Dernière marque américaine du groupe FCA a être vendue en Europe, Jeep a fait du tout-terrain sa spécialité et du SUV son fonds de commerce. Un genre automobile qui a le vent en poupe un peu partout dans le monde, au point d’avoir contaminé toutes les catégories. Déjà riche de trois modèles pour autant de segments – Renegade, Cherokee et Grand Cherokee – Jeep se devait de combler le vide entre les deux premiers cités. Voilà qui est fait avec un « baby » Grand Cherokee, le Compass de deuxième génération.

Alors que la première génération avait traversé ses quelques années de carrière dans un anonymat quasi total, sa descendante devrait crever l’écran. Au moins la marque lui a-t-elle donné tous les atouts pour y parvenir. Premier point fort de la nouvelle Compass, son style ! Fortement inspiré de celui de la Grand Cherokee, la dernière venue présente un design aussi statutaire tout en l’imprégnant d’une touche de dynamisme et de sportivité qui plait tant au public visé. Plus léché et moins extrême que celui de la Renegade, le SUV compact de Jeep affiche une image beaucoup plus « premium ». Du moins à l’extérieur. Une fois dans l’habitacle, on retrouve un univers habituel pour la marque américaine… et une finition tout aussi typée Outre-Atlantique, mais moderne. Car, si les matériaux et les ajustements ne sont pas encore aux standards des références européennes, il faut bien reconnaitre que l’ensemble inspire toutefois confiance quant à sa tenue dans le temps et les progrès sont notables par rapport à la première génération qui était encore très « plastoc ».

Si le premier opus de Compass avait perdu le nord avec un style insipide et une finition indigeste, la nouvelle a changé de cap et aligné son compas sur la bonne voie. Et, soyons clairs, l’un des arguments de vente principaux des SUV aujourd’hui relève du style. Le second tient à la sensation de sécurité que peut dégager ce genre de véhicules. Sur ce plan-là aussi le contrat est rempli. Bien assis, haut et confortablement engoncé dans son fauteuil, le conducteur – ou la conductrice car nul doute que la clientèle féminine sera sensible aux charmes de la Compass – n’aura pas trop de mal à s’adapter à l’ergonomie du cockpit et du système multimédia et de commandes tactile. Si ce dernier ne présente pas de défaut majeur, il gagnerait à davantage de fluidité et d’intuitivité dans la présentation des menus et l’accès aux commandes. On doit encore trop souvent quitter la route des yeux pour s’y retrouver. Rien à dire, par contre, sur la qualité de la commande vocale du téléphone, très utile et au point.  Comme évoqué plus haut, l’intérieur propose des lignes agréables même si manquant de fantaisie et/ou de finesse. Mais dans l’ensemble, le style est cohérent et plaisant. Seule fausse note – selon votre serviteur – le pommeau de levier de vitesses en boule métallisée lisse aurait davantage sa place dans une Abarth que dans une Jeep sans la moindre prétention sportive, bémol auquel s’ajoute celui d’une surface plutôt glissante qui ne facilite pas la prise en main dudit pommeau.

Bien assis visuellement, le Compass surprend par sa relative étroitesse une fois au volant. On s’attend à un encombrement supérieur.  Du haut de se 4,40m, le dernier-né de la famille Jeep offre de la place pour quatre adultes certes, mais l’espace n’est pas non plus pléthorique et le coffre ne laisse pas une impression de volume exceptionnel. Par contre, il présente des formes régulières et facilement exploitables et offre un accès plutôt aisé. En soi, la Compass peut s’envisager sans appréhension comme un véhicule familial et offrira un confort de bon aloi à ses 4+1 passagers. Quoique… nous ne saurions vous conseiller d’éviter les superbes jantes de 19 pouces. Chaussées de pneus taille basse, ces dernières nuisent au confort, mais pas seulement. Nous y reviendrons.

Destinée à un usage urbain autant qu’extra-urbain, cette Jeep pêche comme la majeure partie de ses concurrentes – d’une visibilité de ¾ arrière très limitée. Vive la caméra de recul et les grands rétroviseurs ! Des rétros extérieurs très efficaces et qui comprennent le désormais habituel témoin de présence dans l’angle mort. Voiture américaine oblige, ce témoin lumineux se double d’une alarme sonore lorsque vous vous rabattez trop vite au goût du système après un dépassement. Un bip qui peut vite devenir horripilant et ne peut malheureusement pas être désactivé. Dommage.

Nous l’avons dit, la Compass de deuxième génération offre un style plus premium et plus sportif, conforme aux canons actuels dans la catégorie. Mais de sport il n’en est aucunement question une fois le SUV en mouvement. Essayée dans sa finition haute Limited mais avec le moteur essence de base, en traction avant, notre monture offrait un confort de roulage altéré par les pneus de grand diamètre à taille basse et par des prises de roulis un peu trop marquées une fois que le rythme s’accélère. Enfin, s’accélère… n’exagérons rien. Parfaitement adapté à une utilisation urbaine et en périphérie, la combinaison du 1,4l Turbo essence d’origine FIAT et de la boîte mécanique à 6 vitesses trouve ses limites lorsque vous décidez d’emprunter l’autoroute ou quelque trajet sinueux nécessitant des relances régulières. Avec plus de 1,5 tonne à vide et un peu plus de 200 Nm de couple, pour 140 chevaux, vous devrez régulièrement redescendre d’un ou deux rapports – deux c’est mieux – pour récupérer suffisamment de vigueur. Certes, la sonorité du quatre pattes reste agréable, mais à l’instar du pommeau de levier de vitesses, il conviendra mieux à une 500 Abarth qu’à ce SUV. Nous ne saurions donc que vous conseiller d’opter pour l’autre version essence, même moteur mais poussé à 170 chevaux, ou mieux encore, de choisir une des propositions Diesel, beaucoup plus coupleuses et adaptées au poids de la voiture. Dommage, car le confort général du modèle permet d’envisager sans soucis des déplacements au long cours grâce aux sièges moelleux, à une climatisation efficace et à une installation audio de qualité.

Désireux de hisser son image de marque au niveau des premiums du Vieux Continent, Jeep a progressé en termes de style, plus léché, de finition, plus qualitative et de comportement. Mais qu’en est-il des tarifs ? Disponible uniquement en 4×2, le 1,4 l MultiAir s’affiche en finition haute Limited à 32.300 € et peut se targuer d’un équipement déjà très bien fourni comprenant, entre autres, la climatisation bi-zone, les essuie-glace et phares automatiques, l’écran tactile 8,4 pouces, l’installation audio Beats, la connexion USB, le démarrage mains-libres, les jantes de 18 pouces et la banquette rabattable en 3 parties ou le réglage électrique du soutien lombaire à l’avant…

Notre modèle d’essai bénéficiait de quelques options telles que les roues de 19 pouces (700 €), sièges avant et volant chauffants, tapis all-weather, la caméra de recul, le radar de parking avant et arrière, le détecteur d’angle mort, le système de navigation premium ou les sièges en cuir électriques, etc. Certaines étant reprises sous forme de packs, plus intéressants. Au total, notre Compas s’échangeait contre un chèque de  37.250 €, Un prix somme toute compétitif. Cela dit, avec une consommation moyenne de 8,3 l/100 km, en adoptant une conduite préventive, les jantes de 19 pouces et le poids conséquent du modèle se rappellent à vous et à votre porte-feuille.

 

Et si…

Le Compass était la bonne affaire de la gamme Jeep, avec le style du Grand Cherokee en plus dynamique, plus compacte que le Cherokee tout en offrant une habitabilité intéressante et une maniabilité supérieure et les mécaniques de la Renegade, fiscalement plus intéressantes que celles de ses grands frères. En dehors de son petit moteur essence, un peu limité pour un tel véhicule, notre Compass nous a donné une envie : l’essayer en 4X4 et avec le couple d’un moteur diesel. C’est la preuve que Jeep a tapé dans le mille… ou pas loin.