Pour son lancement en janvier 2018, la Megane IV RS a dû faire face à de nombreux changements, au gré des inconditionnels de la précédente génération. Le passage du 2,0l turbocompressé au 1.8 turbo et de trois à cinq portes, semblent, de prime abord, avoir égratigné son caractère sportif. Qu’en est-il dans la réalité ?

Avec une concurrence toujours plus ardue, Renault Sport se devait de proposer une voiture tout aussi efficace que sa devancière, en incluant le facteur polyvalent à l’équation. Cela se traduit par des mensurations revues à la hausse, se mettant au service d’une habitabilité plus conséquente. Si la Megane III RS ne se dotait qu’une d’une version trois portes, celle-ci impose le choix des cinq portes.

Se distinguant grâce à des boucliers plus sportifs, incluant un diffuseur entourant l’échappement central, la compacte a également profité d’une cure de stéroïdes, avec six centimètres gagnés en largeur et cinq centimètres perdus en garde au sol, par rapport à une Megane conventionnelle. Reposant sur de magnifiques jantes 19” bi-ton et s’exposant sur le très vif « Orange Tonic », on peut dire que cette Megane RS jette ! Les nombreux pouces levés et regards de passants pourront en attester.

Autre grosse nouveauté : l’apparition de la boite automatique sur le modèle, officiant en tant qu’option. Il s’agit de l’excellente EDC (double embrayage) à six rapports, offrant des passages de rapports ultra rapides, tout en permettant un usage quotidien dans les meilleures conditions possibles.

Maintenant que les présentations sont faites, montons à bord pour une petite virée. A l’intérieur, la montée en gamme est flagrante. Les sièges RS en alcantara/cuir offrent un excellent maintien et se montrent très confortables pour de longs trajets. La planche de bord est recouverte de plastiques moussés de bonne facture, que l’on retrouve également sur les panneaux de portières. Dans l’ensemble, la qualité de finition est satisfaisante. Néanmoins, en faisant abstraction du volant, des sièges et de quelques autres détails, l’ambiance à bord reste similaire à celle d’une Megane classique. Pour conclure notre avis sur l’intérieur, nous noterons simplement le manque d’intuitivité du système multimédia, bien loin des standards retrouvés chez certaines de ses concurrentes. Mais bon, une fois derrière le volant, on aura très vite oublié ce petit point noir.

Nous démarrons le nouveau quatre cylindres1.8l de 280 chevaux (le même que dans la nouvelle Alpine A110, oui oui ! ), qui s’anime sous une sonorité plutôt agréable et bien mise en valeur par un échappement laissant toujours sortir un léger grondement, même en mode confort.

Pour la première partie du trajet, nous laissons le mode confort enclenché, et prenons notre mal en patience. Malgré une petite sonorité résiduelle nous rappelant que nous sommes à bord de la Renault Megane la plus radicale de la gamme (sans compter les Cup et Trophy), le confort est excellent. Nonobstant les jantes de 19 pouces et le châssis sport, on se verrait bien rouler avec toute la journée. Dans ce cas de figure, l’ordinateur de bord affichera une consommation de l’ordre de 8l / 100 km.

Alléluia ! Après une bonne heure de conduite en bon père de famille, il est temps de justifier les deux lettres “R.S.” apposées sous son sigle. On active le mode sport, qu’on s’empressera de passer en “race” pour désactiver la sonorité moteur envoyée dans les hauts-parleurs (qui n’est d’ailleurs pas franchement utile, tant l’échappement fait déjà le boulot).

Avec ses 280 chevaux et quelques 390 Nm de couple, parfaitement gérés par la boîte EDC, les accélérations sont impressionnantes, tout comme la motricité. Malgré la désactivation du traction control, cette Megane accroche directement et ne patine presque pas. Un constat allant complètement à l’opposé de la Seat Leon Cupra R, par exemple.

Déjà installé sur la version GT, le système 4Control (roues arrière directrices), revu pour optimiser son efficacité, permet de mieux contrôler les mouvements de caisse, tout en améliorant radicalement la tenue de route dans toutes les situations. Cette Megane RS est tout simplement collée à la route. Le train avant est rivé à l’asphalte et est quasi impossible à mettre en défaut, au même titre que l’arrière. On se retrouve à passer beaucoup plus vite dans certains virages qu’avec d’autres bolides vendus deux ou trois fois plus cher. Dans la lignée du comportement, le freinage est aussi efficace et endurant. Imaginez qu’il ne s’agit ici que du châssis Sport… Les accélérations à haut régime s’accompagnent de pétarades bien prononcées, pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Ce “petit” 1.8 en a dans le ventre et se montre efficace sur toutes les plages de régimes.

Dans les grandes lignes, le système 4Control va se charger de tourner les roues arrière en fonction de la vitesse. En dessous de 60 km/h, elles tournent dans le sens opposé de l’avant, pour améliorer l’agilité et la maniabilité. Au dessus de cette vitesse, les roues arrière braquent dans le même sens, pour assurer une stabilité maximale. Cette technologie est également utilisée sur la Mercedes-AMG GT C (lire notre essai ici), ou encore la nouvelle Porsche 911 GT3 RS.

Toujours dans l’optique d’allier confort et efficacité, cette nouvelle mouture profite de nouveaux amortisseurs à butées hydrauliques. Ces derniers ont pour avantage de mieux absorber les aspérités de la route, lui conférant un comportement sain, confortable et efficace.

Côté tarif, il faudra débourser au minimum 34.550 € pour la version manuelle et 36.300 pour la EDC. En optant pour la peinture orange, les sièges Alcantara/Cuir R.S., l’écran tactile de 8,7 pouces, les jantes 19 pouces et les sièges chauffants, la note frôle les 41.000 €. Il s’agit donc d’un sérieux dilemme. Pour le prix de base d’une Megane RS, il est déjà possible d’opter pour une Hyundai i30 N (lire notre essai ici) et à budget sensiblement équivalent, Peugeot Sport propose la 308 GTi, Seat avec la Leon Cupra R, ou encore Honda avec sa redoutable Civic Type R.

Et si…

Cette nouvelle Megane RS alliait parfaitement polyvalence et sportivité, sans pour autant nuire à ce dernier critère ? Messieurs les ingénieurs de Renault Sport, nous vous tirons notre chapeau.