Comment te sens-tu à l’entame d’une semaine qui est l’une des plus importantes et chargées de l’année?

C’est clairement l’une de celles que l’on attend le plus impatiemment. On se sent excité bien entendu. Il y a un mélange de stress, d’adrénaline et d’impatience.

En quoi va consister ton travail au long de la semaine?

Tout commence avec l’animation et les interviews lors de la parade, ensuite je serai principalement actif pour le live TV. Nous serons sur le pont pour les pré-qualifications, les qualifications et la super pole ; sans oublier de nombreuses heures pendant la course. En plus, je serai commentateur circuit (speaker) de la Formule 3. Quand je ne serai pas en live TV, j’enfilerai ma combinaison et mon casque pour intervenir avec des interviews et ou des petites infos depuis la pit lane.

As-tu une préparation spécifique pour cette course?

Comme je suis présent toute la saison, la préparation est facilitée par l’expérience des courses qui précèdent.

Avant de devenir speaker, quelle formation as-tu suivie?

J’ai suivi une licence en communication à l’IHECS à Bruxelles avec pour objectif d’être journaliste en sport auto. Bien sûr, je ne le disais pas ouvertement à mes profs lors de cours sur le conflit israélo-palestinien ou la politique belge (il ne peut cacher un sourire qui en dit long).

Ce qui me plait c’est de pouvoir aborder une même thématique sous différents aspects (radio, tv, presse écrite…), par le biais de nombreux médias différents là où nombreux sont ceux qui se spécialisent sur un seul média et parlent de sujets très différents.

Quelle différence y a-t-il entre le live TV et le speaker circuit?

Un speaker circuit peut se permettre de temps en temps de relâcher un peu la pression en passant un peu de musique pendant quelques minutes pour respirer parce qu’il ne se passe rien. Pour le live TV, tu es sur la brèche non-stop parce que tu sais que les gens à qui tu t’adresses t’écoutent en permanence. Tu ne peux pas laisser dix secondes de silence! Du coup, c’est plus exigeant aussi.

Il y a une différence aussi au niveau du ton. Quand tu parles comme speaker circuit, tu participes au bruit de fond, ce que tu dis est entendu, mais pas forcément écouté. C’est là que si quelque chose se passe – un accident, un dépassement, une panne ou que sais-je – tu dois amener les gens à se dire « attention, il se passe un truc ». Dans les moments clés, le speaker doit amener les gens à se concentrer sur ce qui se passe sur la piste.

Comment cela se matérialise-t-il dans le feu de l’action ?

Tu dois davantage monter dans les tours, presque crier si tu es speaker, alors que si tu fais ça pour le live TV, tu vas vite casser les oreilles des auditeurs. Cela dit, sur les fondamentaux, c’est identique. Il s’agit de partager sa passion, faire vivre la course, informer les gens sur la technique, les points du règlement, le parcours des pilotes, les enjeux, etc.

Tu commentes toute la Blancpain GT Series Endurance Cup en live TV avec Laurent Mercier. Comment définirais-tu votre binôme ?

Nous somme partis du principe que j’assume un rôle d’animateur et lui endosse celui de consultant. Du coup, je lui laisse le soin d’expliquer et de développer certains aspects techniques ou réglementaires et lui sait que s’il se passe quelque chose en piste, c’est moi qui prends le relais. Je pense que nous sommes très complémentaires, c’est pour cette raison que ça fonctionne. D’ailleurs jamais nous n’avons joué à essayer de tirer la couverture à soi.

Maintenant que tu es commentateur du live TV, tu as moins l’occasion de travailler en pit lane. Un regret?

Très franchement, oui et non. C’est certain que j’adore toujours autant enfiler ma combi, prendre le micro HF et parcourir la voie des stands. C’est une manière différente de vivre la course, de la ressentir… Ce que j’aime dans la pit lane, c’est le contact avec les acteurs de la course, pouvoir demander aux pilotes les questions que j’aurais aimé poser quand j’étais dans les tribunes ou aux abords du circuit.

Mais d’un autre côté, avec le live TV, tu as cette impression de connaître tout – ou en tous cas énormément – de ce qui se passe dans la course. Dans l’allée des stands, certains faits de course peuvent plus facilement m’échapper.

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Depuis tes débuts aux 24 Heures de Spa, quels sont tes meilleurs et pires souvenirs?

Bonne question… Pour le pire souvenir, c’est assez facile, c’est en 2014, quand Marcus Mahy et Vadim Kogay ont un crash d’une extrême violence dans le virage Paul Frère. En me couchant, la course était sous drapeau rouge et je savais que c’était grave. Mahy était dans un état critique et transporté à l’hôpital et là je me suis demandé comment j’allais gérer le lendemain matin. Serait-il toujours là ou pas ? S’il était décédé, comment réagir ? Je savais que j’allais devoir animer le podium et franchement, tu ne sais pas comment te comporter. Surtout que j’avais vécu ça en 2013 au Mans avec le décès d’Allan Simonsen. Ce n’est clairement pas un bon souvenir.

Et le meilleur ?

Il n’y en a pas un en particulier. C’est plus une somme d’émotions que le sport auto permet de vivre… La première victoire Audi avec WRT en 2011 et la joie de J.G. Mal-Voy (Président du Belgian Audi Club) qui me prend dans ses bras avec les larmes aux yeux, la victoire de Marc VDS l’an dernier et l’émotion de Bas Leinders, la lutte en 2014 avec à peine 7 secondes entre les deux premiers à l’arrivée… Mais c’est également sur la Parade, quand les gens sont à l’écoute et qu’on a une bonne interview… C’est très difficile d’en sortir un en particulier.

En tant qu’observateur privilégié, vois-tu un favori se détacher pour les 24 Heures 2016?

Sincèrement non, c’est très indécis. Clairement, je pense qu’il y a une bonne quinzaine d’équipages qui peuvent gagner. Nous ne sommes pas en F1 où tu te demandes qui de Rosberg ou Hamilton va gagner. Il n’existe aucune grande course au monde qui offre autant de candidats à la victoire.

Quand tu étais petit, quelle était LA course que tu rêvais de commenter?

Je t’avouerai qu’à l’instar de la plupart des passionnés, je rêvais de la F1. Mais avec le temps et la manière dont elle a évolué, cette envie a laissé la place aux grandes courses d’endurance. Et dans ce cas il y en a deux qui se démarquent : Spa-Francorchamps et Le Mans. Je suis Belge et forcément, j’ai un faible pour nos 24 Heures. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir commenter LA plus grande course du monde réservée aux GT, des voitures qui nous font tous rêver.

Et qu’est devenu le rêve d’enfant ?

Le rêve est réalisé. Je vis du sport auto et je commente de superbes courses dans des championnats de très haut niveau.

Un rêve qui doit beaucoup au travail c’est certain, mais aussi à la chance – être au bon endroit au bon moment – et à ceux qui ont cru en moi. Je pense à Vincent Franssen et Christian Lahaye à mes débuts. Plus récemment, Bruno Vandestick pour les 24 Heures du Mans ou Laurent Gaudin et Patricia Kiefer qui m’ont offert l’opportunité de travailler en Blancpain GT Series Endurance Cup.

C’est très prenant, ça exige d’énormes sacrifices familiaux mais c’est le prix à payer pour faire de mon rêve mon travail.

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