Après 12 ans de bons et loyaux services, le doyen des SUV suédois s’est offert une retraite bien méritée. Après un rachat venant de Chine, un tournant technologique et une révolution mécanique, voici le nouveau Volvo XC90 D5 Inscription.

Long le nom ? Oui, un peu, enfin pour les intimes il s’agira du XC90 tout court. Mais pour un changement pareil, il était nécessaire de marquer le coup ! Depuis la précédente génération, un petit nouveau a vu le jour et les têtes pensantes nordiques ont jugé bon d’attribuer au nouveau SUV de le positionner plus haut dans la gamme. Ce qui, jusqu’ici, porte ses fruits, avec un chiffre de ventes en nette hausse.

Lors de la première rencontre avec le mastodonte, on ne peut que s’ébahir devant la prouesse des designers. Comment peut-on rendre un paquebot de près de 2 mètres de haut et 5 mètres de long aussi élégant. Il s’agit clairement d’un tour de force de nos cousins nordiques, à qui nous tirons notre chapeau. Feux avant et arrière fins, ligne haute mêlant droites et courbes à la perfection, on est loin de l’aspect rebutant de certains maxi-SUV allemands dont on ne citera pas le nom.

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En s’installant à bord, le premier sentiment est celui d’avoir de la place. Beaucoup de place. Poste de pilotage vaste, planche de bord ouverte, et quand on rajoute le cuir clair et le toit vitré ouvrant, on se sent comme dans un salon. Le même sentiment se ressent aux rangées arrières. Oui « les » rangées arrières, car le XC90 D5 Inscription comporte 7 places. La première rangée offre des sièges ultra confortables, chauffants, et dispose de rehausseurs pour enfants intégrés, tandis que la deuxième rangée  a comme principal argument de pouvoir loger deux adultes confortablement. Peu de concurrents peuvent rivaliser. Une fois logé dans le siège avant chauffant, ventilé et réglable dans tous les sens, il est temps de tourner le bouton du démarreur (oui, on mêle deux mondes ici) et, surprise, le 4 pattes au mazout s’ébroue dans un râle étonnamment fort. On est loin du mugissement des anciens 5 cylindres, mais le niveau de luxe ressenti jusqu’ici ne laissait pas présager ça. Qu’à cela ne tienne, allumons l’installation hi-fi Bowers & Wilkins pour oublier. Dès les premiers mètres, le confort d’amortissement s’avère bluffant et la position de conduite met en confiance malgré la largeur du véhicule.

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Mais l’envergure du vaisseau amiral de chez Volvo nous donnera quelques sueurs froides en ville. Il a parfois fallu s’arrêter sur le bord de la route pour laisser passer une camionnette et éviter la collision. Collision qui est devenue l’ennemi public numéro 1 chez le constructeur de Göteborg. En effet, nombreuses sont les alertes et aides à la conduite qui ponctueront votre trajet dans le mastodonte. Il est possible de ne pas toucher les pédales pendant de nombreux kilomètres, à condition que quelqu’un vous ouvre la route. Pratique dans les bouchons ! On est loin du perfectionnement des systèmes Tesla, mais cela s’avère tout de même utile au quotidien. Le système d’infodivertissement, dont toutes les fonctions (climatisation, hi-fi, navigation, etc.) sont rassemblées sur l’écran central dimension XXL s’avère d’une facilité d’utilisation déconcertante. Après un petit temps d’adaptation, on peut s’y retrouver sans même le regarder, et des habitudes s’installent. Bon point pour l’intégration du système CarPlay d’Apple, qui permet de détourner les yeux de l’écran en tirant profit des assistances vocales intégrées.

Mais qu’en est-il lorsque l’on décide de prendre le commandement, et que l’on reprend la route ? Et bien le sentiment de calme ne s’éloigne pas. Sélecteur de conduite en mode Confort, nous avons affaire à un tapis volant. Nids de poule ? Connait pas. Les relances sont fortes, grâce aux 225 chevaux mais ce sont surtout les 470Nm de couple qui se font ressentir. Seul point noir au tableau, la boîte GearTronic à 8 rapports n’est pas une foudre de guerre, et s’avère régulièrement lente au rétrogradage. Cela n’aide pas pour les occasionnelles accélérations vouées à dépasser. La motricité, par contre, ne sera jamais prise en défaut, grâce aux pneus énormes de 270mm de large. Il faut bien ça pour des jantes de 20″.

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Les différents modes de conduite, eux, apportent de subtils changements. Le mode Confort, par défaut, sera utile 95% du temps. Le mode Eco, quant à lui, rabaisse la caisse de quelques centimètres et modifie la réponse à l’accélérateur, mais ne semblait pas apporter de changement notable sur notre consommation. Le mode Dynamique rend la pédale de droite plus lourde, et durcit la direction de manière artificielle. Il ne s’agit clairement pas de la vocation de la Volvo XC90 D5 Inscription, mais la fonction qui la rend complètement différente est par contre le mode Off-Road. Caisse rehaussée de plusieurs centimètres, « notre » Volvo est désormais prête à affronter des obstacles que son standing et son faciès ne laissaient pas présager. Ces frasques nous avaient éloignés du compteur digital, mais un regard sur celui-ci nous rappelle que nous sommes loin de la consommation annoncée de 5,7l/100km, avec une moyenne de 9,4l sur tout notre essai. Finalement, pas si mal pour un éléphant de plus de deux tonnes mû par un compact moulin à 4 voiles.

Et si…

… les quelques menus défauts mis de côté, Volvo avait réussi un coup de maître avec ce XC90 D5 Inscription ? Style, finition, motorisation, tout y est.