Quand il lui a été demandé s’il était intéressé par l’essai du Skoda Kodiaq, votre serviteur s’est immédiatement dit : « Je vais enfin pouvoir vérifier que Skoda est à la hauteur de son slogan Simply clever.

Autant ne pas tourner autour du pot, la réponse fut oui ! Entre simplicité et pragmatisme, le constructeur tchèque insère quelques astuces bien senties et qui peuvent faciliter le quotidien : lampe de poche amovible dans le coffre, parapluie dissimulé dans la portière, emplacement pour la recharge à induction du smartphone rétro-éclairé, éclairage indirect des miroirs de courtoisie… Tout est bien pensé et à la bonne place. Mais être malin ne suffit pas quand on s’échange contre un chèque qui flirte avec les 50.000€, il faut assurer dans les autres domaines. Et le contrat est relativement bien rempli dans tous les cas.

Conçu sur une plateforme qu’il partage avec les cousins VW Tiguan et SEAT Ateca – entre autres – le Kodiaq a pour spécificité d’être plus grand que ces derniers, en attendant la version 7 places du SUV made in Wolfsburg. Autant dire que le dernier rejeton de la gamme Skoda assure l’essentiel sur le plan du comportement routier. Confortable, stable et rassurant, il vire à plat, ne plonge pas trop en cas de gros freinage et ne se cabre pas, même si l’on soude la pédale au plancher. En toutes circonstances, il conserve une attitude de bonne familiale. C’est tout ce qu’on lui demande, alors, conducteurs pressés, férus de sportivité ou de dynamisme, passez votre chemin. Sur ce dernier point, entendons-nous bien, essayé en 2.0l TDI 150 chevaux associé à la boite DSG 7, le Kodiaq ne manque jamais de ressources. Quoique, une fois chargé de 5 adultes et quelques cartons d’un fabricant de meubles en kit, il ne faudrait pas moins ! En règle générale, on dispose toujours de l’allant nécessaire pour s’insérer – ou s’extraire – du trafic sans difficulté. Si cette transmission fait preuve d’à propos avec son mode roue libre activé dès le lever de pied, nous aurions tout de même apprécié un peu plus de dynamisme quant aux changements de rapport, ces derniers intervenant souvent trop tard à pleine charge, imposant la sonorité rugueuse et bourdonnante du TDI. On roule en diesel, impossible de l’oublier. Même à la pompe, et là, ça fait plaisir ! Au terme de notre essai nous avons relevé une consommation moyenne de 6,9l/100km. Pas mal du tout pour un SUV encombrant, lourd – plus de 1,5t à vide – et encore chaussé de pneus hiver.

Légèrement décevante dans sa gestion, la boite DSG ne se rattrape même pas en mode manuel. La faute à un loi de sélection allant à l’encontre de la logique : il faut tirer le levier pour descendre d’un rapport et pousser pour monter. On ne pardonnait déjà pas cette ineptie à Porsche il y a 15 ans, on ne le fera pas davantage aujourd’hui dans une Skoda… Simply NOT clever ! De même, votre humble serviteur – certes pas le plus geek de tous – n’est jamais parvenu à utiliser le régulateur de vitesse sans avoir à subir les affres du contrôle de distance de sécurité, très efficace au demeurant, au point de préférer oublier l’usage de cette aide tellement pratique sur les grands axes. Dommage.

Mais la vocation du Kodiaq est avant tout de vous balader – éventuellement en compagnie de votre petite famille – d’un point à un autre en toute sérénité. Une mission dont le premier vrai SUV de Skoda s’acquitte avec brio. Très confortable, offrant une habitabilité royale à l’avant et au deuxième rang, le troisième étant limité aux moins de 1,60m pour garantir un espace digne de ce nom. Nanti d’un habitacle bien fini, aux ajustements rigoureux, nous avons juste regretté qu’à ce prix-là des plastiques durs soient toujours de mise pour les poignées de porte ou le bas de la console centrale. Rien de rédhibitoire cela dit.

Très bien équipé, notre exemplaire bénéficiait d’une climatisation à réglage séparé à l’avant – gauche-droite – et à l’arrière, des sièges chauffants à l’avant et à l’arrière, des stores pare-soleil à l’arrière ou des sièges en Alcantara et cuir pour ce qui touche au confort. À ce sujet, si la couleur claire offre une belle luminosité et augmente la sensation d’espace, pas sûr que ça vieillisse bien avec des enfants turbulents. Sur le pan de la sécurité et des aspects pratiques, nous disposions du régulateur/limiteur de vitesse avec contrôle de distance, du hayon électrique, des phares automatiques avec détecteur de pluie, de la surveillance d’angle mort, de franchissement de ligne et mieux encore de la transmission intégrale qui assure une motricité impériale en toutes circonstances. Enfin, la caméra de recul associée à l’AERA VIEW qui offre une vue à 360° en manœuvre est la bienvenue pour aider à protéger une carrosserie dont les limites ne sont pas toujours faciles à déterminer.

Et si…

Le Skoda Kodiaq était un achat Simply clever ? La réponse est oui. Si le tarif reste élevé, surtout pour une Skoda jusqu’alors absente de cette sphère du marché, les qualités intrinsèques du SUV tchèque sont évidentes : confort, habitabilité, sobriété, c’est simple, efficace et plutôt bien dessiné. Un achat raison plus que passion, mais un bon achat à coup sûr !