Comment rendre hommage à Clovis autrement qu'avec un dessin...?

Je n’ai pas eu le plaisir de connaître Clovis personnellement.

Encore très jeune, j’ai découvert son talent dans ses deux livres, que mon père possédait: « Clovis, dessine-moi une auto » et le fabuleux « Historickx ». Je suis évidemment tombé amoureux de son coup de crayon. Comme un fan de foot prend pour modèle Ronaldo ou Messi, un fan de dessin automobile prend Clovis.

Plus que la perfection de ses dessins réalistes, ce sont ses cartoons qui m’ont fasciné. Avec leurs grosses roues, leurs traits rondouillards et l’expression de leurs faces avants, les voitures de ses cartoons ont un dynamisme incroyable.

« Tout petit à l’école, j’étais puni quand je dessinais dans mes cahiers. Maintenant je suis payé pour le faire. Que rêver de mieux? » Clovis.

Je pense que tout dessinateur, qu’il le fasse pour le plaisir ou professionnellement, a couvert ses cahiers de dessins. C’était le cas de Claude, c’était mon cas également. N’ayant pas son génie, c’est en observant ses réalisations que j’ai appris, énormément. Sans lui, je serais toujours incapable de dessiner une voiture correctement.
Même si je ne l’ai jamais côtoyé de près, il était à mes côtés à chaque cartoon que j’ai fait, et il le sera encore jusqu’à ce que je ne puisse plus tenir un porte-mine.

J’ai rencontré Claude deux fois: une première très jeune, à l’International Motorshow, et une seconde fois récemment. Je lui avais commandé une reproduction du dessin de Gilles Villeneuve dans ses œuvres (en glisse, ndlr.). Pour m’éviter les frais d’envoi, il avait proposé de le prendre avec lui lors de la présentation du projet de Vanina à Pikes Peak chez Gillet, car j’habite à 10 minutes de là. Se comportant avec moi comme si j’étais un ami de longue date, il m’a proposé d’entrer avec lui, m’invitant à profiter et observer les belles Gillet.

C’était ça Clovis, un artiste au talent immense, mais d’une simplicité et d’une générosité tout aussi grande. Les nombreux hommages à son égard en témoignent.

Adieu Claude. Tu laisses un vide immense, mais aussi des œuvres par centaines, plus belles les unes que les autres. Merci pour tout, et bon voyage…

©Audran Lernoux