L’échéance des Total 24 Heures de Spa se rapproche à grands pas. Le samedi 28 juillet à 16h30, lorsque les feux passeront au vert pour la course d’Endurance GT la plus relevée au monde, deux pilotes membres du Belgian Audi Club entameront un double tour d’horloge sur lequel ils fondent beaucoup d’espoirs. Engagé au sein du Belgian Audi Club Team WRT, Dries Vanthoor fera équipe avec l’Espagnol Alex Riberas et l’Allemand Christopher Mies, soit le trio qui mène actuellement la Blancpain GT Series Endurance Cup…

À l’inverse, Frédéric Vervisch ne sera présent que pour la grande classique belge. À cette occasion, le Courtraisien de 31 ans intégrera les rangs de l’Audi Sport Team Saintéloc, soit l’équipe victorieuse il y a un an. Il y retrouvera les Allemands Markus Winkelhock et Christopher Haase, qui faisaient déjà partie du trio lauréat en 2017. À moins de deux semaines des premiers essais, il se confie.

Fred, comment s’est fait ce rapprochement avec la formation Saintéloc ?

« Franchement, c’est Audi Sport Customer Racing qui m’a placé là et… ça a été une surprise ! Je m’attendais plutôt à participer à la course avec WRT. Même si ce sera bizarre d’être dans un autre garage, je dois dire que je suis plutôt flatté : j’ai été choisi pour rejoindre les tenants du titre aux côtés de deux des vainqueurs de 2017. C’est tout de même une très belle marque d’estime et de confiance de la part de mon employeur ! »

Connaissiez-vous l’équipe française auparavant ?

« Je connaissais certains membres parce qu’on se croisait dans le paddock, mais je n’ai jamais roulé pour eux. Je les ai découverts lors du Test-Day à Spa et cela s’est très bien passé. C’est une équipe qui est plus petite que WRT, mais où on ressent la même passion pour la compétition. Les premières impressions sont très bonnes : clairement, ce sont des gens qui font bien leur boulot. »

Les Total 24 Heures de Spa, c’est une course qui vous faisait rêver enfant ?

« Pour être tout à fait honnête, mon premier souvenir des 24 Heures, c’est de regarder à la télévision une course de voitures de tourisme qui n’étaient pas vraiment spectaculaires, en 1999 ou en 2000… Donc ça ne m’a pas fait rêver tout de suite. Mais quand je vois ce qu’est devenue cette épreuve aujourd’hui… Pour les pilotes de GT3, c’est incontestablement la plus belle et la plus importante de la saison. Mon avis a bien changé depuis ma jeunesse : aujourd’hui, je peux vous dire que j’en rêve ! Tout pilote de GT veut la gagner au moins une fois, et c’est encore plus vrai en tant que Belge. Mais le niveau est incroyable et je sais à quel point c’est difficile. Je pense même que c’est de plus en plus difficile… »

On dit ça chaque année, non ?

« Franchement, je pèse mes mots. En 2017, j’étais convaincu d’avoir tous les éléments pour l’emporter : une super équipe, une excellente voiture, des équipiers très performants… On a terminé à 1’30 des vainqueurs, mais à la 5e place seulement ! Cela démontre l’intensité de la bagarre. Ça se joue vraiment sur des détails. L’an dernier, on a perdu un tout petit peu de temps suite à un souci lors du changement de freins et avec un concurrent qui n’a pas bien suivi la file du Safety Car. Ça peut paraître anecdotique, mais ça se paie cash. »

On a tendance à dire que c’est un sprint de 24 heures. La formule n’est-elle pas un peu exagérée ?

« Non. Il n’y a plus de stratégie : c’est à fond tout le temps ! L’an dernier je n’avais jamais été aussi fatigué physiquement et mentalement au terme d’une course d’endurance. Tout simplement parce qu’il faut être à 100% en permanence, toujours attaquer un adversaire ou défendre sa position… Sans oublier la gestion du trafic ! Tu ne peux pas prendre de risques inutiles, mais tu ne peux pas te permettre d’attendre derrière un pilote plus lent car tu perds rapidement 1 à 2 secondes. Or, dans ta lutte avec tes adversaires, tu es content si tu leur reprends 2 ou 3 dixièmes par tour à la régulière. Autant dire qu’il te faut 10 tours et énormément d’énergie pour récupérer 2 secondes que tu aurais laissées dans le trafic… C’est pour ça que c’est tellement intense. »

Quelle sera votre préparation avant la course ?

« Même si ça peut paraître surprenant par la différence de puissance entre les voitures, le fait de participer aux 25H VW Fun Cup est toujours une bonne chose, notamment car on reprend des repères de nuit. J’ai d’ailleurs signé le meilleur tour en course durant la nuit, donc c’est peut-être de bon augure… (il rit, NDLR) Je dispute ce week-end une course du FIA WTCR (la Coupe du Monde des Voitures de Tourisme, NDLR) avec une Audi RS 3 LMS de l’Audi Sport Team Comtoyou sur le Slovakiaring, puis je me concentrerai à 100% sur les 24 Heures. Physiquement, je ne fais rien de plus qu’entretenir ma forme en faisant du sport, mais rien d’extrême pour ne pas me blesser. D’ici-là, je vais aussi essayer de bien dormir, de manger sainement et d’arriver au top. Croyez-moi, je vais tout donner pour la gagner cette course ! »