Blancpain Endurance Series

Résumé de course / 24 Heures de Spa-Francorchamps

Les 24h de Francorchamps vus par le photographe d’Actu Moteurs

Pour avoir vécu cette édition des 24h de Spa de l’intérieur, je vais m’atteler à vous livrer mon ressenti par rapport à l’expérience que j’ai pu vivre sur le circuit plutôt que l’analyse brute des résultats et des chiffres. Dans sa globalité, je ne retirerai de cette édition que du positif tant une semaine à Francorchamps comme celle-ci peut être intense à tous les niveaux.

Tout d’abord il y a l’aspect physique. Ça n’a l’air de rien mais ce circuit n’est pas facile du tout pour un photographe. Certes nous pouvons nous poser en salle de presse au sec et au chaud quand nous avons un coup de fatigue, certes un service de navettes est mis en place pour nous déplacer autour du circuit quand nous voulons aller prendre des photos mais il ne faut pas oublier que malgré cela on marche beaucoup et ce circuit est loin d’être plat ! Il y a un dénivelé de 97 mètres entre le point le plus haut du circuit et le point le plus bas. Le paddock n’est pas plat non plus. La moindre chasse à la photo dans ou derrière les stands ou sur la Pit Lane vous amène à monter, descendre, prendre des escalier en tous sens etc… et ce pendant 4 jours. Et les moments pour se reposer ne sont, mine de rien, pas nombreux. La première journée – le jeudi – se termine déjà aux alentours d’une heure du matin et nous ne sommes pas couchés avant 3 ou 4 heures du matin pour revenir au circuit dès le lendemain à 9 heures. Et puis nous avons cette nuit de la course qui ne nous laisse pas une minute de répit. Le meilleur moyen que j’ai pu trouver pour résister à l’endormissement reste d’aller faire un petit tour en Pit Lane.

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© Xavier Maes

La Pit Lane est cet endroit merveilleux où il se passe toujours quelque chose. Un concurrent qui rentre pour un changement de pneus/ravitaillement/changement de pilote, une voiture qui passe à moitié en perdition pour être réparée, des mécaniciens qui dorment à même le sol en pleine nuit et toutes ces autres scènes qui font d’une course automobile un moment unique. Mais la Pit Lane est également cet endroit dangereux où un accident peut arriver à tout moment. Même lorsque vous avez l’oeil dans le viseur de votre appareil photo, il faut toujours garder une oreille sur ce qui se passe autour. Les pilotes font leur course et ne veulent pas perdre le moindre dixième de seconde. Un gars dans le chemin peut faire perdre du temps alors ils foncent et vous avez intérêt à vous bouger ! Avoir une image prise au coeur de l’action est toujours impressionnant mais vous vous retrouvez au milieu du ballet des mécanos, nous ne devons pas interférer avec leur boulot tout en faisant le nôtre. Pas toujours facile de concilier tout ça. Dernier détail, un incendie est toujours possible lors d’un ravitaillement en carburant. Nous avons donc l’obligation de porter une combinaison ignifugée et un casque.

© Jérémy Iacovano
© Jérémy Iacovano

Il n’est pas spécialement aisé de faire des photos dans ces conditions, d’autant plus qu’il fait toujours chaud dans la Pit Lane. Les voitures de course sont bouillantes et nous pouvons ressentir cette chaleur et la tension nerveuse nécessaire à la survie dans cet environnement hostile renforce cette sensation. Nous sommes systématiquement liquéfiés en sortant de cet endroit mais nous n’avons systématiquement qu’une envie, y retourner !

On peut se dire qu’une course de 24 heures est suffisamment longue que pour pouvoir prendre le temps de faire les choses à notre aise. Et bien non ! Chez Actu Moteurs, nous vous avons proposé des points sur la course toutes les 3 heures. Ça peut paraitre long et « cool » mais à bien y réfléchir, il faut à chaque fois prendre le temps de se déplacer à l’endroit du circuit où nous voulons faire nos photos, il faut prendre le temps de faire nos prises de vues, être certain d’avoir tous les concurrents en images et que ces images soient bien exploitables, varier les cadrages puis retourner en salle de presse pour traiter les clichés dans le but que LA photo nécessaire pour le prochain article soit bien disponible en temps et en heure pour nos journalistes. Nous nous sommes fait un point d’honneur à illustrer nos articles avec des images presque « en live » avec les évènements. On peut alors ressentir au mieux ces bêtes fatiguées par la course, rafistolées au tape, la carrosserie maculée de débris divers et autres déchets de gomme.

© Xavier Maes
© Xavier Maes

D’un point de vue plus sportif, je dois avouer être très content pour Maxime Martin et le Rowe Racing pour cette victoire. Peu de gens misaient sur la nouvelle BMW M6 mais les dieux de la course étaient avec eux. Rien, absolument rien, n’est venu entraver leur marche en avant. L’équipe, les pilotes et la voiture ont été parfaits et n’ont pas commis d’erreur. Les victoires se jouent sur des détails, le Rowe Racing a tout fait pour les surmonter. L’émotion était grande dans la Pit Lane au moment où la BMW #99 a franchi la ligne d’arrivée en vainqueur. Maxime Martin est un chic type doublé d’un pilote au talent énorme qui a tant de fois effleuré cette victoire qui s’était jusqu’à présent toujours refusée à lui. Il a amplement mérité ces lauriers.

© Xavier Maes
© Xavier Maes

Je nourris quand même quelques déceptions. La première concerne Bentley. Là aussi l’équipage de la Continental frappée du #8 pouvait réellement rêver d’une victoire. Le char d’assaut britannique avait la vitesse et la fiabilité pour l’emporter mais comme le disait Christian Loriaux – le directeur technique de l’équipe M-Sport et designer de la Continental GT3 – « Nous avons fait beaucoup trop d’erreurs à tous les niveaux, nous avons pris trop de pénalités. Il n’y a personne en particulier à blâmer, c’est l’ensemble de l’équipe qui a fait toutes ces erreurs ». Dommage. Vraiment dommage pour Wolfgang Reip qui est lui aussi un chic type, d’une gentillesse et d’une disponibilité incroyable mais qui a surtout une pointe de vitesse phénoménale. Cela aurait été une consécration pour le champion en titre des Blancpain Endurance Series que d’ajouter à son palmarès les 24h de Spa.

© Xavier Maes
© Xavier Maes

Ma deuxième déception va à l’encontre des Mercedes AMG GT qui se sont montrées absolument intouchables en essais et en qualif mais qui se sont fait avoir à l’issue de ces qualifications. Pénalisées, temps supprimés, drive through de 5 minutes en début de course – par chance pendant un Full Course Yellow (FCY) – mais qui n’ont de ce fait jamais su se mêler à la lutte pour la victoire. A vouloir toucher les étoiles par n’importe quel moyen, on finit par se brûler les ailes. A ce petit jeu BMW a été beaucoup plus malin que Mercedes qui ne doit sa deuxième place finale qu’aux déboires de ses adversaires.

© Xavier Maes
© Xavier Maes
© Xavier Maes
© Xavier Maes

Déception également pour les McLaren qui laissaient entrevoir de belles choses aux essais mais qui n’ont, au final, rien montré en course. Je me suis un moment demandé si les 650S étaient toujours en piste. Et puis en regardant dans le fond du classement, oui elles étaient encore bien là. Dommage.

Arrivé à la fin de cette semaine harassante, nous n’avons qu’une envie : rentrer à la maison et retrouver un pote qu’on a beaucoup trop abandonné ces derniers temps, notre lit ! Mais le circuit est à peine à quelques centaines de mètres derrière, quand il disparait du rétroviseur de la voiture qu’on a déjà qu’une envie, être 361 jours plus tard !

© Xavier Maes
© Xavier Maes

Relisez le bilan de ces Total 24 Hours of Spa

Les coups de coeur de nos journalistes présents sur place

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