Formule 1

Actualité / GP de Belgique

Spa 2016 : notre analyse écurie par écurie (2e partie : de McLaren à Sauber)

Devenu au fil des années le rendez-vous traditionnel de la fin du mois d'aout, le Grand Prix de Belgique possède une saveur particulière pour les écuries comme pour les fans de Formule 1. Au lendemain de ce 13e rendez-vous 2016 riche en émotions, il est temps de faire le point sur les forces et faiblesses de chacun alors que se profile déjà à l'horizon le Grand Prix d'Italie sur l'Autodromo Di Monza. Place à la deuxième partie de notre analyse avec les formations de la seconde moitié du plateau.

McLaren, à petits pas (Alonso 7e, Button DNF) :

Alonso_McLaren_Spa_F1_2016_Analyse
© McLaren F1

A parler de week-end mi-figues, mi-raisins, Fernando Alonso est ressorti éprouvé de la manche belge. Tout débutait (très) mal pour l’Ibère, qui ne couvrait que trois malheureux tours en EL1 avant qu’une fuite d’huile ne vienne immobiliser sa MP4/31. McLaren décidant de lui monter un propulseur neuf, Alonso se voyait reléguer en fond de grille avant même d’avoir pu défendre ses chances contre le chrono. Timide jusque là, Button redonnait des couleurs aux Gris en signant le neuvième temps qualificatif alors qu’Alonso faisait à nouveau l’impasse sur la séance.

Articles similaires
Button_McLaren_Spa_F1_2016_Analyse
© McLaren F1

Heureux le samedi, Button déchantait vite le dimanche. Gêné par la Renault de Magnussen au freinage des Combes, Jenson montait sur les freins pour éviter l’accrochage, trop tard pour le jeune Pascal Wehrlein qui le harponnait sans ménagements. Sur le carreau avant même la fin du premier tour, le Britannique ne pipait mot mais n’en pensait pas moins au moment de disparaitre dans le paddock sous l’oeil des caméras. Loin des déboires de son équipier, Alonso faisait vite oublier les carences de son V6 nippon et profitait de la casse du premier tour pour remonter en 12e position. Opportuniste en diable, Fernando caressait le top 4 au deuxième départ avant de se maintenir en cinquième position jusqu’à la mi-course et le retour d’un Hamilton plus rapide. Tenant le rythme des leaders, la McLaren montrait toutefois des signes de fatigue avant de subir la loi des Force India et de Vettel à dix tours du but. Et il s’en est fallu de peu (sept dixièmes) pour que Bottas et Raïkkönen ne lui soufflent ces quatre points obtenus aux forceps. C’est un fait, la McLaren progresse et peut aujourd’hui jouer les seconds rôles dans le top 10, un objectif également nourri par une squadra Toro Rosso distancée d’à peine trois points au classement mondial.

Vandoorne_Vasseur_Renault_McLaren_Spa_F1_2016
© G. Alvarez

Outre les débats sur la piste, les discussions sont allées bon train en coulisses avec un nom, Stoffel Vandoorne, revenant régulièrement sur les lèvres. Le jeune Belge, pigiste de luxe à Bahrein avec un point à la clé, commence à trouver le temps long. On devrait en savoir plus sur son avenir à la fin du mois, McLaren ayant annoncé un point presse pour clarifier ses intentions vis-à-vis de notre compatriote et accessoirement de Button, que l’on chuchote sur les tablettes de Williams. Quoi qu’il arrive, d’autres voix ont répété leur intérêt pour Stoffel, à commencer par le patron des Flèches d’Argent, Toto Wolff, même si de telles déclarations sont à prendre avec les réserves d’usage. Plus sérieusement, Frédéric Vasseur, team-manager du Renault Sport F1 Team, a déclaré garder un oeil sur lui au cas où les tractations avec Woking devaient capoter. Wait and see…

Toro Rosso, passage à vide (Kyvat 14e, Sainz DNF) : 

Kyvat_ToroRosso_Analyse_F1_Spa_2016
© Scuderia Toro Rosso

Handicapées par un propulseur Ferrari datant de la saison passée, les Toro Rosso n’ont pas vraiment eu voix au chapitre sur un tracé aussi rapide que Spa. Distancés dés les essais libres, Sainz Jr. et Kyvat n’ont pas fait longtemps illusion le dimanche, l’Espagnol bouclant son après-midi dés le deuxième tour lorsque son pneu-arrière droit se lamina sur des débris. Son équipier russe, empêtré dans le trafic, rejoignait l’arrivée à la 14e place, pas de quoi le rassurer sur son avenir au sein de la formation italienne. Depuis son éviction-surprise de chez Red Bull, Daniil a peiné à retrouver son niveau d’antan et a de surcroit déclaré avoir perdu une grande partie de sa motivation. Une baisse de régime aisément compréhensible vu les pratiques rugueuses du docteur Marko mais qui, dans le giron de la F1, n’est pas forcément annonciatrice de lendemains très sereins. D’autant qu’un certain Pierre Gasly mène pour l’instant la danse en GP2 Séries et possède les faveurs du Taureau Rouge.

Haas F1 Team, l’apprentissage continue (Gutierrez 12e, Grosjean 13e) : 

Gutierrez_Haas_Analyse_Spa_F1_2016
© Haas F1 Team

Sans faire d’étincelles, la formation de Gene Haas poursuit courageusement sa formation au sein de l’élite. Propulsées par le même moteur que les deux Toro Rosso, les VF-16 de Gutierrez et Grosjean ont fait preuve d’une belle régularité, « fleurtant » constamment avec le top 10 lors des essais libres et qualificatifs, Gutierrez écopant tout de même d’un recul de cinq places pour avoir gêné la Manor de Pascal Wehrlein lors des EL3. En course, Le Mexicain allait se rattraper de belle manière en remontant 11e grâce aux accrochages successifs du premier tour, jusqu’à apparaitre à la huitième place avant le drapeau rouge. Il échouera 12e aux damiers, 2.6 secondes devant Romain Grosjean. Un instant dans le top 5, le Franco-Suisse a connu un Grand Prix plus discret, oscillant entre la 11e et la 16e place pour finalement terminer 13e. Si les circonstances de course se sont montrées un tantinet plus favorables ce week-end, les monoplaces US progressent en terme de rythme, l’objectif de la seconde moitié de saison étant d’accrocher encore quelques unités tout en continuer de huiler les rouages en vue de 2017.

Renault Sport F1 Team, un retour difficile (Palmer 15e, Magnussen DNF) : 

Magnussen_Renault_Analyse_F1_Spa_2016
© Renault Sport F1 Team

L’image forte du week-end, qui régalera sans doute les youtubeurs avides de montages à sensation pour la fin de saison, fut la sortie de Kevin Magnussen dans le Raidillon. En revoyant les images, on aurait pu soupçonner la casse mécanique ou la crevaison mais il semblerait que le Danois a bel et bien perdu le contrôle de sa machine sur le vibreur. Tentant de rattraper la Renault, Kevin fit le coup de volant de trop et échoua, par chance, à l’extrémité des murs de pneus, le choc étant si fort que l’arceau de protection se détacha du cockpit. Plus de peur que mal heureusement, Magnussen sera présent ce week-end à Monza.

Palmer_Renault_Analyse_F1_Spa_2016
© Renault Sport F1 Team

Sans trop casser du sucre, on se doutait que cette campagne ne serait pas de tout repos pour le constructeur français, à peine revenu en F1 en tant qu’écurie à part entière. Armés d’une monoplace bricolée sur un châssis Lotus et affublée d’un bloc Mercedes, Palmer et Magnussen s’attendaient à devoir manger leur pain noir le temps que le package comme l’équipe trouvent leur marques. Nouvelle preuve ici que le chemin est encore long, les pilotes se cantonnant au fond du classement durant les essais avant de montrer un certain regain en qualifications (Magnussen 12, Palmer 14e puis 13e après le recul de Gutierrez). Le Grand Prix fut une autre paire de manches, Kevin échouant très vite dans les barrières, Jolyon se frayant un passage jusqu’à la 14e place, non sans être apparu septième lors des premiers tours.

Si la RS16 n’a rien d’une flèche, l’avenir à moyen terme de Magnussen comme de Palmer n’est pas encore assuré, la formation d’Enstone possédant tout de même des arguments solides pour attirer d’autres noms dans ses rangs. On pense bien sûr à Sergio Pérez, que la rumeur enverrait chez les Jaunes, ou bien à Stoffel Vandoorne, que l’on a vu en grande discussion avec Frédéric Vasseur dans le paddock. Le manager français connait bien le louvaniste pour l’avoir dirigé deux ans chez ART GP. Reste à savoir si un tel transfert porterait réellement ses fruits sachant que Renault est encore dans une période de développement et que Rome ne s’est pas faite en un jour…

Manor Racing, duel de jeunots (Ocon 16e, Wehrlein DNF) : 

Ocon_Manor_Analyse_Spa_F1_2016
© Manor Racing

Ce fut l’un des points chauds du week-end à Spa-Francorchamps : les débuts en F1 d’Esteban Ocon, « bourreau » d’une certain Verstappen en F3 européenne et précédé d’une réputation d’espoir montant. D’entrée, Esteban s’imposait à Wehrlein, un autre poids lourd de la nouvelle génération et qui a l’avantage d’une demi-saison dans les pattes. Le champion DTM en titre reprenait logiquement le dessus jusqu’aux qualifs avant de voir sa course ruinée sur l’aileron arrière de Jenson Button. De son côté, Ocon s’est contenté de « faire le job » en ramenant la voiture à l’arrivée (16e), une petite seconde devant la Sauber de Nasr. Les places étant chères, il va être intéressant de suivre la confrontation entre les deux poulains de la marque à l’Etoile. Mais gare au couperet des performances car à l’arrivée, un seul des deux pourrait recevoir sa chance à l’échelon supérieur. Mais attendons d’abord d’avoir une idée plus précise de leurs potentiels respectifs avant de tirer des conclusions prématurées.

Sauber F1 Team, en attendant 2017 (Nasr 17e, Ericsson DNF) : 

Nasr_Sauber_Analyse_F1_Spa_2016
© Sauber F1 Team

Si la nouvelle du rachat du groupe Sauber fut accueillie comme un rayon de soleil dans la grisaille suisse, les troupes de Monisha Kaltenborn n’espèrent sans doute plus grand chose d’une campagne 2016 gangrénée par les soucis tant financiers que mécaniques. En attendant des jours meilleurs, la petite formation d’Hinwill poursuit son effort. Malchanceux tout le week-end, Marcus Ericsson n’a pas dépassé les trois tours de course, sa C34 lui jouant à nouveau des tours comme la veille aux essais. Felipe Nasr n’a pas su faire beaucoup mieux en livrant une course en queue de peloton pour franchir la ligne en 17e position, devancé par le nouveau venu Ocon. Depuis l’arrivée de Haas et le regain de forme des Manor, Sauber va devoir sérieusement revoir sa copie pour à nouveau rêver aux points dans le futur.

La suite du championnat nous emmène ce week-end sur l’Autodromo di Monza pour le Grand Prix d’Italie, 14e manche du championnat du monde 2016.

Relisez ici la première partie de notre analyse consacrée aux écuries classées de Mercedes à Williams.

Cliquez ici pour suivre l’actualité et les résultats de la Formule 1.

S'abonner
Afficher plus
Bouton retour en haut de la page