Sur un segment de plus en plus disputé qu’est celui des compactes, BMW a dû mettre en place des compromis sur sa nouvelle Série 1 pour assurer les ventes de son modèle d’entrée de gamme sur le long terme. Reste donc à voir ce que cela donne une fois derrière son volant.

Entre les normes de pollution et la technologie de plus en plus intégrée à nos automobiles, développer une voiture ne se limite plus à proposer une voiture à la conduite agréable et à la fiabilité exemplaire.

Partant de ce constat, BMW a décidé de totalement réinventer sa Série 1, de façon à conserver son attrait auprès des jeunes et des flottes de sociétés. Visuellement, ce changement se remarque facilement, puisque cette nouvelle génération repart sur une feuille blanche. Uniquement disponible en cinq portes, elle conserve toutefois les dimensions de la précédente génération. Malgré cela, grâce au changement de plateforme, ne laissant plus la place qu’à des trois, voire quatre cylindres, l’habitabilité à bord évolue considérablement. Le capot moins long lui donnera cependant un look globalement moins sportif celui de l’ancienne. Mais rassurez-vous, elle est plus sympathique à regarder en vrai que sur les photos. Au final, on se retrouve donc avec une béheme au look plus “standardisé”.

Sans pack, l’extérieur se montre moins austère qu’auparavant, avec des boucliers plus recherchés en terme de design. En optant pour les finitions haut de gamme, telles que le Pack M, la compacte profite d’un look plutôt sympathique et agressif. Toujours en optant pour cette finition, l’intérieur bénéficie d’un traitement plus radical. Les sièges sont désormais taillés en une pièce, un peu façon Z4, et nous retrouvons pas mal de rappels des couleurs BMW Motorsport. Globalement, nous notons une fameuse amélioration des matériaux et du niveau de finition apporté aux différents composants de l’habitacle. Pour en revenir aux sièges, ils apportent toujours suffisamment de maintien, ainsi qu’un niveau de confort plus que correct. Marque de fabrique oblige, ils sont équipés de beaucoup de réglages, pour une position de conduite sur mesure.

A son bord, plus rien à voir avec la version sortante. Le retard face à la concurrence est rattrapé avec l’apparition de nouvelles technologies de pointe et d’un design repensé à tous les niveaux. Cette Série 1 s’embourgeoise indéniablement ! En fonction des packs choisis, il est possible d’opter pour une instrumentation semi-numérique, ou pour le cockpit virtuel déjà bien connu des nouvelles Z4, X5, Série 8 et autres… Grâce à cela, cette Série 1 pourra facilement séduire les plus “geeks” d’entre nous et les business man, toujours à la recherche de plus de connectivité pour une facilitation des déplacements. Ici, il est possible de relier son agenda, de connecter son compte Spotify, ou encore de pré-programmer le GPS à distance.

Avec sa nouvelle architecture intérieure, BMW bouleverse pas mal ses clients habitués. La console centrale accueille désormais le bouton d’allumage et toutes les options liées à la partie “conduite” de la voiture. La molette de pilotage du système multimédia est toujours présente, mais elle peut être totalement oubliée avec l’apparition d’un écran entièrement tactile.

En faisant donc abstraction du côté purement passionnel, cette nouvelle “One” se montre donc réjouissante et à la hauteur des standards du marché. Reste donc maintenant à voir si le travail apporté à son châssis parviendra à nous faire avaler la pilule du passage à la traction.

Pour tester cela au mieux, BMW BeLux nous a concocté un petit road trip démarrant de Bruxelles, jusqu’à la magnifique ville de Durbuy. Notre trajet débute donc avec plus d’une bonne cinquantaine de kilomètres d’autoroute, où notre 118i Luxury Line boîte mécanique se montre exemplaire. Le confort est revu nettement à la hausse, à tel point que nous avons l’impression d’évoluer au volant d’une Série 3. Le petit trois pattes 1,5l n’est pas avare en reprises, tout en affichant une consommation dépassant à peine les 6l/100km, en plein rodage. Ses 140 chevaux, envoyés exclusivement aux roues avant, expédient la compacte à 100 km/h en 8,5 secondes.

En arrivant sur les petites routes ardennaises, “notre” 118i surprend une fois de plus. Si notre côté nostalgique nous rappelle le tempérament propulsif de la précédente génération, il faut admettre que BMW a pu assumer au mieux son choix, en proposant une voiture, certes, moins fun, mais toujours un cran au dessus de la concurrence en matière de “Driving Pleasure”. Le châssis laisse apparaître un réel potentiel, avec des prises de roulis insignifiantes et un moteur aussi dynamique que sobre.

Arrivés sur le parking de notre étape, nous troquons les clés de la 118i pour une version plus… sportive : la M135i. Officiant désormais en haut de la gamme, elle vient concurrencer les Audi S3, VW Golf R et autres Mercedes-AMG A35. Elle est donc animée par un nouveau bloc à quatre cylindres d’une cylindrée de 2l. Il développe une puissance de 306 chevaux pour 450 Nm de couple. Ici, la puissance est envoyée aux quatre roues par l’intermédiaire d’une transmission xDrive. A noter que cette dernière conservera en priorité un tempérament de traction, et sera au maximum capable de répartir la puissance à hauteur de 50:50 sur les deux essieux.

Ici, plus le choix d’opter pour la boîte mécanique. La boîte auto ZF est un standard. Heureusement, celle-ci, bien connue puisqu’elle est utilisée sur la quasi totalité de la gamme, est une véritable merveille en terme de réactivité et de fiabilité.

Le temps de quitter Durbuy et de laisser chauffer la mécanique, nous apprécions cette M135i comme une voiture tout à fait normale, et à peine moins discrète qu’une Série 1 classique équipée d’un pack M. En mode confort, le 2.0l laisse sortir une sonorité très feutrée. Nous arrivons désormais sur les routes sinueuses. Mode sport enclenché, la sportive enchaîne les courbes avec une aisance déconcertante. Le moteur, coupleux sur toutes les plages de régime, assure avec brio les sollicitations du pied droit, mais manque de timbre à l’échappement.. Merci l’Union Européenne ! Le châssis, encore un peu plus affûté que sur la 118i du matin, est exemplaire, à tel point qu’il est quasi impossible de le faire décrocher, aussi bien de l’avant que de l’arrière train. Là où l’ancienne Série 1, équipée de son six en ligne, avait tendance à vouloir jouer en permanence, ce nouvel opus se montre plus efficace que jamais.

 

Et si…

Il faut reconnaître que le passage à la traction et l’arrêt du six en ligne nous laisse un goût amer en tant que passionnés de la marque ou d’automobile sportive en règle générale, BMW a su exploiter au mieux ses qualités de constructeur et de motoriste pour nous proposer une voiture plus en lien avec les réalités du marché.