Opel est entré dans une époque charnière de son histoire. En pleine reconquête avec des produits tels que la nouvelle Astra et la seconde génération d’Insignia, la marque au Blitz s’est vue passer sous le giron PSA. Un nouveau propriétaire avec qui le constructeur teuton avait signé un accord de partage de plateforme pour ses nouveaux SUV. Nous en avons essayé le fleuron : le Grandland X 2,0 l CDTi à boite automatique dans la finition Innovation.

Alors que les SUV ont plus que jamais la cote et que la tendance est à la surenchère dans l’esbrouffe, le spectaculaire et le côté baroudeur concernant le design de la catégorie « compacte », Opel arrive avec une proposition plus simple, tirée à quatre épingles. D’aucuns se gaussent et parlent de banalité, nous préférons parler de sobriété et de classe pour un style à la fois soigné dans les détails, sportif et qui garantit une bonne tenue dans le temps.

Basé sur la plateforme du Peugeot 3008, le SUV compact d’Opel profite de l’excellent travail du sochalien sur le plan du châssis, quoique les Allemands aient adopté leurs propres réglages. Il emprunte également les mécaniques du « cousin » français. En l’occurrence, notre monture était équipée du 2,0 l HDi – renommé CDTi – dans sa version 177 ch, associé à la boite automatique à 8 rapports de même origine. Point de transmission intégrale donc mais l’IntelliGrip – alias Grip Control chez Peugeot – en solution palliative.

En finition Innovation, notre modèle d’essai proposait un équipement déjà très complet avec l’airco électronique à deux zones, le système multimédia IntelliLink, Onstar, le hayon électrique avec capteur de pied pour ne citer que quelques éléments. En option, nous profitions du toit panoramique, du régulateur de vitesse avec contrôle de distance de sécurité, du Park & Go Technology Pack 3 et du All Road Pack sans oublier la recharge par induction pour le téléphone et les sièges sport électriques avec sellerie en cuir. Bref, tout y était ou presque. À 34.900 € en prix de base dans la finition Innovation, notre Grandland X s’affichait à un peu plus de 40.000 €. Un tarif somme toute compétitif en comparaison de ce que propose la concurrence. Par contre, on peut se poser la question de la pertinence de la démarche d’Opel – et PSA – qui ne propose pas de version « dégonflée » à 163 ch de son moteur pour diminuer sa taxation – lourde – en Wallonie et à Bruxelles.

Partis d’un 3008 au style extérieur « clivant » et à l’habitacle très typé, les stylistes d’Opel ont parfaitement réussi leur coup. Que ce soit la carrosserie ou l’habitacle, on a clairement affaire à une Opel. Votre serviteur roulant dans une Astra de dernière génération, il a immédiatement trouvé ses repères… à l’exception du système multimédia et de l’ordinateur de bord. En effet, ces deux éléments n’ont plus grand chose à voir avec ce que proposent les derniers produits « GM » de Rüsselsheim. Nettement plus chargé, l’indicateur sis entre les compteurs du tableau de bord n’offre pas la même qualité de lecture alors que l’interface utilisateur est plus que décevante. Heureusement, la disponibilité d’Apple CarPlay et Android Auto permet de palier à ce bémol et de bénéficier alors d’un menu simple, intuitif et complet.

Confortable, très bien fini avec des matériaux de qualité, l’habitacle reste sombre, à l’allemande. Offrant espace et confort, les sièges avant comme la banquette arrière font du Grandland X un excellent compagnon de voyage. Nous nous sommes justes étonnés que les sièges électriques, qui permettent de trouver une position de conduite idéale, partagent le dessin de ceux proposés dans une Astra mais, curieusement, sans offrir le même maintien pour le haut du dos. Un défaut à mettre sur le compte de la position plus élevée, typique du SUV ?

Ou alors faut-il y voir la conséquence d’un comportement dynamique typé confort et qui induit un roulis assez important dès que le rythme s’accélère. Neutre, stable et particulièrement agréable dans les grandes courbes, le Grandland X manque un peu de maintien lorsque les virages se referment ou présentent un rayon plus court. Mais soyons clairs, ce n’est pas la vocation première de ce SUV qui saura vous mener d’un point A à un point B avec tout le confort qui sied à sa vocation familiale. En outre, il vous offrira un agrément exacerbé par la combinaison de son 2 litres diesel coupleux et élastique, bien secondé par une boite 8 automatique bien étagée. Vigoureux en reprises, alerte en accélération, le 2,0 l CDTi et ses 400 Nm de couple pêchent peut-être par une insonorisation qui aurait gagné à être peaufinée. Jamais réellement dérangeant, il reste néanmoins présent quasi en permanence. Mais, au delà de son dynamisme de très bon aloi, ce bouilleur se distingue par une sobriété de très bonne facture. Sur notre essai qui a dépassé les 1200 bornes, dont une proportion non négligeable de bouchons et un bon tiers de routes de campagne, notre moyenne s’est établie à 6,9 l/100 km. En comparaison de son petit frère 1,6 l de 120 ch et plus léger de 180 kilos, on peut même parler de petit exploit.

Et si…

L’Opel Grandland X, avec son style sobre mais à la fois classe et sportif, son rapport prix/équipement très compétitif et ses prestations de haut vol lorsqu’il est équipé du 2,0 l CDTi et de la boite automatique était la proposition la plus intéressante depuis longtemps chez Opel ? Habitable, confortable et agréable à conduire, il combine aspects pratiques et efficacité. Surtout, il confirme le regain d’intérêt des produits au Blitz.