FIA WEC

Interview / 6 Heures de Spa-Francorchamps

Kevin Estre : La 911 RSR 2017 reste une Porsche avant tout

Kevin Estre retrouve le théâtre de ses débuts en WEC avec Porsche. C'était à Spa il y a de ça deux ans. Si, à l'époque il s'agissait d'une "pige", le Français a depuis fait son trou en tant que pilote officiel et nous parle de la nouvelle mouture de la 911 RSR et du plateau LMGTE Pro.

Tu es venu à Spa il y a deux ans avec l’ancienne version de la 911 RSR. Cette année, Porsche aligne une voiture modifiée avec un moteur non plus en porte-à-faux arrière mais désormais en position centrale. As-tu ressenti une vraie différence dans le comportement de la voiture?
C’est évident qu’il y a une différence. Maintenant, le châssis reste celui d’une Porsche et le comportement reste plutôt fidèle ce que nous avions avant. Mais il y a quelques différences, forcément. La distribution du poids a changé, mais nous avons pas mal d’expérience après de nombreux essais d’inter saison et quelques course maintenant aux USA où la voiture a déjà roulé. Donc on connaît déjà pas mal la voiture, même si ça implique quelques changements dans la gestion de la voiture.

Plus que jamais, la gestion des pneus représente une des clés de la réussite cette année en WEC. L’expérience acquise avec la nouvelle voiture en Amérique vous aide-t-elle ou c’est très différent?
On ne peut pas dire qu’il y ait une énorme différence. Nous pouvons choisir entre deux spécifications et la plus tendre se rapproche très fort de ce que nous avons en IMSA. Par contre, la gomme la plus dure a une différence davantage marquée car on doit composer avec des tracés plus abrasifs, mais ce n’est pas non plus le jour et la nuit.

La grande force de la Porsche était sa motricité sous la pluie, du fait de son architecture si particulière. Cet avantage est-il toujours de mise avec la nouvelle disposition du moteur?
C’est encore difficile à dire. Par exemple à Daytona, on était très bien sur la piste quand il y avait beaucoup d’eau, on était mieux que tout le monde, alors qu’à d’autres moments nous étions un peu moins bien. Je pense qu’il n’y a pas eu encore assez de roulage sous la pluie face à la concurrence pour pouvoir dire si nous avons toujours un aussi gros avantage qu’avant. Le feeling reste bon dans la voiture, mais il va falloir attendre de courir vraiment sous la pluie pour être fixés.

© Porsche Motorsport

Il y a un an, les LMGTE Pro étaient aussi rapides que les LMP2 voir plus vite en ligne droite, cette année, les nouvelles LMP2 sont nettement plus véloces. Est-ce que cela change la gestion des dépassements?
Oui, clairement, ça facilite les choses dans le trafic. Elles peuvent nous doubler plus facilement. Nous avons toujours un grip mécanique qui est supérieur et donc dans les virages lents, on va aussi vite qu’eux, parfois plus vite, mais à l’accélération ou en ligne droite ils sont bien plus performants que nous et donc je pense que ça aide dans le trafic. On doit regarder dans le rétro un peu plus souvent car ils arrivent plus vite, mais cela dit ils arrivent à nous doubler facilement et ne sont plus à la limite entre nous au freinage ou en bout de ligne droite par exemple. Je pense que le changement est plutôt positif.

Par contre, avec les LMP1, c’est un peu plus compliqué. Ils accélèrent très fort mais ensuite dans les lignes droites ils plafonnent et du coup on a tendance à les rattraper. Il faut alors faire très attention au freinage sinon on peut les pousser ou ils peuvent nous couper la route en rentrant dans le virage. Je dirais que ça c’est pas top mais on gère.

Tu sors d’une très bonne saison en 2016 en IMSA. Quelle comparaison ferais-tu entre le GTLM et le LMGTE Pro?
Je pense que le niveau des pilotes, des teams et des constructeurs est le même entre les deux championnats. Et le nombre de voitures est similaire. La différence ce fait plus au niveau de la course, parce que les circuits sont différents, les règles sont différentes, avec beaucoup de safety cars là-bas, le trafic est différent aussi. Mais la compétition est la même, c’est juste une autre façon de faire la course.

On sait que la Ford est très bonne en aéro. Sur un tracé comme Spa, la Porsche est-elle en mesure de lutter, est-elle dans son élément? Quelle est sa principale force?
C’est difficile à dire après la première séance libre, tout le monde travaille sur son programme, personne n’a encore cherché la performance. On en saura plus pendant la course, il n’y a pas de raison qu’on soit mal ici, mais c’est sûr que la Ford est très à l’aise dans certaines portions du circuit et nous ailleurs. C’est certain que par sa conception, ils ont fait un très bon travail, mais nous sommes très bien sur les freins et en course, nous serons très à l’aise à la Source, au Bus Stop ou aux Combes et donc ça pourrait jouer en notre faveur.

 

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