Après une première génération qui aura marqué un certain renouveau d’Opel dans les berlines grandes routières, nantie d’un succès commercial qui aura fait du bien aux finances et à l’image de la marque au Blitz, l’arrivée de la deuxième mouture de la grande berline de Rüsselsheim se veut symbolique.

En effet, il s’agira de la dernière Opel conçue sous l’égide de la General Motors, le constructeur allemand appartenant désormais au groupe français PSA. Construite sur une plateforme sensiblement allégée tout en étant plus rigide – à l’instar de ce qui a prévalu pour l’actuelle Astra – la nouvelle Insignia franchit un cap supplémentaire dans sa quête de légitimité en tant que porte-drapeau de la marque, sur un marché qui la verra affronter les références généralistes que sont la VW Passat ou la Skoda Superb autant que les étendards premium du trio Audi-BMW-Mercedes avec les A4, Série 3 et Classe C, bien que la berline au Blitz flirte avec les dimensions de la gamme supérieure.

© Nathan Paternotte

Rigoureuse, confortable et saine, l’Insignia de première génération pêchait par une certaine placidité dans son comportement. Autant de bémols qui pouvaient être attribués principalement à une masse trop élevée. Une tare à laquelle les ingénieurs d’Opel ont répondu avec une nouvelle plateforme qui soulage les suspensions de 150 kg en moyenne à motorisation équivalente – 200 kg même pour les versions Sports Tourer – au bénéfice du comportement, des performances et de la consommation. De là à nommer la nouvelle venue Grand Sport, il y a un pas que le marketing aura franchi. Mais il n’est point question de dynamique sportive pour l’Insignia qui touche davantage à l’esprit « Grand Tourisme ».

Par contre, l’Opel peut se targuer d’une ligne qui tend vers le coupé 4 portes et présente un bel équilibre sans tomber dans l’exagération ni oublier les aspects pratiques qui siéent à une familiale voyageuse au long cours. Au point qu’elle n’est désormais plus disponible qu’en 5 portes à hayon, la mouture 4 portes ayant été jugée trop peu intéressante sur le plan commercial. Un choix qui vaut à l’Insignia d’offrir une très belle accessibilité à un coffre généreux en espace et aux volumes facilement exploitables, même si l’on n’atteint pas encore les sommets d’une Superb. D’espace, il en est également question pour les occupants, deux personnes de plus de 1,80 m pouvant aisément s’assoir l’une derrière l’autre sans se sentir confinées. À près de 4,90 m de long, le contraire eut été décevant.  Nantie de sièges certifiés AGR (Organisme allemand de la santé du dos, ndlr), l’Insignia offre un vrai confort d’assise et trouver une position de conduite idéale ne pose guère de problème. Très bien finie, l’Opel se rapproche plus encore de l’univers premium tout en offrant un équipement autrement plus généreux dans cette version Innovation que la plupart des concurrentes.

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Vendue 31.150 €  (prix de base en finition Innovation) notre exemplaire ajoutait à la dotation déjà très complète d’origine – aide au maintien de ligne, indicateur de distance de sécurité, assistance au freinage d’urgence en cas de collision avec détecteur de piétons, reconnaissance des panneaux de signalisation, capot actif pour la protection des piétons, démarrage mains-libres, allumage des phares et essuie-glaces automatique, climatisation bi-zone, phares de jour et feux arrière LED, contrôle et affichage de la pression des pneus, écran tactile – l’habillage en cuir avec sièges chauffants à l’avant et à l’arrière, la suspension pilotée Flexride, les airbags latéraux à l’arrière avec signal en cas d’oubli de la ceinture, l’éclairage matriciel LED IntelliLux, la recharge à induction pour smartphone, le système multimédia haut de gamme, l’affichage tête haute ou l’assistant de parking. Au final, sans remises, il en vous en coutera 36.500 €. Compétitif !

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Dotée de la suspension pilotée Flex Ride, notre monture laissait le choix entre trois modes d’amortissement, Normal, Tour et Sport. Autant être honnête, nous avons principalement utilisé le deuxième. Si la voiture prend alors un peu de roulis en conduite plus véloce, il n’y a pas de quoi attraper le mal de mer et le confort y gagne grandement, devenant même royal sur l’autoroute ou les grands axes tout en ménageant davantage vos vertèbres sur les chaussées dégradées qui jalonnent le Sud de notre pays. Pratique, très bien fini et agrémenté de nombreux espaces de rangement, le cockpit de l’Insignia permet de profiter au mieux d’une connectivité complète et très facile d’usage tout en pouvant se reposer sur la sécurité de l’assistant personnel On Star. Voyager à bord du vaisseau amiral d’Opel constitue donc un véritable plaisir, que le trajet soit court ou long, de jour comme de nuit. Mention spéciale à cet égard pour le système d’éclairage LED matriciel. Extrêmement efficace et sécurisant, l’IntelliLux de Rüsselsheim apporte le confort d’une visibilité à très longue portée sans jamais gêner les autres usagers. Lors d’un trajet de nuit sur des routes sans éclairage, nous sommes restés en mode « gros phares » du début à la fin. Il n’y aura eu qu’un conducteur de tracteur, très haut perché, pour s’en plaindre.

© Nathan Paternotte

Une fois passé en mode Sport, le châssis se veut plus rigoureux, autorisant une conduite dynamique et bien plus enjouée que celle réservée par l’Insignia première du nom. Merci aux 150 kg de moins ! Un allègement qui ne rend certes pas la nouvelle génération sportive, mais autrement plus plaisante à mener. Autre bénéficiaire de cette cure d’amaigrissement, après le comportement : le moteur. À priori modeste, le 1,6 l CDTI – ici dans sa version 136 ch – ne nous a jamais laissé l’impression d’être sous-motorisé, même avec quatre adultes à bord sur les routes vallonnées des Ardennes. Certes pas un foudre de guerre, le petit quatre cylindres allemand vous gratifiera d’une belle rondeur si vous l’exploitez sur le couple. Fort de 320 Nm de 2000 à 2250 tr/min, il offre de bonnes reprises à défaut d’accélérations tonitruantes. Fiscalement plus intéressant que les versions 2 litres de 170 ch, le 1,6 l peut en outre vous gratifier d’un appétit d’oiseau avec une consommation qui oscille entre 4,6 et 4,8 l/100 km sur autoroute avec le régulateur réglé sur 126 km/h (120 réels). De manière générale, la grande routière d’Opel et son petit bouilleur auront bouclé les quelques centaines de kilomètres de notre essai, dont une grande partie sur les axes secondaires, avec  une consommation moyenne de 6,3 litres, sans jamais vraiment rouler à l’économie.

Et si…

L’Insignia deuxième du nom était l’Opel à ne pas manquer. Bien dessinée, très bien finie et vraiment plaisante à conduire, la familiale au long cours du Blitz présente un rapport prix/équipement hautement compétitif et un contenu technologique qui n’a rien à envier aux ténors du segment. S’il lui manque – parfois – un peu de punch avec ce petit seize-cents, la copie rendue mérite une excellente note qui replace Opel dans le bon wagon face à ses concurrentes traditionnelles ou premium.