Première épreuve de la Super Saison, les 6 heures de Spa-Francorchamps marquent également le retour de BMW en Championnat du Monde d'Endurance et les grands débuts de la BMW M8 GTE. Un défi de taille pour le constructeur bavarois face à des adversaires qui n'ont pas attendu la marque à l'hélice pour optimiser leurs propres montures.

Pour Jens Marquardt, débuter à Spa recèle une saveur particulière, le patron de BMW Motorsport étant très attaché au toboggan ardennais :  » Lancer le programme FIA WEC ici à Spa est vraiment un sentiment spécial pour moi. Spa-Francorchamps est clairement mon circuit favori, en Europe et même au niveau mondial. Avec son contexte au coeur des Ardennes, son tracé naturel avec de forts dénivelés et des virages spectaculaires et exigeants, il s’agit d’un véritable circuit d’hommes. En plus, il s’agit d’un lieu qui a toujours bien réussi à BMW avec des victoires de prestiges, dont 23 succès aux 24 Heures de Spa. »

Et Marquardt d’ajouter : « Nous sommes soulagés d’enfin entrer dans la compétition. Nous allons pouvoir mieux nous situer par rapport à nos concurrents. Après le Prologue, personne ne pouvait tirer de conclusions étant donné qu’en l’absence de contrôle technique etc., il est impossible de savoir dans quelle configuration chacun a roulé. »

Quand nous lui demandons s’il pense que la BoP permettra aux M8 GTE de se battre face aux Ford, Porsche, Ferrari ou Aston Martin, il émet quelques réserves :  » La FIA a mis en place un système de BoP automatique qui nécessitera forcément plusieurs épreuves pour qu’un bon équilibre soit trouvé entre les voitures déjà balancées – Ford et Porsche – et celles qui ont fortement évolué – Ferrari – ou sont nouvelles – BMW et Aston Martin – et donc vierges de toutes données réellement exploitables. Je fais confiance aux instances technique pour faire au mieux, mais je ne m’attends pas à pouvoir nous battre dès cette première épreuve. Nous nous concentrons principalement sur notre propre travail pour poursuivre l’apprentissage de la voiture, du championnat etc. »

En dépit de ses réserves, Jens Marquardt se veut enthousiaste quant à la dernière création de BMW Motorsport :  » La M8 GTE est une vraie première, une voiture vraiment spéciale pour nous car c’est la toute première BMW de course qui a été conçue et engagée avant que le modèle routier soit proposé à la vente. Nous avons certes travaillé sur base d’une voiture déjà conçue, mais nous avons pu aller très loin dans la conception et l’adaptation au règlement technique. Ce fut toutefois un vrai défi car certaines choses ont évolué au niveau du design technique de la voiture de série et nous avons dû nous y adapter. Au final, je suis directement tombé amoureux de cette M8 GTE. Il s’agit clairement de la meilleure GT de compétition jamais conçue par BMW Motorsport et surement l’une des plus belles. »

Découvrant la catégorie GTE et le championnat en tant que pilote officiel, Nick Catsburg et Antonio Felix Da Costa ne cachent pas leur enthousiasme à l’égard de ce nouveau challenge.

Nick Catsburg : « Enfin, on entre dans le vif du sujet. C’est génial d’avoir été impliqué dès le début du programme et d’avoir pu participer au développement de la voiture. L’implication de BMW Motorsport dans ce projet est impressionnante. On peut sentir l’énergie et la passion de tous les membres de l’équipe, des ingénieurs, des pilotes. Certains pourraient penser que MTEK arrivera dans l’inconnu en endurance avec son passé en DTM, mais en réalité les gars qui composent l’équipe viennent d’horizons très divers et le niveau de professionnalisme et de compétence de chacun est vraiment impressionnant. ce qui ne les empêche pas d’être à l’écoute de pilotes comme moi qui ont déjà une certaine expérience des épreuves de longue haleine. »

Et le Néerlandais de confier, à titre plus personnel : « Piloter une GTE représente un vrai bonus. On parle enfin de vrai pilotage parce que nous n’avons plus d’ABS et c’est au pilote à gérer ses freinages, à sentir la limite pour ne pas bloquer ses roues, c’est vraiment fun. En plus, contrairement au GT3, nous roulons avec des pneus spécifiques, développés pour la voiture et ça change beaucoup de choses. Je ne sais pas où nous nous situerons exactement par rapport à la concurrence et je doute franchement que tout le monde dévoile son vrai potentiel avant les qualifications… du Mans. Peu importe, nous nous concentrons sur notre travail et notre premier objectif : les 6 Heures de Spa. Même si la première grande échéance sera le double tour d’horloge sarthois 2018 avec l’ambition de nous battre pour la victoire. »

Antonio Felix da Costa : « Pour moi, c’est un tout nouveau défi. Piloter une GTE me change énormément des formules monoplaces que j’ai expérimenté avant, il en va de même pour le DTM qui s’apparente davantage à un prototype avec énormément d’appui. Et je ne parle même pas de la comparaison avec la Formula E. Mais c’est fun. je prends vraiment beaucoup de plaisir et j’ai hâte d’en découdre sur la piste. Le GTE est probablement la catégorie la plus relevée du plateau avec 10 équipages 100% pro et cinq constructeurs impliqués. Pour moi, la seule vraie difficulté est de gérer au mieux le trafic et principalement les LMP2 qui sont nettement plus rapides que nous – ne parlons même pas des LMP1 – mais qui sont parfois pilotées par des pilotes amateurs qui ont un comportement disons… surprenant en piste avec des trajectoires peu académiques et qui tentent parfois de dépasser à des endroits où la prudence est de mise. Mais ça fait partie du job et l’objectif reste de faire gagner la M8 GTE. »