Quand on interroge les pilotes BMW, jamais le plateau n'a été aussi relevé, mais jamais BMW n'a été aussi bien préparé pour le double tour d'horloge ardennais. Morceaux choisis de notre rencontre avec Jens Klingmann, Jesse Krohn et Alexander Sims.

À propos des équipages BMW
Jens Klingmann > Nous avons attendu longtemps avant de savoir qui roulerait sur quelle voiture, mais dans l’absolu, nous sommes tous des pilotes professionnels et avons tous – ou presque – l’expérience des courses de 24 heures, du pilotage de nuit et du GT3. Donc finalement, ce n’est pas très important de savoir avec qui on sera dans la voiture, nous savons que nous pouvons avoir confiance en chacun.

Jesse Krohn > C’est vrai que BMW et ROWE Racing ont pris l’habitude de modifier régulièrement les équipages, mais au final ça ne change pas grand chose pour nous. Cela dit, je suis content de retrouver Marco (Wittman) et Ricky (Collard) avec qui nous formons un bon trio.

Quelle stratégie adopter ?
Jens Klingmann > Peu importe le championnat et la distribution de points après 6 et 12 heures. Notre objectif c’est de gagner la course et pour ça, il faut essayer d’être devant dès le premier tour. Avec un plateau pareil, chaque tour sera un tour de qualifs.

Alexander Sims > Je ne crois pas qu’il soit encore possible de rééditer le coup de 2016 en se « contentant de rouler proprement en ne faisant aucune erreur. Le nombre de candidats sérieux au podium et à la victoire a tellement augmenté, l’implication des constructeurs est si importante que le rythme en course sera au moins aussi important que d’avoir une course propre. Bien entendu, rester à l’écart des embrouilles, ne pas commettre d’erreur de stratégie ou de pilotage reste obligatoire, mais ça ne suffira clairement plus.

Quelles seront les clés en tant que pilote ?
Jesse Krohn > La chaleur va jouer un rôle important. Je pense que les pilotes qui ont une meilleure condition physique – même si nous sommes tous pros et bien entrainés – pourront faire une différence si les températures restent aussi élevées. Il sera important de rester alerte et lucide dans le trafic et la récupération entre les relais sera cruciale.

Alexander Sims > Bien gérer les dépassements. Aujourd’hui, contrairement à ce qui prévaut au Nürburgring par exemple, le trafic est particulièrement délicat. Avec une seule catégorie en piste – ou presque – tout le monde dispose, à peu de choses près, d’une voiture avec les même capacités que les autres et les pilotes Am se débrouillent de mieux en mieux, donc un dépassement est chaque fois un vrai dépassement pour lequel il faut se battre, surtout face à des voitures qui sont parfois plus rapides que nous en ligne droite.

Jens Klingmann > Je pense que nous devrons nous appuyer sur l’expertise du ROWE Racing pour nous donner la base d’un potentiel bon résultat. En plus, chaque pilote devra être capable de se donner à fond tout en gérant au mieux les pneus. Pour nous, la difficulté est connue depuis l’entrée en lice de la M6, c’est le manque de grip dans les virages lents quand il fait aussi chaud. Notre voiture préfère nettement les températures basses, mais je pense que quasi tout le monde rencontrera des difficultés avec les gommes. L’objectif sera de doubler les relais de nuit et, dans la mesure du possible, de conserver des trains frais pour la fin de course.

Qui est le favori ?
Jens Klingmann > Aucune idée. C’est tout bonnement impossible à dire. Je crois qu’il y au moins six ou sept marques qui peuvent clairement prétendre à la victoire, avec plusieurs voitures à chaque fois. Faisons-nous partie des favoris ? Disons plutôt que nous sommes de très sérieux outsiders, et ça nous convient bien !

Jesse Krohn > Difficile à dire. Tout le monde a-t-il déjà dévoilé son jeu depuis le début de la saison ? J’en doute. On pourra peut-être désigner une ou l’autre GT3 plus à l’aise que le autres après deux ou trois heures de course, mais jusque là impossible de faire un pronostic.