Après une épreuve d'ouverture contrastée à Monza, Emil Frey Lexus Racing a connu davantage de réussite en terres britanniques avec un podium à la clé pour Stéphane Ortelli, Markus Palttala et Norbert Siedler. Voici le chronique du Finlandais.

Nous nous sommes rendus à Silverstone pleins d’optimisme. L’équipe a travaillé dur après l’entrée en matière difficile à Monza et ils avaient déjà connu un weekend plus positif en Sprint Cup à Brands Hatch deux semaines plus tôt. J’étais confiant quant au fait que Silverstone conviendrait davantage à la Lexus RC F GT3 et qu’avec les améliorations apportées, nous aurions de bonne chances de terminer dans le Top 10, ce qui est notre objectif depuis le début de la saison. Marque un point peut sembler un but peu ambitieux, mais il faut se souvenir qu’en Blancpain Endurance Cup, vous devez battre 40 voitures compétitives pour y parvenir.

Le weekend a débuté sur des sensations contrastées. J’étais le premier à prendre le volant en essais libres et nous avons eu quelques soucis à régler mais c’était sympa de constater que le comportement était bien meilleur. Toutefois, lors de mon premier tour rapide, la colonne de direction a cassé et j’ai tiré tout droit dans le complexe de Maggots et Becketts, l’endroit le plus rapide du circuit. Heureusement, j’ai juste tondu un peu l’herbe et il n’y eu pas d’autres dommages à la voiture mais nous avons perdu la majeure partie de la séance car je n’ai pas pu rejoindre le stand sans direction. Les préqualifications se sont déroulées sans soucis et nous avons pu rattraper notre retard sur le programme de préparation et nous avons senti que nous avions de bonnes chances de nous qualifier près des avant-postes le dimanche matin.

Se qualifier en Blancpain Endurance Cup est toujours compliqué, ce que j’ai appris à ne pas aimer. Avec plus de 50 voitures sur la piste, il est très difficile de trouver un tour clair. Le trafic est le même pour tous, mais ce qui est particulièrement désagréable est que certains pilotes ralentissent énormément dans le dernier virage lors de leur tour de sortie pour créer un espace libre et bloquent les autres qui sont dans leur tour rapide. C’est tout simplement un manque de respect entre pilotes et la direction de course n’intervenant pas, cela rend la manoeuvre autorisée. Pour empirer les choses, cela ruine deux tours en vous ralentissant dans le tour en cours et pour le suivant. Ça m’est arrivé à Monza et à nouveau à Silverstone, par coïncidence, deux fois avec une Mercedes.

© Emil Frey Lexus Racing

C’est un aspect des qualifications en Blancpain que nous devons accepter, mais cette fois j’ai été doublement malchanceux quand la Q1 a été interrompue par un drapeau rouge alors que j’étais sur le point d’améliorer mon chrono d’une bonne seconde. Au lieu de ça, j’ai terminé dix-septième au lieu de deuxième et laissé du pain sur la planche à mes équipiers. Stéphane a terminé cinquième en Q2 et Norbert seizième en Q3 après avoir lui aussi terminé en perdant quelques dixièmes. Le résultat combiné nous a placés en huitième position, ce qui atteste que d’autres voitures ont connu le même problème que nous. Notre voiture soeur a eu plus de réussite et s’est qualifiée au troisième rang, permettant d’avoir les deux voitures en bonne position au départ. Ce fut une sensation agréable d’être compétitifs et j’étais certain que nous avions un bon package, qu’il s’agisse de bons arrêts et stratégie jusqu’aux 6 pilotes.

Juste avant le départ, nous avons été informés que nous nous élancerions du sixième rang car deux voitures nous précédant avaient été disqualifiées. Mais l’Aston Martin en pole ayant fait appel, nous sommes partis septièmes. Stéphane a pris le départ, gagnant une place, nous plaçant dans le groupe de tête. Je suis remonté en piste pour le deuxième relais en cinquième position parce que l’autre Lexus a perdu du temps en raison d’un pistolet pneumatique défectueux. J’étais dans le sillage de la Mercedes #4 quand nous nous sommes retrouvés dans le trafic et j’ai pu la passer. J’ai ensuite rattrapé Brundle avec l’Aston Martin #62. J’ai passé le reste de mon relais à chercher l’ouverture, mais c’est difficile face à une voiture qui accélère plus fort et va plus vite en ligne droite. Finalement, quelques tours avant la deuxième salve d’arrêts aux stands, il a commis une petite erreur et j’ai pris la troisième place. Ce fut un bon run qui nous a placé dans une position nous permettant de nous battre pour le Top 3 pour la première fois. Mais pendant que nous nous battions pour le podium, les deux leaders en avaient profité pour prendre le large. Norbert (Siedler) est reparti avec l’intention de se battre avec la Mercedes #88 mais très vite il est apparu que l’AMG GT3 était plus rapide et Norbert a dû se concentrer sur la défense de sa position avec Vanthoor qui se rapprochait très rapidement dans l’Audi #1. Il s’est défendu comme un champion face à une voiture bien plus rapide et nous avons pu grimper sur le podium.

© Lexus

Je suis très heureux de ce résultat. J’ai gagné cette course deux fois par le passé, mais cette troisième place fut aussi intense et délectable. Je savais que nous avions un package nous permettant de viser un jour le podium, mais je n’aurais jamais cru que ça arriverait aussi vite dans la saison, surtout en voyant combien nous étions largués un mois plus tôt. Ce fut le premier podium au général pour Emil Frey Racing et le premier pour Lexus en Blancpain, donc au final, ça avait un gout de victoire pour toutes les personnes impliquées.

Aujourd’hui, quelques jours après la course, l’attention est déjà tournée vers la prochaine course dans deux semaines. À Silverstone, nous avons terminé troisièmes avec une performance parfaite de l’équipe et de tous les pilotes mais il est évident que plusieurs voitures, comme l’Aston, la Mercedes et l’Audi, étaient plus rapides en course. Notre performance a aussi été favorisée par le tracé, le grip supplémentaire du nouvel asphalte et des températures plus basses. Nous devons continuer à travailler dur pour conserver cette forme au Paul Ricard car ce n’est pas un circuit favorable à notre voiture et il fera encore plus chaud. En sus, c’est une course de six heures, et la dernière fois que j’y ai participé, j’ai terminé troisième en m’élançant de la voie des stands, donc tout est possible.

Markus