il y a également du changement. Renault en a fini avec les énormes fauteuils extractibles : alléluia !

Ils cèdent la place à des sièges escamotables individuellement dans le plancher, sous réserve d’une simple pression sur un bouton situé dans le coffre ou, bien sûr, contrôlable depuis l’écran central. Fini les courbatures et séances de kiné ainsi que l’énorme pile de sièges dans le garage. Revers de la médaille, le volume de chargement maximal diminue considérablement. Et oui, si les sièges restent à bord, il faut bien les loger quelque part… Mais pour une modularité enfin exploitable quotidiennement, on est prêt à faire des concessions.

Malgré l’énorme changement à l’arrière, c’est au volant qu’on mesure mieux le chemin parcouru par Renault sur son modèle emblématique. L’Espace n’est plus seulement une voiture à vivre, c’est aussi une vraie voiture à conduire. Le moteur 1.6 turbo de 130 ch, associé à une boîte manuelle à six rapports, s’en sort bien sur les petites routes de campagne où elle se montre très agile grâce à son poids plume de 1660 kg et son système 4Control, qui rend les roues arrière directrices. On en oublierait presque le gabarit encombrant et son centre de gravité haut perché.

Il faut cependant acquérir un réflexe à la conduite et rester au-delà du régime de 1500 tr/min car, en dessous, on se retrouve face à des relances timides. Installé en hauteur, le maniement du pommeau de vitesses est aisé, mais il n’est cependant pas très rapide. De quoi rappeler au conducteur qu’il est dans un monospace. Euh pardon, un crossover.

Et si…

…vous cherchez une voiture combinant vie de famille et conduite agréable, la nouvelle Renault Espace V semble être le compromis idéal malgré un petit moteur.

Quentin Vilet.